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    Economie

    Dialogue social: La CDT dresse le bilan

    Par L'Economiste | Edition N°:292 Le 07/08/1997 | Partager

    Bilan en demi-teinte du dialogue social. Pour son premier anniversaire, le bébé conçu par les syndicats, le patronat et le gouvernement ne semble pas commencer sa vie sous une bonne étoile, selon la CDT.


    «LA déclaration commune n'est pas le fruit d'une négociation. Elle est le résultat de la conviction et du pouvoir de convaincre et elle est venue après de grands sacrifices et des luttes soutenues de la classe ouvrière». Dès le départ, M. Noubir Amaoui, le secrétaire général de la Confédération Démocratique du Travail (CDT), plante le décor. Pour célébrer le premier anniversaire de la déclaration commune du dialogue social à laquelle ont participé les principaux syndicats, à l'exception de l'Union Marocaine du Travail (UMT), la CDT a opté pour un travail de bilan auquel le patronat a été invité. Le colloque a eu lieu au Complexe Culturel du Mâarif les 1er et 2 août.
    M. Noubir Amaoui était là, mais c'est le numéro deux de la centrale, M. Abdelmajid Bouzoubaâ, qui a présidé la séance d'ouverture à laquelle a participé M. Abderrahim Lahjouji, le président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM).
    M. Amaoui a insisté dans son intervention sur l'attitude du gouvernement qui «a manqué de crédibilité». D'ailleurs, le secrétaire général parle d'une «multitude de gouvernements au sein du gouvernement», faisant allusion à la confrontation des centres de décision du cabinet.
    C'est pourquoi les engagements n'ont pas été respectés, «ni les engagements verbaux, ni les engagements écrits». Ce constat est valable aussi pour les engagements qui ont fait l'objet de directives Royales, a précisé M. Amauoi.

    Dressant ce bilan, somme toute pas satisfaisant pour la centrale syndicale, le secrétaire général a tenu à rappeler à l'assistance que les militants de la Confédération restent déterminés à contrecarrer les abus du gouvernement. Il a précisé à ce sujet que «tout peut arriver».
    La menace est à peine voilée, la centrale serait prête à toutes les formes de lutte en vue de sauvegarder les acquis des ouvriers. «Si la main de la CDT reste tendue pour collaborer à la recherche des solutions aux problèmes sociaux, la poigne, elle, est forte pour défendre les intérêts de la classe ouvrière».
    A toute fin utile et sans doute pour mettre le point sur les objectifs de la centrale syndicale, M. Amaoui a rappelé que la CDT «n'a pas vu le jour pour des augmentations de salaire de 4 ou de 10%, ce qui renforce les conditions de l'exploitation». Selon lui, la mission du syndicat est plus grande, elle consiste à «mettre en place une alternative de développement et un nouveau projet de société caractérisé par la limitation des disparités, par la justice et par la liberté».

    L'ennemi commun


    Rappelant que le la CDT agit aussi bien au niveau syndical que politique, M. Amaoui a annoncé la participation de la centrale aux élections législatives. A ce sujet, il a expressément mis en garde le gouvernement et les lobbies contre toute intervention. Ces derniers doivent, selon lui, cesser de recourir à leurs méthodes qui «conduisent le pays à l'anarchie et à la guerre civile». Concernant les élections du 13 juin, le secrétaire général n'a pas hésité à souligner qu'elles «ont choqué les citoyens et qu'elles doivent être refaites». «Toutefois, a-t-il précisé, la participation de la CDT au processus électoral ne signifie pas qu'elle accrédite les «institutions fabriquées».
    Dans son intervention, le président de la CGEM a tenu à mentionner le degré de maturité auquel est parvenu le travail syndical au Maroc. Plus qu'un besoin conjoncturel, M. Lahjouji considère que le dialogue social doit être «une pratique et un comportement continu qui vise la conciliation des différents participants au processus productif».

    Cette alliance est d'autant plus nécessaire que l'ennemi du développement ne se trouve pas à l'intérieur de l'entreprise mais à l'extérieur. Il s'agit, souligne M. Lahjouji, de la pauvreté, du chômage, de l'exacerbation de la concurrence internationale et de la faiblesse de la compétitivité. Aussi, pour le président de la CGEM, le combat est-il commun aux salariés et aux entreprises. Il a de ce fait appelé à la généralisation des rencontres et des consultations entre la CGEM et les autres centrales syndicales aussi bien au niveau sectoriel que régional. Des propos de M. Lahjouji il ressort que le Maroc vit un grand dilemme.
    Comment, s'est-il demandé, peut-on maintenir et renforcer le tissu social dans le contexte de la mondialisation, laquelle exige des aménagements nécessaires au renforcement de la compétitivité? Cette transition faite, M. Lahjouji a plaidé pour la réforme du code de travail sur trois bases, la flexibilité de l'emploi, la mise en place d'indemnités justes en cas de licenciements pour causes économiques, la clarification du statut des employés saisonniers et enfin la réglementation du droit de grève.

    Hakim ARIF

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