×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Deux millions de pauvres de plus en 10 ans

    Par L'Economiste | Edition N°:923 Le 25/12/2000 | Partager

    . Un Marocain sur cinq vit sous l'emprise de la pauvreté. Le pauvre a moins de 6 DH par jour pour manger et moins de 11 DH pour vivre. La situation à la fin des années 90 est la même que celle en 1984-1985Plus de 2 millions de pauvres de plus en 10 ans, le constat est alarmant. Le Maroc se paupérise et les chiffres parlent d'eux-mêmes. Concrètement en 1998-99, près d'un Marocain sur cinq (19%) vit sous l'emprise de la pauvreté monétaire contre un peu plus d'un Marocain sur dix en 1990-91 (13,1%). En 1999, il y a donc 5,31 millions de personnes à vivre en dessous du seuil de pauvreté contre seulement 3,36 millions au début des années 90. La situation sociale de la fin du siècle dernier ressemble étrangement à celle de 1984-85 (date de la systématisation des enquêtes sur le niveau de vie des ménages) où les très pauvres avoisinaient les 4,6 millions. Est-ce un retour en arrière? Non, la raison est beaucoup plus simple. «L'observation des niveaux de vie en 1998-99 et en 1984-85 s'est opérée dans des conditions climatiques similaires avec une production agricole relativement modeste«, indique la dernière étude de la Direction de la Statistique sur le «Profil et dynamique de la pauvreté«.En 1990-91 comme en 1998-99, le taux de la pauvreté est plus que deux fois plus élevé en milieu rural (respectivement 18 et 27,2%) qu'en milieu urbain (respectivement 7,6 et 12%). Bien que la population rurale ne représente que 46% en 1998-99, elle regroupe 65,9% de la population pauvre. En termes plus concrets, un citadin pauvre dépense en moyenne 3.102 DH par an, soit un montant équivalent à 1,4 fois la dépense moyenne (2.288 DH) d'un individu pauvre en milieu rural. . 1.962 DH par mois pour mangerSur une dizaine d'années, la population marocaine s'est accrue à un taux moyen de 1,2%. Ce rythme ne s'est pas accompagné d'une croissance économique suffisamment élevée pour améliorer les niveaux moyens de vie assimilés à la consommation annuelle moyenne par habitant. De 1990 à 1999, les 20% les plus aisés de la population ont amélioré leur part dans la masse des dépenses de 1,5 point et la part des 20% les plus défavorisés a régressé de 1,7 point. A cela s'ajoutent les sécheresses successives des années 90, qui ont contribué à l'accentuation de la pauvreté. Leur impact a cependant pu être maîtrisé en 1999 grâce à des mesures ayant permis le développement d'une «aptitude des populations à se prendre en charge et se protéger contre la dégradation excessive des conditions de vie, particulièrement en milieu rural«. Ainsi, le taux de pauvreté qui était de l'ordre 14,6% en 1990-91 ne s'est développé que de près de 4 points de 1990 à 1999. Mais en volume, cela fait néanmoins 2 millions de pauvres en plus.Reste à savoir ce qu'est un «pauvre« aujourd'hui. C'est tout simplement celui qui vit avec moins de 10,90 DH par personne et par jour en milieu urbain et 8,40 DH en milieu rural. L'estimation du seuil de pauvreté est en effet de 3.922 DH par an en milieu urbain et de 3.037 DH en milieu rural.Quant au seuil de pauvreté alimentaire en 1999, c'est-à-dire le montant nécessaire pour les 2.400 calories jour, il est de 5,5 DH, soit 1.962 DH mensuellement au niveau urbain. Il n'est en revanche que de 1.878 DH au niveau rural, soit 5,20 DH par jour. Ce n'est ni un litre de lait, ni un kilo de sucre.


    Quel est le profil type du pauvre?

    . Les ruraux, les femmes et les familles nombreuses sont les plus vulnérables. L'artisanat et le commerce, des branches où le risque est aggravéDifficile de dire qu'il existe un profil type du pauvre, néanmoins certaines catégories sociales sont plus vulnérables que d'autres.La pauvreté demeure en fait fortement liée à certaines caractéristiques socio-démographiques et socioculturelles du ménage, de l'entourage familial et de l'infrastructure de base. Ainsi, la pauvreté reste une caractéristique du milieu rural et des ménages de taille élevée avec une prédominance à l'inactivité. En d'autres termes, il y a de plus fortes chances d'être pauvre lorsqu'on habite en zone rurale dans une famille nombreuse dont les membres ne travaillent pas. C'est une évidence. Et c'est dans ces milieux que se concentre le plus fort taux de pauvreté. Les statistiques le confirment. Près de 30,7% des ménages constitués de 9 personnes et plus sont pauvres contre uniquement 1,8% de ceux constitués de moins de 2 personnes. Les pauvres sont également pour la plupart des analphabètes et ont une forte dépendance pour des activités agricoles ou non agricoles de type informel. Près de 18% des ménages dont le chef est analphabète sont pauvres contre 1,8% de ceux dont le chef a un niveau scolaire supérieur. L'éducation s'avère donc un déterminant fondamental de l'atténuation de la pauvreté. Côté sexe, la femme est plus exposée. D'ailleurs, les ménages dirigés par une femme sont plus exposés au risque de pauvreté. Il s'agit en général de femmes veuves ou divorcées ayant des enfants à charge. La catégorie socioprofessionnelle contribue significativement à la formation du risque de pauvreté. A titre d'exemple, les ménages dont le chef est un cadre moyen sont moins exposés que ceux dirigés par un commerçant, un artisan ou un ouvrier agricole ou non agricole. Le risque de pauvreté reste également conditionné par l'accès des populations rurales à l'infrastructure communautaire de base. Les ménages habitant des douars disposant de l'électricité et/ou d'un centre de santé et qui sont desservis par un moyen de transport constituent des poches les moins exposées à la pauvreté. La prédominance les activités agricoles, de pêche et d'artisanat dans les douars exerce des effets négatifs sur le niveau de vie et sur la vulnérabilité à la pauvreté. Fatima MOSSADEQ

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc