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    Economie

    Des partenaires sociaux complètement déboussolés

    Par L'Economiste | Edition N°:919 Le 19/12/2000 | Partager

    . Mauvaise conjoncture, mais également mauvais exercice des libertés publiques… les conflits sociaux se multiplient et dégénèrent. La population des travailleurs est plus jeune et plus revendicative. Les staffs des syndicats sont dépassésDébat houleux autour des conflits sociaux... Le Forum du manager organisé par le magazine Economie & Entreprises le 12 décembre a permis aux différents intervenants, entrepreneurs, syndicalistes, juristes et inspecteurs du travail de faire le point sur la question. La multiplication ces dernières années de conflits sociaux dépassant souvent le cadre de simples grèves pour prendre la forme devenue classique aujourd'hui de sit-in quelquefois doublé de violence, s'explique par «la mauvaise conjoncture économique et le mauvais exercice des libertés publiques«, souligne M. Abdelhak Sedrati, président de la Commission sociale à la CGEM (Confédération Générale des Entreprises Marocaines). . Mise à niveau générale«Les conflits sociaux se sont actuellement politisés«. Pour M. Mohamed Baayoud, président de l'AGEF: «Le Maroc étant dans une situation de transition et restructuration, il est par conséquent normal que les personnes réagissent; c'est le contraire qui aurait été anormal«.En fait, ce que remet en cause M. Baayoud, plus que cette phobie du social, c'est le déficit de culture en matière de communication et de dialogue et ce dans un contexte où les relations dans le monde du travail sont en pleine mutation. Le rôle de chacun est en train d'être redéfini. Par le passé, la gestion des conflits sociaux s'opérait à un niveau supérieur, souvent au sommet et pas toujours de manière saine. Aujourd'hui, elle s'effectue à la base et c'est elle qui mène le bal. «Il faut se souvenir qu'on a affaire avant tout à des êtres humains avec des susceptibilités. C'est ainsi que parfois les mouvements naissent de conflits basiques«, souligne Abdelhak Sedrati.«Le patron qui voit dans le syndicaliste un ennemi plutôt qu'un partenaire doit changer d'attitude«, selon Me Mohamed Berrada, avocat habitué aux conflits sociaux, rappelant que les indemnisations dans les affaires de licenciement coûtent entre 10.000 et 2 millions de DH à l'entreprise par personne. «L'employé doit cesser de casser son outil de production«. La réalité, -et tout le monde est d'accord sur ce point-, est que l'ensemble des parties ont besoin d'une mise à niveau culturelle. La population des travailleurs est aujourd'hui en pleine mutation: elle est plus jeune et plus revendicative. Les staffs syndicaux, de leur côté, sont de plus en plus étrangers à cette population. En d'autres termes, ils ne parviennent plus à contenir la pression à la base. A cela s'ajoutent les conflits intersyndicaux au niveau de l'entreprise qui compliquent les négociations. Tout cela entraîne des conflits mal canalisés. Exaspéré, Abdelhak Sedrati rappelle, qu'en tant qu'entrepreneur, il «a dû hypothéquer sa maison et mettre ses économies dans l'entreprise, alors que le syndicat n'a mis aucun sou«.Y a-t-il alors un moyen de prévenir les conflits? s'interrogent les intervenants au débat. C'est assez difficile, bien que la mise en place de conventions collectives puisse constituer une solution partielle. En fait, c'est le vide juridique qui est véritablement en cause. «Le problème, ce n'est pas d'avoir un nouveau code du travail, mais c'est son application«, déclare Me Berrada. Le jour où l'Etat décrétera la flexibilité du travail, le syndicat pourra enfin jouer son rôle. o


    Nouvelles attributions de l'inspecteur du travail

    Etant là à l'origine pour vérifier l'application de la loi, l'inspecteur du travail se voit aujourd'hui allouer de nouvelles attributions, celles de gérer les conflits sociaux, précise Belhaj Bouali. Il doit faire de la conciliation, bien qu'il lui soit reproché par les entrepreneurs présents au débat de ne pas avoir un rôle neutre. F. M.

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