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    Politique Internationale

    Déficience dans la prise en charge des malades : Cancer: A grand mal petits remèdes

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager


    Insuffisance en structures de soins spécifiques, déficit en personnel qualifié, coût élevé des soins, absence d'un registre du cancer... La prise en charge du malade cancéreux est entre autres, confrontée à ces difficultés.

    Une stratégie de lutte contre le cancer verra-t-elle le jour au Maroc? Pas de sitôt, pourraient répondre les personnes qui ont assisté au 4ième Congrès national de cancérologie qui s'est tenu les 19 et 20 avril à Rabat. La manifestation, qui avait pour thème "La prise en charge du malade cancéreux", a réuni des experts étrangers et marocains en cancérologie. Le congrès s'est achevé sur un ensemble de constatations inquiétantes.
    Celles-ci concernent tant l'insuffisance des structures de soins spécifiques et de médecins spécialisés dans le domaine de la cancérologie, que le coût élevé des traitements qui relativise l'accès au soins.
    Ceux-ci sont actuellement prodigués dans les quatre unités de radiothérapie qui existent au Maroc: deux unités privées et deux publiques, à Rabat et à Casablanca. S'y ajoutent les cabinets de médecins-oncologues pour les traitements de chimiothérapie ainsi que les cabinets de chirurgiens cancérologues. L'insuffisance en personnel spécialisé dans le cancer est flagrante: le Maroc dispose en tout de 40 médecins spécialisés en cancérologie (radiologues, chimiothérapeutes, chirurgiens).

    Un "cobalt" pour 5 millions d'habitants


    Le déficit qui prévaut dans les centres de traitement et le personnel spécialisé l'est également pour les appareils de traitement. Le cas du "cobalt", un appareil utilisé en radiothérapie illustre cette situation: le Maroc dispose d'un "cobalt" pour 5 millions d'habitants alors que les normes de l'Organisation Mondiale de la Santé en prévoient 1 pour 500.000.
    Cette rareté des appareils de traitement, est d'après le Dr Habib, due à leur cherté. Ce co-fondateur du Centre d'Oncologie Al Azhar de Rabat, un des deux centres privés de traitement du cancer, reprend l'exemple du "cobalt" qui coûte en moyenne 15 millions de Dirhams. "Un coût difficile à amortir si l'on tient compte aussi des frais de maintenance, non des moindres".
    Le premier centre de traitement du cancer au Maroc date de 1929.
    Ce centre, qui existe toujours à Casablanca, été rénové dans les années 80. "Mais la cancérologie n'a réellement démarré qu'à partir de 1988 par la création de l'Institut National d'Oncologie Sidi Mohamed Ben Abdallah à Rabat", explique le Pr El Gueddari, directeur du même Institut.
    Ce centre, est devenu la principale institution publique à traiter le cancer au Maroc. L'institut dispose d'une capacité de 270 lits.
    Deux centres privés ont ensuite vu le jour à Casablanca et à Rabat respectivement en 1989 et 1994.
    Outre les problèmes d'infrastructures, l'accent a également été mis par les intervenants sur la nécessité de dédramatiser la maladie au Maroc. "Le cancer fait peur à tout le monde, y compris au médecin" a tenu à préciser le Pr El Gueddari qui ajoute que le médecin généraliste, qui représente le premier contact avec le malade, considère que le cancer ne peut être soigné. Pourtant, diagnostiquée et traitée précocement, la maladie est curable.
    Faire prendre conscience aux médecins généralistes de cette donnée passe par un effort en matière de formation médicale continue. La solution réside également dans un plus grand rôle à jouer, par les médias, dans l'information du grand public
    Autre aspect de la prise en charge du cancéreux, celle du coût des soins. Le problème se pose d'autant plus que le traitement du cancer est long.
    Pour le traitement d'un cancer du sein par exemple, des oncologues ont avancé un coût moyen de 70.000 à 100.000 DH. En l'absence de la généralisation de la couverture d'assurance maladie, ce coût n'est pas toujours à la portée du malade. Par ailleurs, la plupart des contrats d'assurance offrent des garanties dont les plafonds, très bas, ne permettent pas d'indemniser décemment les cancéreux pour les traitements qu'ils suivent.

    Registre du cancer


    Enfin, un autre point demeure en suspens, celui relatif au nombre de cancéreux au Maroc. En effet, les intervenants ont certes avancé des chiffres, en ce qui concerne l'incidence du cancer: 20.000 à 30.000 nouveaux cas par an. Par ailleurs, 7.000 malades sont accueillis actuellement dans les centres de traitement. En revanche, aucun chiffre n'a été avancé en ce qui concerne le nombre total de cancéreux au Maroc.
    Cette situation a fait dire à un cancérologue français, intervenant lors du congrès, que toute stratégie de lutte contre le cancer risquait d'échouer en l'absence d'un registre du cancer qui puisse établir avec précision le nombre de malades et la ventilation par types de cancers.
    A ce niveau se pose le problème de la répartition des ressources. Il est en effet difficile, sans une idée exacte du nombre de cancéreux, d'orienter l'effort financier vers telle ou telle autre thérapeutique, alors que pour chaque type de cancer correspondent un traitement et un coût spécifiques.

    Mohamed BENABID

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