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    Affaires

    Déchets informatiques
    Réutiliser mieux que jeter

    Par L'Economiste | Edition N°:3430 Le 23/12/2010 | Partager

    . L’association «Collectique» les remet en état et les offre en don . 120 établissements ont déjà tenté l’expérience Il va bien falloir s’occuper des déchets informatiques. Le Maroc, à l’instar d’autres pays, est rattrapé par un grave problème de pollution. Ce ne sont pas moins de 360 tonnes de cartouches usées pour imprimantes qui sont jetées chaque année dans la nature. Il y a aussi le stock de vieux ordinateurs dont beaucoup d’entreprises ne savent pas quoi faire. Une ONG, Collectique, c’est son nom, propose de ramasser ces «ordures». Mieux, de les recycler, voire de les reconditionner, lorsque le matériel est réutilisable, pour en faire profiter des écoles ou des associations caritatives. Lancée en 1998, Collectique travaille en partenariat avec quelque 120 établissements dont des entreprises de renom: CDG, la Poste, Holcim Maroc, Nestlé Maroc, Mondial Assistance, ambassade de France… L’objectif fixé par les membres de l’association est à la fois écologique, économique et social. «En adoptant ce procédé, nous cherchons à minimiser le nombre de déchets informatiques mis en décharge et augmenter leur durée de vie. De cette façon, nous permettrons leur réutilisation par les personnes défavorisées», affirme Hicham El Menzhi, président de l’association. Concrètement, l’association collecte les déchets informatiques (ordinateurs, cartes mères, boîtiers d’alimentation, toners, rubans et cartouches pour imprimantes) et tente de les remettre en état de marche. Le cas échéant, elle se charge de les mettre en recyclage chez des opérateurs spécialisés. En 2010, Collectique a réuni 450 micro-ordinateurs usés et en a reconditionné 300. L’opération a permis d’informatiser une dizaine d’écoles situées dans la région de Taza, dans la vallée d’Ourika et à Oukaimeden. Elle a également pu équiper une association de développement humain à Tadighoust et de nombreuses autres associations situées en milieu rural.Le chantier n’est pas de tout repos. Les membres de l’ONG doivent collecter les déchets directement chez leurs partenaires, lesquels s’engagent préalablement à fournir tout leur rejet en matériel informatique. Ainsi, dès qu’un nombre suffisant de déchets est en stock, l’entreprise en question contacte l’association, qui mobilise ses agents pour la récupération du paquet. «Cette approche présente de nombreux avantages pour les entreprises partenaires: non seulement cela permet de gérer de manière simple et gratuite les déchets accumulés, mais aussi de renforcer le contrôle au niveau des intrants et sortants de l’entreprise», explique El Menzhi. Une fois les déchets collectés, l’organisation procède à une distinction entre matériel informatique proprement dit (ordinateurs et composants informatiques hardware) et consommables informatiques (câbles, toners, cartouches, rubans…). «Pour ce qui est du matériel informatique, il représente une charge importante pour notre association: il est stocké, inventorié, diagnostiqué et éventuellement réparé». En effet, tout dépend de l’état de l’équipement. «Pour un ordinateur dont la carte mère est toujours fonctionnelle, il sera possible d’y insérer une barrette mémoire et un processeur pour remettre le tout en état de marche». Au cas où les composants s’avèrent inutilisables, ils seront tout simplement envoyés au recyclage. Les câbles, les cartouches et les toners usés, constituent pour leur part la principale source de financement de l’organisation. «Après collecte, ces modules sont mis au profit de sociétés de recyclage qui s’engagent en contrepartie à financer le fonctionnement de notre association». Malgré les chiffres encourageants qu’elle continue d’enregistrer, l’association estime qu’un grand potentiel de valorisation demeure sous-exploité. «Sur environ 20.000 partenaires potentiel, nous ne sommes associés qu’avec 120 établissements», c’est dire la marge de récupération qui subsiste.


    «Poison» informatique

    Les ordinateurs contiennent des substances dangereuses: du plomb, du cyanure, des métaux lourds, comme le baryum, le strontium et parfois du zirconium. Ces matières toxiques peuvent générer une forte pollution et des risques sanitaires pour les travailleurs qui les produisent ou les éliminent. Le plus souvent mises en décharge, enfouies ou incinérées, ces substances peuvent s’infiltrer dans le sol et polluer la nappe phréatique. C’est pourquoi de nombreux pays européens ont légiféré pour empêcher leur enfouissement et leur incinération. Malheureusement, la loi marocaine relative à la gestion et à l’élimination des déchets (28-00), ainsi que ses décrets d’application ne comportent aucune disposition spécifique se rapportant aux procédés de traitement de ce type de déchets.A. N. & M. B.

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