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    Déchets hospitaliers à Rabat : La destruction en concession au privé

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    Le traitement et la destruction des déchets hospitaliers de Rabat et de la région Nord-Ouest seront confiés au consortium privé Codis Environnement qui prendra entièrement en charge le financement du projet pour un montant de 93 millions de DH. En contrepartie, le groupe percevra des redevances à travers une concession de 30 ans sur les marchés des déchets hospitaliers des villes ciblées.

    Les déchets hospitaliers de Rabat trouvent preneur. En effet, Codis Environnement, consortium privé formé d'entreprises belge, canadienne, française et marocaine, va assurer la prise en charge complète des déchets hospitaliers des formations sanitaires privées, publiques et militaires de Rabat et de la région Nord-Ouest, du stade de la production jusqu'à la destruction.
    Faute de fonds publics, le consortium pendra entièrement en charge le financement du projet pour un montant global de 93 millions de DH. En contrepartie, il percevra des redevances à travers une concession de 30 ans accordée sur le marché des déchets hospitaliers des villes ciblées. Les redevances seront versées par les Ministères de la Santé Publique et de l'Environnement, principaux départements concernés par la problématique des déchets hospitaliers, et par les formations privées. Les deux Ministères seront exonérés du versement des redevances pendant les trois premières années qui suivront la mise en place du système de traitement des déchets. En revanche, les formations privées y seront assujetties dès les premiers jours.
    L'investissement, dont le délai de récupération est prévu sur 10 ans, servira notamment à la mise en place de l'infrastructure de traitement des déchets qui comporte notamment: l'installation de compacteurs dans les hôpitaux pour le conditionnement in situ, l'acquisition de la logistique de collecte et le transport ainsi que l'installation d'une usine de destruction de type DTV (dissociation thermique et valorisation). Ce procédé a l'avantage de ne générer aucune forme de pollution, à travers l'absence de rejet liquide ou gazeux et la possibilité de revaloriser les résidus inertes. L'usine de destruction des déchets, qui aura une capacité de traitement de 10.000 tonnes/an, sera acheminée de Lyon, clés en main.
    Rabat et la région Nord-Ouest serviront dans une première étape de site pilote en attendant la généralisation au reste du pays. Le groupe Codis Environnement a mené à cet effet des études de préfaisabilité ainsi qu'une enquête en milieu hospitalier pour identifier les besoins (Cf encadré). Le projet sera en principe finalisé courant octobre et l'usine de destruction des déchets doit démarrer début 1997. Les Ministères de l'Environnement et de la Santé Publique ont pour leur part signé, mercredi 28 août, une convention qui prévoit, entre autres, la mise en place d'une réglementation et d'un comité de suivi des déchets hospitaliers.
    Les établissements de soins publics et privés génèrent différentes formes de pollution, dont celles imputables aux déchets hospitaliers. En dépit des graves risques qu'ils représentent pour la santé publique, ces déchets sont évacués, comme s'il s'agissait de simples ordures ménagères, vers les décharges publiques, ou bien ils sont collectés sans tri et déposés tels quels à ciel ouvert. Les professionnels de la santé ont à maintes reprises décrié la procédure couramment suivie pour se débarrasser de membres amputés, de compresses ou de seringues contaminées: le dépôt dans des terrains vagues, à l'abri des regards mais à la portée des enfants, demeure un gros risque.

    Mohamed BENABID


    A la poursuite des déchets contaminés

    L'enquête qu'a menée en 1995 Codis Environnement sur les déchets hospitaliers n'a ciblé que le CHU Ibn Sina à Rabat. Il est donc difficile de cerner la situation quant aux autres formations hospitalières du Maroc. L'étude a confirmé des informations existantes, à savoir que ces déchets présentent tout d'abord des risques liés à leurs caractères intrinsèques: risques de contamination biologique ou chimique, risque de blessure en raison du caractère agressif des déchets (piquant, tranchant, coupant par exemple).
    S'agissant de la nature des déchets hospitaliers, une information peut heureusement rassurer: l'étude a révélé que la part des ordures ménagères sur l'ensemble des déchets hospitaliers est de 60 à 70% alors que la moyenne européenne est de 45%. La part des déchets spécifiques contaminés atteint, quant à elle, seulement 25 à 32%. Il s'agit entre autres de pansements, tubulures, cotons, provenant essentiellement des services de soins et des unités médico-techniques. Enfin, le pourcentage des déchets à risques (pièces anatomiques, lames, fèces, tissus, cultures, sang et dérivé) est de 3 à 10%.

    M. B.

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