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    Economie

    Cuir : Le secteur pousse ses pions sur les marchés

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    Pressés par la concurrence internationale, les professionnels du cuir multiplient les offensives commerciales: participations massives aux salons spécialisés, prospection de nouveaux marchés, journées de partenariat...


    Rentrée chargée pour le secteur du cuir. En effet, depuis le mois de septembre, la FEDIC et le CMPE ont conduit les entreprises du secteur à plusieurs salons étrangers. Il s'agit notamment du GDS à Dusseldorf, le plus grand salon de la chaussure, du Midec à Paris (salon de la chaussure) où les entreprises marocaines parti-
    cipent régulièrement depuis de nombreuses années aux deux éditions (printemps et automne). S'ajoute aussi le Mipel, salon de la maroquinerie à Milan.
    La prochaine sortie concernera la prospection des pays du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) et ce, au salon international Lesther Expo Al Hida'a à Sharjah aux Emirats Arabes Unis où le Maroc participera pour la troisième fois. Une dizaine d'entreprises ma-rocaines y exposeront leurs échantillons sur un stand collectif de 100 m2. Pour les professionnels, le marché des Emirats Arabes Unis est considéré comme un important centre d'échanges commerciaux ainsi qu'une dynamique plate-forme d'importation et de réexportation vers les pays du CCG et quelques marchés de l'Europe de l'Est, notamment la Russie.

    Recherche d'opportunités


    Toutes ces actions, indiquent les organisateurs, ont pour objectif de faire connaître le produit Maroc, de consolider les positions et les acquis sur les marchés. «Les professionnels ont conscience aujourd'hui qu'il faut développer les courants d'affaires en occupant en permanence le terrain de la prospection commerciale».
    A l'heure actuelle, la tendance est à la délocalisation, et les entreprises étrangères sont à la recherche d'opportunités. Le terrain de la coopération est donc propice, et face aux pays asiatiques et ceux de l'Europe de l'Est, le Maroc doit jouer la carte de la qualité, de la rapidité dans les délais de livraison et la production de l'article-mode.
    Aussi les actions promotion-nelles vont-elles se concentrer, non seulement sur les marchés traditionnels, mais aussi sur de nouveaux débouchés tels que l'Asie, l'Amérique du Nord, l'Irlande, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, entre autres.
    Par ailleurs, la septième édition du Salon International du Cuir (SITEC 97) se tiendra à l'espace Toro du 12 au 14 février 1998. Outre l'exposition de produits des différentes branches et de machines-outils, les organisateurs prévoient pour cette édition des journées de partenariat. C'est l'Italie qui ouvrira le bal. Ces journées sont organisées par le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, la FEDIC, l'ODI, en collaboration avec l'ONUDI-IPO Milano et l'Institut italien pour le Commerce Extérieur. Objectif: développer et renforcer le partenariat entre les entreprises des deux pays en matière de sous-traitance, d'investissement, de formation et d'échanges commerciaux.

    Les supports promotionnels ont été diffusés dans les salons de chaussure du MICAM à Milan et le Mipel (maroquinerie) et des actions de démarchage ont été engagées auprès des professionnels et des associations. Enfin, la FEDIC vient de lancer son "Fedic News", bulletin d'in-formation commerciale, industriel-le, technique, réglementaire... à l'échelle nationale et internationale. Il s'agit aussi d'un outil de liaison pour des mises en relation de partenariat et de "tribune de réflexion sur la stratégie évolutive à bâtir pour le développement des industries du cuir".
    En 1996, la valeur de la production réalisée par le secteur du cuir a atteint 262 millions de Dollars, représentant 2% de la production industrielle. 60% des articles produits sont exportés, soit 160 millions de Dollars, représentant environ 4% des exportations industrielles. Les expéditions de chaussures représentent 48% des exportations du secteur, suivies par celles des cuirs et peaux avec 35%.
    Toujours en 1996, la France a été le principal client (47%) pour les chaussures et pour les articles de maroquinerie (61%). L'Espagne occupe quant à elle le premier rang avec une part de 62% pour les vêtements en cuir suivie de la France (21%). Le principal débouché pour les cuirs et peaux est l'Italie avec une part de 81%.


    Cuir

    L'Afrique aura son propre salon

    · Casablanca choisie pour la 2ème édition

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    Afin de mieux tirer profit de ses ressources en cuir encore largement inexploitées, l'Afrique a décidé de s'organiser. Pour la première fois, un salon panafricain se tiendra en 1998 en Afrique du Sud. Casablanca prendra la relève pour l'édition de l'an 2000.


    SI c'est l'Afrique du Sud qui ouvrira le bal en novembre 1998 pour le salon panafricain "Meet in Africa", Casablanca a été retenue à l'unanimité pour la deuxième édition de l'an 2000 et ce, lors de la réunion organisée par le Centre de Commerce International de Genève (Nations-Unies) en décembre 1996 à Naïrobi au Kenya. Le choix des pays d'exposition a été notamment dicté par l'importance du marché sud-africain pour la région et l'infrastructure en place. Les critères retenus pour le Maroc sont notamment l'importance de son industrie, la proximité des marchés européens ainsi que les possibilités de coopération Sud-Sud. Pour ce dernier point, le Maroc a déjà démarré cette coopération Sud-Sud à destination notamment de la Libye et du Bénin.
    Il est à rappeler que l'idée de mettre en place un salon panafricain faisait partie des recommandations d'un séminaire tenu à Tanger et à Casablanca en 1995(1). Outre l'organisation de ce salon, ont également figuré parmi les recommandations l'amélioration de la qualité du cuir, la création d'une Fédération Africaine du Cuir, d'un annuaire et d'une revue, le tout accompagné d'actions promotionnelles (participation aux foires et salons spécialisés, rencontres sectorielles, journées d'informations...).

    10 milliards de paires de chaussures/an


    Aujourd'hui, l'Afrique ne tire que des avantages très limités de son potentiel de production de cuirs et peaux dont l'industrie souffre des excès de capacité, de la pénurie de personnel qualifié, des choix technologiques inadaptés notamment. Le cheptel soutenant cette industrie sur le continent est estimé à 567 millions de têtes (en 1993), soit 18% de la population mondiale mais ne fournit que 13,6% de la production mondiale du cuir et 1,2% du commerce mondial qui s'élève à 33 milliards de Dollars par an. En Afrique, le secteur se présente sous forme d'unités artisanales et de petites et moyennes structures dont la capacité est sous-utilisée.
    Par ailleurs, le continent enregistre chaque année une perte commerciale considérable estimée à 4 milliards de Dollars. Cette situation est notamment due à la non-collecte des cuirs et peaux, à leur déclassement sur les marchés d'exportation ainsi qu'à la faible valeur ajoutée des produits commercialisés.
    Face à ce constat et afin de mieux tirer profit de ses ressources en cuir, l'Afrique est aujourd'hui déterminée à mieux s'organiser.

    Pour les experts, la demande mondiale de peaux en cuir ne cessera pas de s'accroître, accompagnée de l'ouverture des marchés pour ces produits. Ainsi, par exemple, selon les évaluations et les données fournies lors du séminaire tenu à Casablanca et Tanger, la consommation mondiale de chaussures (actuellement de 10 milliards de paires) devrait connaître en l'an 2000 une augmentation du volume de ventes annuel moyen de 1,8 paire par tête d'habitant. Cet accroissement de la demande devrait se concentrer à l'avenir dans les pays en développement en raison de leur croissance démographique et de l'élévation des niveaux de vie. Et la délocalisation vers ces pays se poursuivra. Aujourd'hui, plus de 80% des chaussures vendues dans les pays industrialisés sont des chaussures importées. Concurrent féroce, l'Asie arrive en tête de liste des producteurs et exportateurs mondiaux de chaussures.
    Si la transformation industrielle du cuir reste un métier nouveau en Afrique, ce n'est pas le cas pour le Maroc qui se distingue par une tradition ancienne. Employant plus de 30.000 personnes, le secteur du cuir marocain se compose de plus de 500 petites et moyennes industries. La quasi-totalité de ces entreprises sont orientées vers les marchés extérieurs.

    Meriem OUDGHIRI

    (1) Séminaire sur l'amélioration de la qualité du cuir et de ses produits en Afrique organisé par la FEDIC, la BID et la CEA à Tanger et à Casablanca en mai 1995. Cf L'Economiste du 1er juin 1995 et du 9 janvier 1997.

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