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    Economie Internationale

    Corruption: Le FMI et la Banque Mondiale engagent le fer

    Par L'Economiste | Edition N°:297 Le 25/09/1997 | Partager

    «La corruption mine la stabilité économique et peut éroder le soutien international au développement». Les 24 n'y sont pas allés de main morte à l'AG du FMI et de la Banque Mondiale.


    L'assemblée générale annuelle du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale s'est tenue cette semaine à Hong-Kong, trois mois à peine après le passage de l'ex-enclave britannique dans le giron chinois. Une des craintes des démocrates était précisément, qu'en passant vers le système «socialiste de marché», l'enclave passerait aussi vers un monde notoirement corrompu par sa bureaucratie. Peut-être cette crainte a-t-elle pesé sur les travaux du Groupe des 24, ou Comité du Développement que préside le Maroc? En tout état de cause, jamais, par le passé, ce Comité ne s'était montré aussi virulent sur un sujet aussi sensible. Et il a même ajouté que l'action contre la corruption devait être globale et mobiliser l'ensemble des membres des deux institutions financières internationales. Le Groupe des 24, plus proche de la Banque Mondiale, est réputé exprimer la position des pays en voie de développement. Le Comité Intérimaire, plus proche du FMI, regroupe les pays développés.
    M. Mohamed Kabbaj, ancien ministre des Finances du Maroc avait travaillé durant les deux dernières années à moderniser le Comité du Développement et à lui donner un rôle plus opérationnel dans la stratégie de la Banque Mondiale et à améliorer la complémentarité entre les actions du FMI et de la Banque Mondiale. En conséquence, les travaux du Comité recevront une traduction directe dans le travail quotidien de la Banque et influenceront ceux du FMI.

    Mission élargie


    Les Etat recourant tant aux crédits de la Banque qu'aux assistances du FMI, devront à l'avenir montrer patte blanche dans le domaine de la lutte contre la corruption. «Les deux institutions devront, indique le Comité, prendre en compte explicitement les problèmes de gestion des affaires publiques et de corruption dans leurs opérations de prêts ou toute autre décision quand ceux-ci affectent de façon significative des projets ou bien l'économie globale d'un pays». Le Comité ne donne pas dans l'angélisme: il n'espère pas faire disparaître la corruption. En revanche, il donne une définition étendue et extensive du travail dont seront responsables la Banque et le Fonds: Ce ne sont pas seulement leurs propres opérations qui devront être prises en considération, mais bien l'ensemble de l'économie du pays dans lequel les deux institutions agissent.
    La transparence, la gouvernance et la santé du système bancaire ont été les trois thèmes majeurs de l'assemblée de Hong-Kong. Ironie du marketing, le Crédit Lyonnais, qui est en faillite virtuelle mais reste soutenu par l'Etat français, s'est offert un panneau publicitaire à Hong-Kong, visible de la salle de conférence, alors que les conférenciers devaient travailler sur la santé des banques!


    En fait, le souci des membres est de mettre en place des systèmes de surveillance, puis d'aide, pour les pays émergents. Après l'effet Tequila (nom donné à la crise financière du Mexique), plusieurs pays asiatiques ont connu cet été de chaudes alertes. La Corée, qui paraissait pourtant très fiable figure parmi les pays sous hauts risques. Les banques ont un trop haut niveau de créances douteuses ou prédouteuses vis-à-vis d'un système économique dont la croissance s'est emballée. Le risque d'implosion est fort, d'où le projet de mettre en place un mécanisme d'urgence. C'est chose faite, du moins sur le principe.
    Mais il faudra aussi prévenir ces accidents. Là, les membres retrouvent leur ordre du jour. Par manque de transparence, les engagements bancaires se sont fragilisés. C'est la leçon des pays d'Asie du Sud-Est où l'explosion économique n'a pas entraîné assez vite l'imposition des règles de transparence économique mais aussi politique. Sans elles, des imprudences se sont accumulées au point de menacer finalement la croissance même du pays victime. L'assemblée générale de Hong-Kong restera certainement dans les annales, en raison de l'évolution des sujets traités: Moins de techniques et plus de questions de fond. Les rivalités politiques n'étaient pourtant pas absentes: Le triangle Europe-USA-Japon a profité de la tribune pour s'envoyer mutuellement quelques coups de griffes: déficit commercial, Euro...

    Nadia SALAH

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