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    Economie

    Contrebande : Derb Ghallef vivote grâce aux vieux stocks

    Par L'Economiste | Edition N°:227 Le 25/04/1996 | Partager


    Quelques mois après le déclenchement de la campagne de lutte contre la contrebande, l'activité commerçante de Derb Ghallef se tarit. Toutefois, les produits alimentaires connaissent, grâce à de vieux stocks, une légère reprise.


    Derb Ghallef est faiblement fréquentée en cette journée du lundi 22 avril. Pour indice, les rares voitures, garées dans le parking à ciel ouvert du souk, ce qui dénote le faible nombre de visiteurs qui déambulent entre les "boutiques". Il y a quelques années, le phénomène aurait pu paraître normal: en un jour de début de semaine, les chalands potentiels vaquent à leurs occupations professionnelles.
    Du côté de l'entrée principale, une boutique dont les rideaux sont tirés attire l'attention du visiteur. Renseignements pris, il s'agit d'un commerce de produits alimentaires qui a fait les frais de la campagne anti-contrebande.

    Paradoxalement, au rayon des produits alimentaires, les étalages bien fournis peuvent laisser entrevoir un semblant de reprise chez les vendeurs de Derb Ghallef. Boules de fromage, seaux de miel, riz thaïlandais, mortadelle et même la célèbre tablette de chocolat Maruja semblent être de retour. A des prix raisonnables: 7,50 DH pour Maruja (prononcez Marohkha), 140 DH pour le sac de riz thaïlandais de 10 kg (mais en provenance de Sebta) et 20 DH pour la mortadelle marque "El Campio". Un client qui se renseignait sur le riz thaïlandais trouvait le prix relativement cher. Il explique qu'à qualités égales, une autre catégorie de riz est vendue à 13 DH le kg (contre 14 DH pour le riz thaïlandais). Il faut préciser que le prix du même sac de riz est passé du simple au double depuis le déclenchement de la campagne de lutte contre la contrebande.
    En revanche, si la date de péremption affiche pour la plupart des produits le mois de janvier 1997, la date de production se situe, en moyenne, dans les trois derniers mois de l'année 1995.
    Il semble donc, au regard de ces dates, que ces marchandises proviennent de vieux stocks de contrebande.
    Ceci a été confirmé par des commerçants qui assurent commencer à souffrir de problèmes d'approvisionnement. Certes, ils précisent continuer à recourir à la contrebande. Mais cette dernière ne concerne plus que de petites quantités de marchandises, les produits alimentaires en particulier.

    Sud-Nord


    En outre, ils ajoutent que le flux de marchandises aurait changé de sens. Au traditionnel trajet Nord-Sud emprunté auparavant par la marchandise de contrebande se serait substitué le sens inverse. "Mis en difficulté par la campagne anti-contrebande, les commerçants installés dans la région du Nord viennent s'approvisionner à Casablanca", explique un vendeur.
    Un peu plus loin, au rayon des articles pour voitures, la morosité bat son plein. Quelques commerçants invitent, avec insistance, les rares promeneurs à venir visiter l'intérieur de leurs boutiques. Ceux qui acquiescent risquent d'être déçus. En effet, rien que du déjà vu et peu reluisant en plus: housses, câbles d'antennes pour voitures, jantes... Par ailleurs, la marchandise se fait rare. "Finie l'époque de shab talian", avancera un commerçant très inspiré.
    Les Marocains installés en Italie contribuaient en effet, en grande partie, à l'approvisionnement du souk de Derb Ghallef en articles pour voitures. Les pièces étaient acheminées vers le Maroc, soit détachées, soit installées sur les berlines italiennes qui étaient démontées à leur arrivée au Maroc. La manne de shab talian s'est tarie avec l'opération anti-contrebande et le relèvement des droits de douane relatifs à l'importation de voitures étrangères.

    Panaysonic et Panasonic


    Du côté des vendeurs de matériel électronique, la pénurie en marchandise est à relever. Les commerçants semblent maintenir leurs activités grâce à de vieux stocks ou à de la marchandise achetée localement et à des prix élevés parfois. Ainsi, un poste téléphonique sans fil, marque Panasonic, est vendu 1.200 DH. Le même poste était vendu il y a une année au prix de 500 DH. Questionné sur cette différence de prix, le vendeur rétorque que les deux postes ne seraient pas de la même marque. "Les 500 DH concernent le poste Panaysonic, une marque coréenne".
    Toutefois, au niveau des produits électroniques, une parenthèse est à ouvrir en ce qui concerne les articles multimédia dont la vente connaît une certaine animation. Pour les habitués du coin, l'intérêt se porte surtout vers le CD-Rom.
    La baisse de l'activité est aussi valable pour les produits d'habillement/chaussures. En effet, à moins d'opter pour quelques cravates de mauvais goût ou quelques vestes achetées aux "balles" et repassées à l'occasion, Derb Ghallef n'offre plus le large éventail d'articles qui le caractérisait habituellement.

    Mohamed BENABID

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