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    Economie

    Conjoncture : 1997, l'année de tous les espoirs

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    Les prémisses de la reprise sont là, mais la prudence est toujours de mise. De gros dossiers d'investissement sont à l'étude auprès des banques. Les BTP ont amorcé la relance, mais les PME/PMI demeurent frileuses.


    Les signes de la reprise semblent cette fois-ci pointer à l'horizon.
    Les industriels fondent leurs espoirs sur l'année 1997 sachant que l'année 1996 sera mi figue-mi raisin.
    Si les indicateurs ne sont pas encore tous positifs, certains cligno-tants augurent d'une relance de l'investissement. Cependant, la prudence reste de mise.
    Un sondage opéré auprès du secteur bancaire permet de constater cette légère reprise. Tout porte à croire que cette reprise amorcée en avril devrait se maintenir. De gros dossiers sont à l'étude dans les banques. Ils concernent essentiellement le secteur industriel (IMME, pharmacie, industrie agro-alimentaire, haute technologie et infrastructures).
    A fin juillet, une nette reprise des crédits d'investissement a été enregistrée par rapport à décembre 1995, particulièrement sur les crédits distribués à moyen terme (+13%) et sur le long terme en faveur du secteur industriel (+53%). Il s'agit d'une tendance cumulée. La demande de crédit s'accélère en juin/juillet, confirmée en août en terme de réalisation de projets. Selon une grande banque de la place, le nombre de projets n'aurait pas connu une augmentation très marquée. C'est donc leur taille qui expliquerait l'augmentation du volume global des crédits. "On peut en déduire que les PME/PMI sont plus frileuses ou prudentes face à l'année difficile qu'elles viennent de vivre et que ce sont les grands groupes qui ont tendance à réinvestir actuellement".
    La reprise est actuellement tirée par le secteur du BTP (bâtiment et travaux publics). "Les gros travaux sont en train de se débloquer", indique M. Abdelkhalek Berrada, président de l'Association Professionnelle des Importateurs de Matériels (APIM).
    Les promoteurs marocains participent de plus en plus aux grands projets. Dans ce secteur, la reprise est réellement amorcée.
    Les ventes de ciment, l'un des principaux indicateurs, le confirment. La hausse enregistrée au mois d'août 1996 par rapport à 1995 atteint 13,8%. Les cimentiers tablent d'ailleurs sur une poursuite de cette tendance, bien que sur les 8 premiers mois les ventes aient stagné (0,35%).
    Autre indicateur confirmant cette reprise, les importations de matériels et d'équipements pour les chantiers qui ont progressé de 10 à 13%, selon l'APIM.

    Inquiétude et prudence

    La reprise des investissements reste malgré tout timide et surtout prudente. Les cimentiers demeurent inquiets en raison des problèmes de trésorerie auxquels risquent de se heurter les promoteurs. Ils n'hésitent pas, par précaution, à revoir leurs conditions de paiement. Les délais de paiement sont réduits à 15 jours au lieu des 60 jours habituels.
    Les banques nuancent également la reprise en intégrant dans les crédits d'investissement l'enveloppe des crédits destinés au financement des logements (programme des 200.000 logements). Ce secteur a bénéficié de 1 milliard de DH de plus que l'année dernière (+16%). Sur les 53% de hausse enregistrés par ces crédits d'investissement, 16% résultent du logement.
    Tout porte à croire que la tendance sera maintenue d'ici la fin de l'année compte tenu du nombre de dossiers qui se multiplient auprès des banques.
    Au niveau industriel, la tendance est plutôt à la stagnation des investissements et à un recul des importations. Les importations de biens d'investissement stagnent selon l'APIM et les importations globales régressent de près de 7% par rapport à 1995, d'après les statistiques de l'ODEP (Office d'Exploitation des Ports).
    En matière d'investissements extérieurs, la tendance est aussi à la baisse. Le recul serait de près de 35%. Cependant, les responsables du Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs estiment que l'interprétation de cette tendance est encore très prématurée. D'ici la fin de l'année, il n'est pas exclu que le montant des investissements extérieurs dépasse le pic de 1993 qui était de 600 millions de Dollars et atteigne même 800 millions de Dollars avec les entrées des contrats signés avec A.B.B. pour Jorf Lasfar (256 millions de Dollars), la Lyonnaise des Eaux pour la concession de la RAD et Daewoo pour le rachat de Hyatt Rabat (30 millions de Dollars)...

    Fatima MOSSADEQ

    Le tableau de bord de la Statistique

    · PIB réel: Il connaîtra, selon la Direction de la Statistique, un taux d'accroissement supérieur à 10% en 1996, grâce notamment aux résultats exceptionnels de la campagne agricole. Le PIB agricole est en effet promis à une hausse de 65% (-45,9% en 1994).
    Il s'agit de la plus forte augmentation devant l'énergie, l'industrie et les transports (4%). Le taux le plus faible reviendrait aux services avec 2,7%. Cependant, souligne la Direction, ce taux de 10% doit être considéré avec prudence puisque l'année 1995 avait enregistré une très forte baisse de plus de 7%. Ainsi, la comparaison du niveau du produit intérieur brut de 1996 avec celui de 1994 révèle un taux de variation d'à peine 2%.
    · Formation brute de capital fixe: La Direction de la Statistique prévoit pour 1996 une évolution de près de 6% en prix courants (+6,4% en 1995). Celle-ci est répartie entre le matériel et l'outillage avec 6%, le bâtiment (+7%), les travaux publics (5%), l'aménagement et les plantations (5%).
    ·Coût de la vie: Il a connu, au terme du mois d'août 1996, une régression de 0,5%, suite notamment à la baisse des prix des produits alimentaires (-1,3%). Ce sont les loisirs, biens et services qui connaissent la plus haute variation avec 0,8%, suivis de l'équipement ménager avec 0,3%. Les soins médicaux, l'habillement et l'habitation atteignent les mêmes scores avec 0,2%. Le taux d'accroissement de l'indice moyen des huit premiers mois de l'année 1996 par rapport à l'indice correspondant de l'année 1995 s'élève à 3,2%.
    De son côté, l'évolution interannuelle de l'indice du coût de la vie par ville au terme du mois d'août 1996 est marquée par une dispersion très marquée. Les villes de Laâyoune et Agadir se démarquent avec des taux d'accroissement respectifs de 4,5% et 4,1%.
    Les villes de Kénitra, Meknès, Fès et Rabat enregistrent des variations ne dépassant pas le seuil de 2,6%. Les indices mensuels par ville ont oscillé entre -1,3% pour Marrakech et +0,8% pour Fès.
    ·Indice du prix de gros: Cet indice connaît lui aussi, au terme du mois d'août 1996, une baisse de 0,4% entraînée par la régression des produits agricoles (-0,1%). Le taux d'accroissement de l'indice moyen des huit premiers mois de 1996 atteint 6,1% par rapport à la même période de l'année dernière.

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