×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Conférence à Marrakech : Le gaz intéresse les grands groupes pétroliers

    Par L'Economiste | Edition N°:227 Le 25/04/1996 | Partager


    A côté de l'enjeu énergétique, le gaz est aussi un enjeu politique et économique majeur. C'est pourquoi il suscite autant d'intérêt de la part de grands groupes internationaux, comme l'a montré la 5ème conférence sur le gaz.


    Plus d'une centaine de personnalités de haut niveau, dont les représentants de grosses multinationales pétrolières américaines, ont participé à la 5ème Conférence sur le gaz à Marrakech(1). Une présence intéressée, puisque le gaz, à quelques mois de l'entrée en service du Gazoduc Maghreb Europe (GME) constitue un enjeu de taille aux niveaux politique et économique.
    En effet, pour le Maroc dans les 5 années à venir, un tiers des investissements relatifs aux infrastructures générales seront consacrés au secteur de l'énergie. Ce qui représentera plus d'un milliard de Dollars/an. Après l'option libérale prise par le gouvernement marocain en la matière, ce montant ne laisse pas indifférents les investisseurs privés étrangers, notamment les Anglo-Saxons.
    Les investisseurs américains déjà présents en Algérie perçoivent le Maghreb comme un tout. Aussi, le GME revêt une importance stratégique pour cette zone. Son importance est également politique, puisqu'il devra permettre de pérenniser la stabilité de cette région.
    Le Maroc et l'Algérie, qui n'ont jamais eu de véritables échanges commerciaux, devraient voir leurs liens stimulés avec l'arrivée du gazoduc, à l'instar des relations hispano-portugaises.
    Par ailleurs, rappelle M. Mohamed Es-Sdiqui, secrétaire général du Ministère de l'Energie et des Mines, "le GME acheminera un combustible de qualité, aidant à la sauvegarde de l'environnement et contribuant à la diversification des composantes des différents bilans énergétiques nationaux. Il constitue un ouvrage qui structure et sécurise l'espace énergétique régional en concrétisant le "bouclage" du réseau gazier pour l'Ouest méditerranéen".

    Sécurité des approvisionnements


    Indépendamment de cette vision à court terme, l'intérêt des grandes firmes internationales se placent sur le long terme et ce, depuis toujours. La mauvaise conjoncture sociale algérienne n'a pas empêché la présence de grands groupes comme BP, Total... Leur implantation en Algérie s'inscrit dans une stratégie de diversification des sources d'approvisionnement insérée elle-même dans le cadre d'une planification du risque à long terme, même si sur ce dernier volet aucun incident n'a été signalé concernant l'approvisionnement en gaz depuis la mise en service des différents gazoducs.
    Quant à la politique de diversification, elle est mise en place surtout pour assurer la sécurité de l'approvisionnement, notamment européen. D'ici à l'an 2020, la consommation européenne de gaz sera multipliée par 1,5, sa production réduite de moitié et donc ses importations devront être multipliées par 3 pour atteindre 320 milliards m3/an.
    Dans le contexte d'un quasi-triplement des importations européennes, il est judicieux de répondre par "une triple et raisonnable diversification aux niveaux des ressources énergétiques, des sources d'approvisionnement et des voies de transport de gaz". Dans un tel contexte, la contribution des gazoducs maghrébins à l'approvisionnement de l'UE pourrait dépasser 120 milliards m3/an.


    20 milliards m3/an


    En outre, la mise en service du Gazoduc Transmed (Algérie - Tunisie - Italie) a fait qu'actuellement la consommation tunisienne de gaz naturel est de 81% de la consommation totale d'énergie.
    Pour ce pays, le gaz naturel provient de l'exploitation des gisements locaux, des redevances de passage du Gazoduc Transmed et des achats effectués auprès de la SONATRACH (Algérie).
    Le GME aura inévitablement des conséquences similaires. Il alimentera dans une première phase l'Espagne et le Portugal. Il fournira du gaz naturel au Maroc et à des pays européens. Les quantités acheminées vers l'Espagne, le Portugal, puis le Maroc seront de 8 à 9 milliards m3/an.
    Il est prévu que cette capacité double à terme pour atteindre 18 milliards de m3/an, soit pour l'approvisionnement de ces pays, soit par l'adhésion de nouveaux pays et en particulier les partenaires de la société Omegaz-Etudes qui a réalisé l'étude de base du projet. Deux utilisateurs potentiels figurent sur cette liste, les entreprises gazières de France et d'Allemagne, pour contribuer à la concrétisation des nouveaux schémas de production, de commercialisation et de consommation qui se dessinent depuis peu dans la région.
    Les accords de transit conclus entre le Maroc et les opérateurs européens concernés restent ouverts à l'adhésion des tiers utilisateurs potentiels du GME.
    Une fois atteint l'objectif de doublement de la capacité initiale par l'adjonction de deux stations de compression, il peut être envisagé à terme des accroissements de capacité au-delà des 20 milliards de m3/an.

    Fatima MOSSADAQ

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc