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    Concurrence : La qualité prime sur la proximité

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    Le Maroc a longtemps été compétitif sur le plan de la sous-traitance en raison du coût de la main-d'oeuvre et de la proximité. Cependant, il doit se doter de nouveaux atouts pour faire face à la concurrence asiatique.

    Lors du SISTEP'96, M. Michel Habib-Deloncle, président de la Chambre de Commerce Franco-Arabe, a souligné l'importance du partenariat des deux côtés de la Méditerranée. La signature de l'accord de libre-échange avec l'Europe pousse le Maroc à renforcer son économie de manière adéquate et rapide. Le développement du partenariat est, selon M. Habib-Deloncle, un moyen efficace pour atteindre cet objectif. Ce partenariat peut prendre la forme de sous-traitance.
    La délocalisation ne pose pas de problèmes dans les pays développés, dit-il. Elle peut être génératrice de chômage ponctuellement, mais globalement elle a pour objectif de créer un potentiel d'emplois. D'ailleurs, la survie de l'entreprise au sein du réseau de compétition mondiale dépend en plus de la haute technologie, de l'abaissement des coûts de production, affirme M. Habib-Deloncle. Selon lui, les exposants français au SISTEP sont constitués d'entreprises qui "savent ce qu'elles cherchent en matière de partenaires et de sous-traitants". La proximité du Maroc de l'Europe constitue un avantage de taille, rappelle-t-il, mais cet avantage à lui seul est insuffisant. La sous-traitance implique des devoirs de la part du pays hôte, indique M. Habib-Deloncle. Le sous-traitant doit être à même de répondre aux exigences du client. Notons que la baisse du coût de la main-d'oeuvre marocaine n'est plus un facteur déterminant pour pouvoir faire face à la concurrence sur le marché de la sous-traitance.

    Zéro défaut

    D'autres pays offrent une main-d'oeuvre beaucoup moins chère, précise M. Claude Lefort, directeur du comité régional Rhône-Alpes. Il s'agit en l'occurrence de Madagascar où le salaire mensuel moyen est de 300 FF (1FF=1,71DH). Il en découle que le Maroc doit développer d'autres facteurs dont le poids est plus important au niveau de la décision du choix des sous-traitants. Il s'agit notamment de la qualité du travail et de l'organisation des services y afférents tels que l'emballage et le délai de livraison. M. Lefort précise que les produits exigés doivent comporter "zéro défaut".
    Ceci est d'autant plus vrai que l'Amérique du Nord, à savoir les Etat-Unis et le Canada, ont signé un accord de libre-échange avec le Mexique, l'ALENA. Ce marché se refermera sur lui-même, estime-t-il. Résultat: les pays asiatiques verront dans l'Europe le seul marché rentable. D'où la nécessité pour le Maroc de développer de nouveaux atouts au niveau de la sous-traitance.
    M. Habib-Deloncle souligne l'érosion des échanges franco-arabes à cause de la diversification des débouchés marocains. Il envisage de discuter avec M. Driss Jettou, ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, des possibilités de dresser un premier bilan à Paris sur l'application de l'accord relatif à la conversion des dettes en investissements signé le 13 janvier 1996 entre la France et le Maroc. L'objectif est d'accélérer la mise en oeuvre de cet accord.

    Programme de coopération

    Pour sa part, M. Nicolas Boyadjis, président de la section Méditerranée du conseil économique et social Paca, indique qu'une coopération entre les pays européens et arabes s'avère indispensable. Elle doit s'articuler autour de trois axes. Le premier consiste à convaincre les entreprises européennes de l'intérêt de travailler avec des entreprises arabes au lieu d'aller chercher du côté de l'Europe de l'Est. Le deuxième porte sur l'organisation de salons et d'actions de longue haleine en vue d'établir des contacts entre les professionnels des deux pays. Le troisième axe, lui, vise le développement des régions exportatrices de main-d'oeuvre. Il nécessite que ces régions cherchent les modes de financement nécessaires à leur développement. Dans ce cadre, plusieurs études ont été menées au Maroc. Cependant, aucune d'elles n'a pu recevoir le financement nécessaire. Une étude est actuellement en cours en vue d'identifier les secteurs porteurs de l'une de ces régions.
    Il est à rappeler que parmi les pays arabes, le Maroc est le premier fournisseur de la France et son deuxième client. Hors OCDE, il est le premier partenaire commercial de la France. D'ailleurs, 21,6% des échanges arabes de la France sont effectués avec le Maroc.

    Rafik IKRAM

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