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    Economie

    Compensation : Les pétroliers sur les nerfs

    Par L'Economiste | Edition N°:2177 Le 22/12/2005 | Partager

    . Feu vert pour débloquer 500 millions de DH. Les entreprises attendent l’autre moitié avant fin décembre. L’Etat respectera-t-il ses engagements?LE secteur pétrolier est sous tension depuis quelques jours. «J’espère que nous n’avons pas été bernés et que l’Etat respectera ses engagements». L’inquiétude est à son comble chez les opérateurs. En novembre, ils affirment avoir perçu 800 millions de DH au lieu du milliard promis au titre des arriérés de la compensation sur les hydrocarbures. Autre son de cloche auprès de la Caisse de compensation: 1 milliard aurait été bel et bien débloqué... Où sont passés les 200 millions restants?En décembre, même scénario. Le gouvernement a donné son feu vert, mais pour le règlement de 500 millions de DH seulement. Ce qui met les nerfs de la profession à rude épreuve. Si le reliquat n’est pas versé d’ici la fin du mois, les pétroliers brandiront une fois de plus, la menace de «la sécurité de l’approvisionnement». Chaque retard de paiement met en péril l’équilibre financier des entreprises, en particulier les petites, plus fragiles. La plupart d’entre elles croulent depuis plusieurs mois sous les frais financiers facturés par les banques. A les entendre, cette incertitude est insoutenable. Pour les filiales des multinationales, le non-paiement du reliquat au 31 décembre risque de déclencher les signaux d’alerte et l’information fera le tour du monde.. L’indexation insoutenable pour le tissu économiqueCôté gouvernement, c’est le silence radio sur la stratégie à adopter dans le futur. Une chose est sûre. Le budget prévoit une dotation de 9 milliards de DH au titre de la compensation dont 7 milliards en faveur des produits pétroliers. «Ce qui ne représente même pas 50% de ce qui doit être effectivement alloué!» relève un haut responsable d’une société pétrolière.Alors, comment sortir de l’impasse? Tous les pronostics pour 2006 se rejoignent: le cours international de l’or noir restera élevé, au-delà de 50 dollars le baril. Certes, il devrait évoluer à une vitesse plus faible qu’en 2005, mais il continuera de s’inscrire dans une tendance haussière. Pour rappel, le projet de loi de Finances table, lui, sur un baril à 50 dollars.Dans ce contexte de haute tension, est-ce raisonnable de rétablir le système d’indexation? Assurément non. Une telle mesure s’avèrerait insoutenable pour le tissu économique. «Concrètement, il faudrait augmenter d’un seul coup le prix du gazoil de 1,40 DH puis répercuter chaque mouvement à l’international», est-il expliqué auprès du ministère des Affaires économiques. Les opérateurs ne supporteraient pas un renchérissement aussi brutal du coût de l’énergie face à la concurrence étrangère.L’autre piste serait d’instaurer un système mixte. Autrement dit, cibler des secteurs sensibles tels que l’agriculture, l’industrie et les populations démunies. «Dans ce cas, comment établir les frontières entre les bénéficiaires de prix subventionnés et les autres? Et comment maîtriser techniquement le système?» s’interroge une source proche du dossier. A moins de libéraliser le prix à la pompe et accorder une compensation directe aux secteurs les plus vulnérables. «Mais là aussi, se pose le problème de l’efficacité du dispositif. Les expériences étrangères montrent que cette option engendre rapidement des effets pervers».Quoi qu’il en soit, le gouvernement devra rompre avec le statu quo actuel. Bien entendu, il peut toujours agir sur le niveau de consommation domestique pour réduire la facture énergétique puisque la hausse du prix du pétrole est partie pour durer. «Rien n’est plus efficace dans l’immédiat que d’augmenter le prix des intrants pour pousser à la rationalisation». A plus long terme, il faudra miser avec plus de conviction sur les sources alternatives comme l’énergie solaire, l’éolien, les schistes bitumeux... Un programme a été mis en branle en 2005, suite à la flambée des cours mondiaux. Reste à en faire une priorité nationale. Ce sera sûrement le cas lors des Assises de l’Energie prévues pour début 2006. En attendant, les pétroliers attendent toujours leur argent.


    A quand la troisième hausse du prix à la pompe?

    POUR éponger une partie du déficit de la Caisse de compensation, deux augmentations de 50 centimes chacune ont été réalisées en 2005 sur le prix à la pompe. Le prix du butane, lui, est resté inchangé. Une troisième hausse devait avoir lieu en novembre, selon le Premier ministre Driss Jettou. Elle a été retardée, «du fait d’un début d’accalmie des cours». En fait, la pause sur le marché international n’a duré que quelques jours, les tensions ayant repris de plus belle en décembre. Il serait donc temps de trancher la question de la compensation pour limiter l’hémorragie, au lieu d’attendre un retour hypothétique à l’accalmie.


    Où trouver les sous?

    IL faudra bien trouver les sous pour régler les arriérés de compensation! Le projet de loi de Finances 2006 y consacre plus de 12 milliards de DH, y compris les 7 milliards dus en 2005. Mais dans l’immédiat, il faut parer au plus pressé en apportant une bouffée d’oxygène aux entreprises au bord de l’asphyxie. A commencer par le déblocage du reliquat de 500 millions de DH programmé pour décembre, avant la fin du mois. L’Etat devra ensuite honorer ses engagements d’ici février. Sa crédibilité en dépend.Pour rappel, le gouvernement et le groupement des pétroliers s’étaient mis d’accord fin octobre, sur un échéancier pour régler une partie des arriérés de 2005. L’Etat s’est ainsi engagé à verser 4 milliards de DH entre décembre et février 2006, à concurrence de 1 milliard de DH par mois.Mouna KABLY

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