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    Economie

    Communes en grève: Bonjour les odeurs!

    Par L'Economiste | Edition N°:2172 Le 15/12/2005 | Partager

    . Tout le pays et tous les syndicats concernés . Hausse des salaires, conditions sociales au cœur des revendications . La collecte des déchets, grand moyen de pressionAujourd’hui, les rues du pays ne vont pas sentir la rose. Et pour cause, les employés communaux entament une grève de deux jours. Ce nouveau bras de fer, lancé à l’appel de l’ensemble des centrales syndicales, vise à protester contre «des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer». Ainsi, la CDT (Confédération démocratique du travail), l’UMT (Union marocaine des travailleurs) et l’UGTM (Union générale des travailleurs au Maroc) se mobilisent «comme un seul homme» pour faire entendre leurs voix. L’arrêt des activités communales s’étalera sur deux jours (15 et 16 décembre). Implacables, quelques syndicats ont affirmé à L’Economiste que la grève ne saurait être annulée et qu’ils ne se «laisseront pas amadouer par une promesse de dialogue». Jamal Khabouri, secrétaire général adjoint de la Fédération démocratique du travail (FDT) ajoute que «le dialogue ne doit pas être une solution de crise mais un rapport permanent».Ce que les syndicats revendiquent par-dessus tout, c’est justement davantage d’écoute de la part du ministère de l’Intérieur, qui «jusqu’à présent s’est montré sourd à nos revendications», ajoute un autre syndicaliste. Hier, au siège de la commune de Casablanca, il n’était d’autre sujet que cette action «courageuse et exceptionnelle» puisqu’elle touche cette fois tout le pays.Dans le cahier revendicatif, la situation salariale domine. En effet, les agents communaux bénéficiaient, selon un accord conclu il y a quelques années, entre le gouvernement et les syndicats, d’une indemnité spéciale. La convention voulait qu’elle soit de 270 DH par mois, ce qui était effectivement appliqué. Sauf qu’avec l’augmentation générale de 300 DH, qui a concerné toute l’administration, les employés de commune se sont vus privés de leur privilège. «Qui n’en était pas un», affirme Ahmed Zouine, syndicaliste CDT. Pour lui, cette prime a été accordée pour rétablir l’équilibre entre les salaires des agents communaux et ceux des autres ministères dont le personnel est mieux payé. Par ailleurs, cette grève se prononce contre la répression des libertés syndicales. Les représentants des trois syndicats organisateurs du mouvement de protestation expliquent «que plusieurs membres de bureaux ont été licenciés ou suspendus de leur travail. D’autres ont même été victimes de poursuites judiciaires suite à des accusations infondées». Un appel pour leur réintégration est également lancé. Autre pomme de discorde: l’horaire continu et la prime de panier. Les employés communaux diplômés ne sont pas en reste. Beaucoup déplorent de n’être pas affectés dans leurs domaines de spécialité. Enfin, les indemnités pour les travaux durs et à risque devraient, selon les grévistes, être généralisées «et non pas octroyées selon le bon vouloir des chefs directs», s’indigne un syndicaliste.En tout cas, le mouvement semble des plus sérieux. En effet, les syndicats menacent, s’ils n’obtiennent pas satisfaction, de durcir leur mouvement et de réitérer d’autres appels à la grève.


    Des montagnes de déchets

    En cas de grève des agents communaux, le domaine le plus affecté reste celui de la collecte des déchets. C’est d’ailleurs le moyen de pression le plus efficace dont disposent les grévistes. Et pour cause, il contrarie directement le quotidien des citoyens. Cependant, toutes les villes marocaines ne souffriront pas de la grève de la même manière. A Casablanca par exemple, où la gestion de la collecte est déléguée aux privés, la situation devra être moins critique. Ahmed Lyacini, directeur des Relations institutionnelles et commerciales à Sita El Baida, confirme que sa société double ses efforts pour minimiser les dégradations. Cela risque de se traduire par une surexploitation des 450 employés de la société. Ces derniers devront assurer le travail de quelque 750 employés communaux grévistes. «Nous ferons tout pour éviter le cumul des déchets. Nous avons prévu des tournées de jour et même de nuit pour cela», indique Lyacini. A Techmed, les mesures spéciales sont également de mise. Luis de la Campa, directeur d’exploitation de la société, explique qu’ils essayeront de sauver les meubles. Encore plus affectée par la grève, Techmed perdra pendant les deux jours de grève 1.100 employés et ne pourra poursuivre ses activités que grâce aux 350 autres privés. De La Campa ajoute «que la tâche sera encore plus difficile le deuxième jour de grève». Techmed espère quand même assurer entre 60% et 80% du travail habituel. Ichrak MOUBSIT

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