×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Commandée par le Ministère : L'étude sur la stratégie touristique achevée

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    Une étude sur la stratégie touristique a débouché sur un programme d'actions dont une partie est déjà mise en oeuvre. Elle a également montré le besoin d'élargir la gamme des produits offerts aux touristes et d'infléchir la promotion vers des actions plus pratiques. Son coût s'élève à 12,5 millions de DH.


    Il faudra attendre la conférence de presse du ministre du Tourisme pour connaître les détails des résultats de l'étude sur la stratégie nationale de développement du tourisme, compilés dans un rapport de 2.000 pages rédigé par Urbaplan, bureau d'étude suisse spécialisé dans le développement, l'urbanisme et l'environnement. Pour l'heure, deux problèmes ont été mis en relief par l'étude qui a porté sur le diagnostic de l'offre touristique, l'évolution de la demande internationale et l'appréciation des sites touristiques face à la concurrence.

    Potentiel faiblement exploité


    Le premier a trait au ralentissement de l'accroissement de la demande touristique dans l'ensemble du Bassin méditerranéen au profit de destinations lointaines. Cette décélération a été amplifiée par la baisse, ces dernières années, des prix des billets d'avion. Cette baisse n'a pas été répercutée sur le Maroc qui a perdu plus d'un million de touristes l'année dernière.
    Le second problème concerne l'offre marocaine. Son essor d'il y a une quinzaine d'années commence à s'essouffler. L'étude a conclu à un vieillissement du produit offert, particulièrement celui orienté vers le balnéaire passif.
    L'enquête a également montré l'existence d'un énorme potentiel touristique resté jusqu'ici faiblement exploité, voire inexploité, comme le golf, le désert, la montagne... Il s'agit de rééquilibrer l'offre en conservant et en augmentant les capacités du balnéaire devant demeurer la base, tout en développant de nouveaux produits recherchés par les touristes», suggère M. Jacques Barbier, président d'Urbaplan.
    Sur la demande touristique, le scénario retenu a fait apparaître une perte de parts de marché qu'il s'agit de reconquérir. Pour cela, M. Barbier estime qu'il est nécessaire d'infléchir la politique de promotion pour élaborer une stratégie basée sur une vision pratique de l'extérieur. L'immatériel à l'image de «l'éblouissement des sens» devra céder la place à une promotion autour de thèmes pratiques. La commercialisation de la destination Maroc devra donc être «subdivisée en morceaux».
    Sur le plan intérieur, les opérateurs devront élargir leur gamme de services par la mise en valeur des formes d'activités individuelles. «Nous devrons nous orienter vers le tourisme individuel. Le voyage organisé n'est profitable que par la possibilité d'un bon prix. Localement, le voyage devra être diversifié», dit M. Barbier.
    Sur ce registre, les exemples ne manquent pas: baliser les circuits dans les médinas, créer des possibilités de location de matériels de loisir sur place puisque le touriste ne peut pas le déplacer avec lui...
    La promotion devra concerner tous les opérateurs pour que chacun puisse vendre son produit. Selon M. Barbier, «la promotion du tourisme en bloc n'exclut pas une politique de clientèle spécifique. Un hôtel à Zagora fait sa propre promotion et fournit à sa clientèle tout ce dont elle a besoin. Conclusion: il affiche complet toute l'année».

    Quatre sénarios de développement


    L'étude, lancée par le Ministère du Tourisme iI y a 3 ans, a porté sur la demande et l'offre touristiques, les retombées économiques et l'analyse des entreprises opérant dans ce secteur. Sur la base des résultats dégagés, Urbaplan a mis au point quatre scénarios de développement mais a retenu une variante présentée comme une combinaison de deux scénarios: la conquête des marchés et le développement des produits. D'ailleurs, une partie de ce programme d'actions a déjà été mise en oeuvre par le Ministère du Tourisme comme la privatisation, le reclassement des hôtels et restaurants, la révision du statut des guides...
    L'étude est présentée comme un travail fondé sur des données sûres, recueillies à la suite d'une enquête auprès de 5.800 touristes principaux sur les lieux de séjour et aux postes-frontières lors de leur départ. Une vingtaine d'experts étrangers «ont visité» une centaine d'entreprises touristiques afin de passer au crible leur gestion. Ce travail étalé sur 25 mois a été appuyé par une enquête auprès des tours opérateurs étrangers vendant la destination Maroc.

    Cette étude a été suivie par un comité directeur composé de plusieurs ministères, de représentants d'associations professionnelles, d'hôteliers, de syndicats d'initiatives... Son rôle consistait à donner ses avis et observations sur l'étude avant la publication du rapport final. Son travail a été soutenu à l'amont par un comité de suivi composé des différents directeurs du Ministère du Tourisme. Cette combinaison d'intervenants a donné à l'étude une dimension d'assistance au Ministère du Tourisme. D'ailleurs, le plan d'action a été élaboré grâce aux cadres de ce département, est-il précisé auprès d'Urbaplan.

    Mohamed CHAOUI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc