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    Economie

    Colloque des "X"' : Le privé sur la piste des services publics

    Par L'Economiste | Edition N°:148 Le 06/10/1994 | Partager

    Des besoins importants en infrastructures et la faiblesse des moyens publics ouvrent au privé l'accès à des secteurs longtemps restés dans le giron de l'Etat. Encore timide au Maroc, la déréglementation devrait prendre une nouvelle dimension dans les prochaines années.

    Faut-il ouvrir au privé certains secteurs jusque-là restés sous monopole public au privé? En confiant l'exploitation des centrales électriques de Jorf I et II à des opérateurs privés, I'ONE a apporté un début de réponse à cette question. Les pouvoirs publics n'ont d'ailleurs pas caché leur intention de mener une telle politique. Pour nombre d'experts, cette démarche est devenue une nécessité ou même une obligation pour la quasi-totalité des pays, principalement en raison de la taille des déficits budgétaires. Ils estiment, dans la même foulée, que les monopoles publics souffrent de grandes insuffisances qui se traduisent par une qualité de service déficiente, un sous-investissement chronique, une gestion inefficace ainsi qu'une politique et des structures dépassées. Certes, ces monopoles n'ont pas tous failli à leur mission, mais l'objectif visé à travers l'élargissement au privé est d'aller plus de l'avant dans la recherche de l'efficacité et de l'efficience.

    Télécoms, eau, électricité

    Le principe est que l'Etat doit se libérer des services publics pouvant être gérés de manière optimale par le privé. En d'autres termes, la production de biens et services dans un grand nombre de secteurs, notamment l'eau, l'électricité et les télécommunications, peut être effectuée par le privé à des coûts moins élevés que ceux du public. Cette démonopolisation est déjà mise en oeuvre dans plusieurs pays où des secteurs comme les télécommunications ont été entièrement privatisés. Les spécificités font cependant que les mêmes schémas ne peuvent pas être reproduits partout, d'où l'exploration d'une voie adaptée au contexte local. Le colloque organisé par l'Association Marocaine des Anciens Elèves de l'Ecole Polytechnique sur le thème: "Déréglementation et financement des infrastructures" permet d'avancer un peu plus sur le chantier ouvert lors du séminaire consacré à l'"Alliance secteur public-secteur privé pour un Maroc à grande vitesse"(1).

    La conduite de cette politique de déréglementation n'est pas simple du fait de la définition de la ligne de démarcation entre les prérogatives de l'Etat et celles du privé.
    La démonopolisation ne signifie pas la disparition de l'intervention étatique. Il ne suffit pas de confier la charge d'un service public à une entreprise privée pour résoudre le problème. Les pouvoirs publics doivent assurer leur mission de contrôle par la mise en place d'un cadre juridique approprié de manière à ce que l'intérêt général soit bien et très bien servi. Pour illustration, dans certains pays qui ont confié la fourniture de l'eau potable à des entreprises privées, l'Etat veille strictement et sur la qualité et sur les prix. D'ailleurs, autant du point de vue de l'eau que de l'électricité, le problème de la tarification est inscrit au coeur des discussions du fait qu'il conditionne pour l'essentiel la conclusion du contrat.

    Il est à noter que, pour un Etat, l'élément essentiel de la démonopolisation consiste en la prise en charge par le privé d'une partie du financement des infrastructures. Dans la plupart des cas, la lourdeur des investissements a freiné les initiatives, alors que les besoins sont loin d'être couverts. Selon le rapport 1994 de la Banque mondiale, "la qualité d'une infrastructure aide à comprendre pourquoi un pays réussit, alors qu'un autre échoue, à diversifier sa production, à développer ses échanges, à maîtriser sa démographie, à faire reculer la pauvreté ou à assainir le milieu". Il est aussi précisé qu'une bonne infrastructure augmente la productivité et réduit les coûts de production.

    Il faut cependant qu'elle se développe assez rapidement pour maintenir les conditions de la croissance. Autre sujet prévu au "colloque des X": les ressources humaines dans la gestion du changement. En réalité, avec le transfert de certaines opérations de travaux et de services public au privé, il apparaîtra pour l'Etat de nouvelles responsabilités. Pour les experts, les Administrations Centrales devront se doter de moyens humains appropriés pour faire face à l'introduction de nouvelles fonctions ou pour renforcer les moyens existants dans les domaines de la vieille technologie, de l'ingénierie, de la gestion, du droit, de la communication et de la formation continue.

    Alié DIOR NDOR

    (1) Séminaire organisé les 7 et 8 juin à Rabat par le Ministère chargé de l'lncitation de l'Economie avec la collaboration de la Banque Mondiale.

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