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    Courrier des Lecteurs

    CNME: Volée de bois vert sur les banques

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    Les taux d'intérêt de nouveau sur la sellette lors du dernier CNME. Les autorités monétaires n'ont pas mâché leurs mots à l'égard des banques. Elles réclament plus de concurrence et de transparence.


    Les conditions d'une baisse des taux d'intérêt débiteurs sont aujourd'hui réunies, qu'attendez-vous pour en faire bénéficier tous les opérateurs? C'est à peu près en ces termes que MM. Mohamed Kabbaj et Mohamed Seqat, respectivement ministre des Finances et des Investissements Extérieurs et gouverneur de Bank Al-Maghrib, se sont adressés aux banques lors de la réunion du Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne (CNME) tenue le 15 juillet et qui ressemble comme une soeur à la précédente: pas de grandes décisions. En revanche, les autorités monétaires ont durci le ton.

    Les banques se sont fait tancer avec beaucoup plus de virulence. Pour M. Kabbaj, "le niveau des taux d'intérêt réel appliqué aux opérateurs économiques continue de constituer une source de préoccupation majeure". Il a déploré le maintien des mêmes taux de référence affichés par toutes les banques au lendemain de la libéralisation intervenue en février 1996. Pourtant, entre-temps, l'environnement a évolué de manière significative: repli de l'inflation de 3 points et baisse à trois reprises de 50 points de base du taux sur les Emprunts Nationaux. Mieux, une réelle détente sur les taux est possible vu que le marché interbancaire est en situation de surliquidité. Même son de cloche chez le gouverneur de Bank Al-Maghrib qui estime que "la baisse des taux débiteurs est d'autant plus justifiée que la liquidité bancaire a connu un élargissement que la Banque centrale s'est abstenue de résorber par le relèvement du taux de la réserve monétaire, afin de ne pas renchérir le coût des ressources". La réduction progressive du plancher d'effets publics (PEP) va également dans ce sens. Le ministre des Finances a ainsi annoncé une nouvelle baisse de 10 à 5% du PEP d'ici la fin de l'année. Il est à rappeler que cet emploi obligatoire avait été ramené successivement de 20 à 15 puis à 10% lors des précédents CNME.

    Chapelet de reproches


    M. Seqat a enfoncé le clou en reprochant ouvertement aux établissements bancaires de ne pas publier les taux de base effecti-vement appliqués à leur meilleure clientèle. Bien plus, les taux consentis aux grandes entreprises, "pour certaines de leurs opé-rations de crédit" devraient être généralisées à l'ensemble des opérateurs économiques.
    Mêmes reproches pour ce qui concerne les opérations de change.
    Il est vrai que l'assouplissement des opérations devises contre devises s'est traduit par une amélioration de la liquidité du marché mais seules les grandes entreprises tirent profit de la concurrence et des conditions de cotations favorables. "Les autres opérateurs se voient appliquer les cours extrêmes autorisés", regrette M. Seqat.
    Le chapelet de récriminations comprend aussi le manque de transparence. Là non plus, les autorités monétaires n'ont pas mâché leurs mots. Les banques devront clarifier les règles du jeu en effectuant des progrès dans le domaine de l'affichage des conditions tant au niveau des taux d'intérêt débiteurs et créditeurs que des commissions et des régimes de date de valeur.

    Pour certains des professionnels, la factu-ration des commissions est effectivement jugée opaque. Il serait plus judicieux d'appliquer un forfait pour un certain nombre d'opérations. Avantages: l'entreprise peut budgétiser à l'avance la charge et la banque renégocier périodiquement le montant facturé. M. Othman Benjelloun, président du GPBM, ne s'est pas dépêtré de son self-control anglo-saxon. Au nom de la profession, il s'est engagé à rendre opérationnelles, dans les meilleurs délais, les procédures d'information de la clientèle sur les conditions bancaires et sur les taux d'intérêt.
    Reste à savoir si toutes les banques sont réellement disposées à jouer le jeu de la concurrence et de la transparence. Ce n'est pas la première fois que le président du GPBM se porte garant de la détente des taux. Après la baisse d'un point sur les crédits d'investissement recommandée par le groupement, il avait poussé ses confrères à aller plus loin en instaurant, au niveau de la BMCE, une ristourne de 2 points sur les crédits PME/PMI.

    Mouna KABLY & Alié Dior NDOUR

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