×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    CHU Ibn Rochd: Le dilemme du financement

    Par L'Economiste | Edition N°:292 Le 07/08/1997 | Partager

    Les aménagements apportés sur le plan organisationnel ne suffisent pas. L'avenir du CHU Ibn Rochd reste toujours tributaire de la question du financement. Le Pr Bouzidi, directeur de l'établissement, émet l'idée d'un projet de clinique universitaire qui prendrait en charge le volet formation.


    Réstaurer la confiance des employés et redorer l'image d'un établissement secoué par des problèmes de gestion: lorsqu'en décembre dernier le Pr Abdelmajid Bouzidi a pris la Direction du CHU Ibn rochd, il savait qu'il n'avait pas choisi la facilité. L'établissement est en proie à de nombreux dysfonctionnements, tant au niveau financier qu'organisationnel. Les difficultés avaient culminé l'été dernier, à l'occasion du bras de fer qui avait opposé l'ancienne équipe de direction au ministre sortant de la Santé, le Dr Ahmed Alami (Cf L'Economiste du 8 août 1996). Face à l'issue incertaine du schéma directeur d'aménagement et d'équipement du CHU (censé être la solution miracle aux maux de l'établissement), à la faiblesse des ressources et au départ massif d'infirmiers et d'enseignants-chercheurs séduits par le privé, tout ou presque est à refaire. Il faut rebâtir, réorganiser et remotiver le personnel de l'hôpital. Mais d'abord il faut parer au plus urgent: réorganiser la Division des Ressources Financières. Les appels d'offres restés en instance à la suite du déclenchement des opérations d'audits, sont débloqués et les marchés urgents pour l'année 1997/98 lancés. Ces actions sont avalisées par le Conseil d'Administration de l'hôpital. «De toutes les manières, les décisions sont collégiales», explique le Pr Bouzidi. Il dévoile quelques idées sur son approche du management au CHU. «Le directeur a surtout un rôle de coordination et d'orientation», aime à répéter le directeur de l'hôpital. Les opérations de passation de marchés publics doivent faire l'objet d'une attention particulière. «Quand un hôpital fonctionne beaucoup plus avec des bons de commandes, c'est mauvais signe».

    Etablissement autonome

    Aujourd'hui, s'il y a une question qui préoccupe plus que tout le staff du CHU, c'est celle du financement. L'hôpital est en principe un établissement autonome, mais continue d'être subventionné par l'Etat. Le budget global du CHU Ibn Rochd représente actuellement près de 126 millions de DH, dont 96 millions au titre de la subvention. Le reliquat représente les recettes propres. La facture relative aux malades économiquement faibles (137.193) pour la période allant du premier juillet 1996 au premier juillet 1997 a atteint 84,56 millions de DH. Le budget d'investissement atteint 2 millions de DH. Difficile, dans ce cas, de parer aux problèmes d'étanchéité des bâtiments, de moderniser le plateau technique, d'indemniser correctement le personnel de l'hôpital ou encore d'activer les différents projets, est-il indiqué.

    En fait, l'idée du schéma-directeur du CHU, qui devait être financé par la Communauté Urbaine de Casablanca, devait entre autres remédier au problème des ressources. Pour le directeur du CHU, le projet est caduc. L'établissement n'a jamais été, selon lui, préparé à être un centre hospitalier universitaire et c'est ce qui explique les difficultés actuelles. Le Pr Bouzidi est pour la construction d'une clinique universitaire sur la route d'El Jadida, le CHU devant rester une structure de santé publique.
    Dans tous les cas, l'amélioration des ressources passe par une réduction des dépenses et une amélioration des recettes. Il est prévu que la prise en charge des malades indigents soit rationalisée à travers la mise en place de tranches de pourcentage d'exonération, de manière à distinguer ente les différentes catégories d'indigents. A charge pour les collectivités locales ou des mécènes de supporter la différence. «Une telle mesure est urgente. Sinon nous risquons de frôler l'anti-social alors que nous sommes supposés faire du social». Côté recettes, un dispositif de recouvrement de créances plus efficace doit être mis en place. Les débiteurs du CHU sont nombreux: CNOPS, RAM, OCP et ONCF. Auparavant, il faut régler des problèmes statutaires. La question du transfert du patrimoine du Ministère de la Santé Publique au CHU n'a toujours pas été tranchée. Elle était à l'ordre du jour du dernier conseil d'administration mais a été reportée sine die.

    Mohamed BENABID

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc