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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes: semaine du 11 au 15 Novembre 1991 : Evolution contrastée du Dirham

    Par L'Economiste | Edition N°:4 Le 21/11/1991 | Partager

    Evolution contrastée que celle du Dirham par rapport aux principales devises la semaine du 11 au 15 Novembre 1991. En effet, si elle a continué de s'apprécier vis-à-vis du Yen japonais - mais plus franchement (+ 0,55%) que la semaine dernière, de la lire italienne et de la livre sterling, mais moins rapidement (respectivement + 0,13 et + 0,09%) la monnaie marocaine fut cotée en baisse contre toutes les autres devises: -. 0,32% contre Deutschmark, - 0,20% contre le Franc français, - 0,16% contre la pesete, enfin - 0,16% contre l'Ecu.

    La cotation du Dollar en Dirhams fut tout à fait en phase avec celles enregistrées par le billet vert vis-à-vis de toutes les monnaies: une dépréciation qui s'échelonne entre 0,30% (contre yen) à - 0,17% contre la livre.

    Manifestement, la baisse du taux d'escompte nippon (-1/2%) jeudi 14 Novembre (que nous annoncions dans la chronique précédente) n'a pas réussi à impressionner les cambistes "travaillant" le Yen. Ceux-ci, n'ont au contraire retenu de l'actualité économique nippone que le doublement en un an de l'excédent commercial du Japon d'Octobre à Octobre, dont une bonne part est imputable au commerce avec les Etats-Unis. Toutefois, la monnaie nippone a perdu du terrain face aux devises européennes, ce qui explique sa décote (- 0,55% en une semaine) par rapport au Dirham.

    La livre sterling dont l'indice du taux de change effectif calculé par la Banque d'Angleterre accuse une baisse de 2,5% depuis le début de l'année (et -1,30% contre le Dirham) a, cette semaine, détrôné le Franc français de la place "peu enviable de monnaie la plus faible du SME". Deux facteurs explicatifs peuvent être avancés, l'un structurel, l'autre plus conjoncturel: primo, la récession de l'économie britannique constitue une pression sur la Banque d'Angleterre pour baisser ses taux d'intervention et contribuer ce faisant au redémarrage de la machine économique, à condition toutefois, que les pressions inflationnistes s'atténuent. La seconde raison a trait à l'éventuelle réduction. à 2,5% de la bande de variation - fixée pour le moment à 6% - accordée par dérogation au sterling au sein du SME. Cette mesure, si elle était décidée au sommet de la CEE de Maastricht (Hollande), début Décembre, comme l'anticipent les marchés, et compte tenu des perspectives d'assouplissement de la politique monétaire britannique, aurait pour conséquence de corriger la livre à la baisse.

    La faiblesse du dollar (mais qui n'efface pas son appréciation enregistrée, depuis le début de l'année, de prés de 10% contre Ecu, moyenne pondérée des monnaies européennes, et de - 7,26% contre le Dirham) n'est pas due qu'aux évolutions exogènes. Le Mark-Roi n'a pas fini de se revigorer essentiellement à ses dépens en même temps que se consolident les anticipations de resserrement prochain, avant la fin de l'année, de la politique monétaire dans l'Allemagne unifiée; il est vrai que la Bundesbank monte fermement la garde face à l'évolution - préoccupante selon ses standards - de l'inflation allemande (4%) au sein d'une économie vigoureuse jurant par rapport au reste du monde industrialisé; la Banque Centrale de ce pays n'hésiterait pas en effet à utiliser l'arme des taux. A ces facteurs haussiers s'est ajouté celui de la vive dépréciation de la devise finlandaise (-12,3% essentiellement contre le Mark), à la suite de la décision de la Banque Centrale à Helsinki, de laisser flotter la "Markka", et non plus de la lier à l'ECU comme elle l'a fait depuis Juin dernier.

    - Après la double détente du loyer de l'argent américain en milieu de semaine précédente, les chiffres du chômage en hausse, ceux de l'indice des prix à la consommation (sages durant le mois d'Octobre: +0,1%) signifiant que la reprise de l'économie américaine n'est pas encore au rendez-vous, un seul sens s'imposait pour le dollar: la baisse. Cela fut également d'ailleurs la leçon qu'ont tirée les marchés boursiers puisque l'indice Dow Jones américain a accusé la plus forte chute depuis Octobre 1989 et la cinquième plus forte de son histoire (-3,9%). Le détonateur du "Vendredi Noir" fut le projet - caressé par le Congrès américain de limiter à 14% le taux d'intérêt maximum que les banques outre atlantique pourront charger à leurs clients, utilisateurs de cartes de crédit. Ce projet fut interprété par les marchés comme annonciateur et surtout inducteur de difficultés supplémentaires pour les établissements de crédit américains, et donc pour le financement de l'économie américaine, déjà mis à mal par le "Crédit Crunch" (ou rationnement du crédit).

    - La Lire italienne fut la seule monnaie européenne à ne pas s'apprécier vis-à-vis du billet vert, si bien qu'elle a accompagné celui-ci dans sa décote par rapport au Dirham.

    Néanmoins, cette dépréciation ne fut pas de même ampleur (-0,13%) que celle du Dollar (plus d'un demi pour cent en une semaine -0,67%) contre la monnaie nationale. Les retombées de la détente des taux officiels italiens le 6 Novembre et la vigueur de la monnaie allemande ont contribué à corriger sensiblement (-0,32%) l'appréciation capitalisée par la lire contre l'ECU depuis le début de l'année (+0,32%).

    - Toujours en tête du système monétaire européen, la Pesete n'a encore une fois pas réagi à la baisse, certes technique et très limitée, de 12,6% à 12,5% du taux d'escompte espagnol. Comment aurait-il été autrement alors que cette devise supporte des niveaux de taux "assassins" - selon les qualificatifs utilisés par les marchés - mais générateurs de flux d'investissements étrangers? La marge de manoeuvre des autorités monétaires de Madrid à la baisse du coût de crédit est des plus limitées, face à une inflation (prix de détail) de 5,5% en glissement annuel (et de +0,6% en octobre 1991). La dépréciation subséquente du Dirham vis-à-vis de son homologue "d'outre-Méditerranée" (-0,16%, la troisième plus forte baisse après le Mark et le Franc français cette semaine) ne corrige toutefois pas entièrement les gains de notre monnaie nationale par rapport à ces devises, et ce, depuis le début de l'année (respectivement +0,34%, +1,5% et 271% contre le Franc).

    A cet égard, et dans la mesure où il est resté, de Vendredi à Vendredi, stable par rapport au Mark allemand (aux environs de FF 3,42; niveau cependant proche du plafond autorisé contre cette monnaie au sein du SME) le Franc français a quasiment suivi son voisin d'outre-Rhin dans son ascension contre les autres devises. Cette stabilité du Franc/Mark, érigée en "objectif de politique économique de première importance" par le gouvernement français fut, dans le contexte de turbulences monétaires de la semaine précédente obtenue au prix d'interventions répétées de la Banque de France sur les marchés des Changes. Il est probable que cela ne soit plus suffisant à l'avenir et que donc un relèvement des taux officiels français devienne le remède indispensable. Compte tenu de ces facteurs, il n'est pas surprenant donc que le Dirham se soit déprécié vis-à-vis de la monnaie française (0,20%) en même temps que contre Mark (-0,32%), de même qu'il s'était apprécié par rapport à ces deux monnaies la semaine du 4 au 8 Novembre 1991.

    A noter enfin que le Dirham est resté quasiment stable par rapport à la monnaie tunisienne (-0,01% contre Dinar), tandis qu'il enregistra la même évolution vis-à-vis du Rial saoudien que vis-à-vis de la devise dont ce dernier suit fidèlement le cheminement: le Dollar.

    B.B.T.

    NB: Pour l'observation de l'évolution du taux de change du Dirham et l'élaboration de cette chronique, nous avons retenu comme devises:

    - les 5 monnaies nationales européennes suivantes: Franc français, Deutschmark, Livre sterling, Pesete espagnole, Lire italienne,

    - l'Ecu, le Dollar américain et le Yen japonais,

    - et les deux devises arabes: le Rial saoudien et le Dinar tunisien.

    Les variations hebdomadaires sont calculées à partir des cours milieu de fourchettes, cotés par Bank Al-Maghrib.

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