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    Europe

    Choisi comme grappe de développement : Le textile affûte les armes de la compétitivité

    Par L'Economiste | Edition N°:242 Le 08/08/1996 | Partager


    Le secteur textile-habillement évolue désormais dans un contexte de libre-échange rendu plus difficile par la présence de plusieurs pays dynamiques et compétitifs. Il fallait donc au secteur une stratégie concertée incluant tous les acteurs concernés. Le textile-habillement a été retenu par le projet Maroc Compétitif comme grappe.

    Le projet "Maroc Compétitif" a été élaboré pour renforcer la compétitivité des industries marocaines. Il a permis de créer le concept de grappes industrielles qui permet d'appréhender le secteur économique en tant que système, incluant tous les opérateurs qui y sont liés. La grappe se différencie des stratégies de filière et de groupe industriel et financier qui avaient fait les beaux jours de l'économie industrielle du début des années quatre-vingt. La différence tient à la prise en compte, dans la stratégie des grappes, de tous les intervenants, y compris le secteur des services et l'Administration, précise M. El Garrab, président de la grappe textile et administrateur délégué de la société de confection Cleotex. De la sorte, les facteurs de blocage peuvent être repérés à tous les niveaux du processus de production.

    Grappes pour les secteurs moteurs


    Selon la définition officielle, "une grappe est constituée par l'ensemble des éléments qui contribuent à la compétitivité d'une industrie et participent à son adaptation aux nouveaux défis du marché". Une grappe est composée de toutes les entreprises et facteurs, à l'amont et à l'aval, qui sont les éléments critiques de la production de cette industrie: fournisseurs, infrastructure, système éducatif et marché.

    La méthodologie du projet consiste à rassembler, pour chaque grappe, 20 à 30 acteurs et intervenants. Ces acteurs peuvent être publics ou privés. Il s'agit de trouver un consensus sur un diagnostic, sur l'état de chaque grappe et sur les obstacles à surmonter.

    La grappe textile-habillement comprend quatre niveaux:
    - en "tête de grappe", la filature, le tissage, le finissage, la confection, la bonneterie, les textiles industriels et les accessoires;
    - le deuxième niveau est constitué par les fournisseurs de matières premières, de produits chimiques, de biens d'équipement, d'emballage et de conditionnement;
    - le troisième niveau regroupe les prestataires de services dont le commerce, le transport, le design et les services commerciaux;
    - enfin, à la base de la grappe se situe l'infrastructure économique. Elle comprend l'environnement institutionnel, les accords commerciaux et le cadre tarifaire, les infrastructures physiques, la formation et le financement.

    Des initiatives concrètes


    Les études sur la grappe textile ont repéré cinq principaux problèmes, souligne M. Nadir El Garrab. Ils ont trait au manque d'agressivité, à l'absence de services compétents, aux faiblesses de l'éducation et de l'encadrement du personnel, à la complexité des procédures administratives et au manque de souplesse du code de travail.

    Le groupe de grappe textile s'est réuni quatre fois et ses travaux ont débouché sur des propositions d'initiatives prioritaires, dont la mise en oeuvre est assurée par des promoteurs.

    De toutes les propositions, six initiatives ont été retenues:
    - Création d'un centre de service aux entreprises de textile-habillement qui fournit des prestations d'expertise-conseil, en mode, stylisme audit et diagnostic et mise en rapport avec des partenaires. Le centre vise à aider les entreprises à améliorer leur productivité et la qualité de leurs produits et à étoffer leur offre à un coût accessible.
    - Euro-Amith, qui est la représentation permanente du Maroc en Europe, est un centre d'accueil, d'assistance et de promotion pour les professionnels marocains et européens du textile-habillement. Il collecte et synthétise les informations et participe à la promotion du Vetma, le salon de l'industrie du vêtement créé par l'Amith.
    - Création d'un observatoire marocain du textile pour mettre à la disposition des opérateurs des informations ciblées et constamment réactualisées sur les marchés internationaux.
    - Etudier la faisabilité technique, juridique et fiscale des sociétés de commerce international. Une première étape est d'appuyer la révision des statuts des fournisseurs travaillant pour les sociétés de trading et la possibilité de faire bénéficier ces dernières du régime d'admission temporaire. L'objectif étant d'atteindre une taille critique pour opérer efficacement sur les marchés internationaux, à l'instar des sociétés de trading d'Asie du Sud-Est
    - Mise en place d'une instance de concertation public-privé. Elle permet de disposer d'un forum permanent de discussion entre les industriels et les pouvoirs publics sur les questions douanières, de législation sociale, de protection de la propriété industrielle. Un premier chantier a abordé les problèmes de logistique. Il visait la réduction des coûts et des délais.
    - Création d'un conseil de la formation aux métiers du textile et de l'habillement dont l'une des tâches prioritaires est d'identifier les besoins des entreprises et de favoriser la concertation entre professionnels et instituts de formation.

    Hakim ARIF

    (Voir 242V02.htm)



    La distribution du textile se concentre en France


    En France, la distribution des produits du textile-habillement revêt plusieurs formes, chacune correspondant à une période déterminée. Les magasins populaires et les grands magasins font partie de la première génération. Ce n'est que plus tard que sont nées les chaînes de la "grande distribution" que sont les hyper et supermarchés. Carrefour, premier supermarché, est apparu en 1963. Toutefois, ce circuit ne s'est véritablement développé qu'à partir des années 70. Cette période a vu naître aussi la vente par correspondance. La troisième génération est représentée par les chaînes spécialisées dont les chaînes succursalistes et franchisées ont commencé à s'étendre dès 1986, bouleversant l'appareil commercial.

    50% de la consommation textile transitait par ces trois circuits en 1985. En 1993, ceux-ci ont réalisé 64% des ventes, d'où une accélération de la concentration. Elle a augmenté de 2,8% en 1995. La répartition de la consommation par circuit a évolué de manière notable entre 1985 et 1994 à l'avantage de la distribution concentrée. Les hyper et supermarchés ont gagné 3 points, passant de 15,8 à 19,2% et la vente par correspondance a accaparé 13,7% du marché contre 11,7%. Mais ce sont les chaînes spécialisées qui se sont développées le plus, progressant de 11,7%. Leur part dans le commerce global est passée de 12,6 à 27,9% entre 1985 et 1994. En revanche, tous les autres circuits ont reculé. Les magasins indépendants ne représentaient plus que 27,9% de la distribution en 1994 contre 37,9% en 1985. La baisse a concerné également les ventes dans les marchés et les foires, dans les magasins populaires et les grands magasins.

    Selon le "Guide du Textile-Habillement" de 1995, cité dans le bulletin de l'Amith de février-mars 1996, entre 1985 et 1994, les chaînes spécialisées, les hyper et supermarchés et la vente par correspondance ont vu leurs chiffres d'affaires progresser de 134% pour les premières, 46% pour les deuxièmes et 43% pour la dernière. Par contre, les chiffres d'affaires des autres circuits de distribution ont tous connu des baisses allant de 10% pour les magasins populaires à 28% pour les grands magasins.

    La tendance vers la concentration de la distribution s'est accompagnée de nouvelles exigences, telles que la réactivité au marché, l'utilisation plus poussée de l'informatique et surtout par l'intérêt accordé à la séduction par les prix. Autant de variables qui entrent en ligne de compte dans la réflexion globale sur les perspectives du secteur textile-habillement marocain.

    H. A.


    Sous-encadrement, un ingénieur pour 1.500 ouvriers


    L'emploi dans l'industrie du textile-habillement est dominé à hauteur de 75% par l'habillement dont 55% des effectifs sont concentrés dans la confection chaîne et trame et 19% dans la bonneterie et maille. Le prêt à porter masculin représente 36% des emplois de l'habillement, suivi de la chemiserie-lingerie et la corseterie avec 13%, le vêtement féminin (10%) et les vêtements de sport (9%). Les vêtements de travail, les vêtements traditionnels et les accessoires représentent à eux trois 7% des emplois de l'habillement.

    Le textile de base emploie 25% des effectifs du secteur, répartis sur 490 entreprises. Les métiers de préparation de filature et de tissage de laine sont les premiers employeurs de ce secteur avec 9% de l'effectif total. L'activité cotonnière emploie 6%, le textile artificiel et synthétique 5%, l'ameublement et les textiles de maison 4% et les activités de finissage 1%.

    Malgré l'importance des effectifs, le taux d'encadrement dans le secteur demeure l'un des plus faibles. L'industrie textile compte un technicien pour 1.200 ouvriers et un ingénieur pour 1.500. Le Maroc compte quelque 250 ingénieurs du textile, tous formés à l'étranger. Plusieurs d'entre eux ont créé leur propre entreprise.

    La faiblesse de l'encadrement a incité les professionnels, par le biais de l'Amith, en collaboration avec l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion de l'Emploi (OFPPT) à mettre sur pied une formation du niveau d'ingénieur et de techniciens spécialisés. La création de l'Ecole Supérieure des Industries du Textile et de l'Habillement (ESITH), en collaboration avec l'Amith, sera opérationnelle à partir de septembre 1996. L'OFPPT continue néanmoins à assurer son rôle de formateur dans les niveaux d'ouvriers spécialisés et de techniciens. Les filières proposées sont aussi diversifiées que la couture, le stylisme et modélisme, la fonction méthode, la mécanique...

    Selon M. Abdellah Hasnaoui Amri, président de la commission formation et assistance technique de l'Amith, 15.000 ouvriers spécialisés et techniciens ont été formés depuis le lancement par l'OFPPT de ce genre de formation. Cet effectif est augmenté par les lauréats des écoles privées tels Collège LaSalle et Ermode.

    Dans la stratégie de la grappe textile, la formation revêt une importance particulière. C'est pourquoi l'initiative de création d'un conseil de la formation aux métiers du textile et de l'habillement a été retenue pour pallier le sous-encadrement du secteur.

    H.A.

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