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    Europe

    Chimie-parachimie: Les entraves à la compétitivité

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    Coûts d'approvisionnement et d'énergie, frais financiers... Ces facteurs expliquent selon les entreprises de la chimie et de la parachimie leur manque de compétitivité par rapport aux sociétés étrangères. C'est ce que révèle l'enquête "zone de libre-échange" qu'a menée récemment la Fédération de la Chimie et de la arachimie (FCP) en collaboration avec le MCIA.

    Les industriels du secteur de la chimie et de la parachimie estiment ne pas être compétitifs par rapport à leurs homologues étrangers. C'est ce qui ressort de l'enquête "zone de libre-échange" (ZLE) menée conjointement par le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat (MCIA) et la Fédération de la Chimie et de la Parachimie (FCP). L'enquête qui a ciblé un échantillon de 150 entreprises aux activités différentes (Cf encadré) a abordé, entre autres, les aspects prix, qualité des produits et l'accueil réservé par les industriels à l'instauration future de la ZLE.
    Sur les 71 entreprises ayant répondu, 63 estiment que leurs produits ne sont actuellement pas concurren-tiels, en terme de prix de revient, par rapport aux produits européens équivalents. Les industriels expliquent ce manque de compétitivité notamment par les coûts d'approvisionnement, les frais financiers, les droits d'importation ainsi que le coût de l'énergie, jugés élevés. Ils avancent également l'argument de la taille restreinte du marché. Les facteurs qui expliquent, selon les industriels, ce manque de compétitivité ne sont pas d'ordre économique uniquement. Les contraintes administratives figurent également parmi les données qui handicapent le secteur.

    S'agissant de l'aspect qualité des produits, les industriels ont répondu, en majorité, qu'elle n'a rien à envier à celle de l'Europe. En revanche, les entreprises qui estiment ne pas pouvoir égaler la qualité des produits européens l'expliquent principalement par le "manque de technologie" et un marché local trop restreint.
    L'enquête de la FCP a abordé dans un second volet la perception qu'ont les entreprises marocaines de la ZLE. Rappelons que l'instauration de la zone de libre-échange se traduira par un démantèlement douanier qui s'étalera sur la période allant du 1er janvier 1997 à l'an 2009 et portera sur tous les produits. Les articles qui ne sont pas fabriqués au Maroc se verront appliquer, dès 1997 et jusqu'en l'an 2000, un démantèlement propre de l'ordre de 25% l'an. Pour les produits fabriqués localement, le démantèlement douanier ne commencera réellement qu'à partir du premier janvier de l'an 2000 et se poursuivra à raison de 10% par an jusqu'à l'an 2009.
    La plupart des industriels estiment que cette échéance représente une aubaine, notamment à travers la possibilité de diversifier leurs activités et prospecter de nouveaux marchés. En revanche, ils jugent que des mesures d'accompagnement sont nécessaires pour pouvoir concurrencer les entreprises européennes.

    Relancer les investissements

    Ces mesures ont été identifiées par les professionnels du secteur.
    Parmi elles figurent la baisse du coût de l'énergie et des frais financiers. Une révision du coût de l'énergie devrait, d'après les entreprises interrogées, permettre de relancer les investissements dans le secteur. Lesquels investissements ont atteint en 1993 6,1% du total des investissements réalisés dans le secteur industriel. Les industriels de la chimie et de la parachimie estiment que les mesures d'accompagnement passent également par un effort des pouvoirs publics en matière d'investissements en infrastructures: routes, ports et zones industrielles. La question des terrains industriels semble prioritaire. "Les entreprises du secteur de la chimie-parachimie trouvent actuellement des difficultés pour acquérir des terrains en zone industrielle, réservés en priorité à des industries dites "propres", commente un professionnel.
    Parmi les autres mesures évoquées par les industriels figurent la diversification des marchés et l'investissement en formation. Cette dernière mesure peut surprendre, si l'on sait que la chimie-parachimie est un des premiers secteurs à avoir adopté les normes ISO qui supposent un effort en formation.
    "En fait, ce sont essentiellement les grosses structures et les multinationales qui ont concentré, les premières, leurs efforts dans ce domaine", rectifie M. Khalid Lahlou Mimi, président de la commission économie et libre-échange au sein de la FCP et un des auteurs de l'enquête. En revanche, affirme-t-il, dans les autres entreprises, et il s'agit de la majorité, un long chemin reste à parcourir.

    Etude d'évaluation

    L'enquête menée par la FCP s'est donné pour objectif d'essayer de cerner les attentes des industriels marocains vis-à-vis de la ZLE. Ce premier travail achevé, la seconde étape résidera dans des études plus approfondies destinées à l'évaluation des mesures d'accompagnement jugées nécessaires par les professionnels. Une telle étude avait pu être menée il y a quelques mois, sur financement de l'UE au niveau du secteur textile. Les mesures d'accompagnement avaient été évaluées à 45 millions de DH. La tâche ne sera pas aussi aisée au niveau de l'industrie de la chimie et de la parachimie. "Contrairement à d'autres secteurs, la chimie-parachimie est très hétérogène", ajoute M. Lahlou Mimi. Selon les estimations de la Fédération, ce secteur compte près de 390 établissements de tailles différentes et emploie 26.127 personnes, soit 5,9% des emplois du secteur industriel.

    Mohame BENABID


    Fiche technique de l'enquête

    L'enquête menée conjointement par la Fédération de la Chimie et de la Parachimie et le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat a ciblé un échantillon de 150 entreprises, multinationales incluses, aux activités diverses: peinture et colles, produits chimiques, allumettes, cosmétiques, pharmacie, plastique, caoutchouc, pneumatiques, engrais, verre, papier et carton, mousse de polyuréthane. Sur les 150 entreprises interrogées, seules 76 ont répondu, soit un taux de réponse de 50% alors que 71 réponses uniquement ont pu être analysées. Sur ces 71 entreprises, près de 33% destinent des parts de leurs activités à l'exportation. Ces sociétés sont pour la plupart implantées hors Casablanca. Mais la contribution de la part export au chiffre d'affaires de ces sociétés reste faible: pour 74% des entreprises concernées, la contribution de l'activité exportation au chiffre d'affaires n'est que de 20%.

    M. B.

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