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    Economie

    Chantiers de construction: Dangers publics

    Par L'Economiste | Edition N°:2419 Le 11/12/2006 | Partager

    . 80% des chantiers ne possèdent même pas de couverture pour la responsabilité civile. A peine 5% des chantiers du pays seraient considérés comme sécuritairesLes chantiers de construction du Maroc sont de véritables tombeaux ouverts. C’est le constat de tous les intervenants de la table ronde organisée par l’agence Archimedia et le cabinet d’assurance CEA Bennouna, vendredi matin à Casablanca. Promoteurs immobiliers, architectes, ingénieurs et assureurs étaient réunis pour discuter du problème crucial que pose la sécurité sur les chantiers de construction.A l’unanimité, les panélistes ont admis qu’il n’existait aucune mesure de sécurité dans au moins 95% des chantiers.«Les ouvriers ne portent pas de casque et travaillent parfois en sandales!», déplore Saïd Abouir, des assurances Sanad. «La main-d’oeuvre n’est pas qualifiée et certains ouvriers ne savent même pas se servir de leurs outils!», renchérit Jamal Bennouna, de la société Icotex. Chantiers mal ou non balisés, échafaudages grotesques, harnais qui pendent dans le vide: la liste des imprudences est longue. Et la cerise sur le gâteau, c’est qu’aucune législation n’oblige les entreprises immobilières à assurer leurs chantiers. Résultat: 80% des chantiers ne disposent d’aucune assurance, même pour ce qui est de la responsabilité civile. Il y a certes de quoi hurler au scandale, et il faut remédier à la situation sans perdre une minute de plus. Mais par où commencer? L’architecte Youssef Benjelloun Touimi apprécierait que le ministère du Travail recueille un portrait statistique de la situation. L’Etat devrait aussi, selon lui, rafraîchir sa législation à cet égard en créant un Code de la construction et, enfin, infliger des sanctions exemplaires aux récalcitrants.A plusieurs reprises, les membres de la table ronde ont évoqué l’urgence de former les ouvriers et de sensibiliser l’ensemble des entreprises qui évoluent dans ce secteur. «Car il y a aussi une question de culture», rappelle Jamal Bennouna. «Il est possible de changer les mentalités. La preuve est qu’on l’a fait pour le port de la ceinture de sécurité en voiture!», souligne-t-il.Les compagnies d’assurances pourraient, de leur côté, offrir des «rabais-sécurité» aux entreprises dont les chantiers répondent à des critères de sécurité.La CNSS pourrait également étendre son rôle en effectuant des rondes de vérification et en offrant des sessions de formation, un peu comme le font les organismes de sécurité sociale dans certains pays européens.Quoiqu’il en soit, tous se sont accordés à dire qu’avec la concurrence qu’entraîne le contexte actuel de mondialisation, le Maroc n’a plus le choix. Il doit remettre le secteur de la construction à niveau, et vite.


    Suggestions à l’issue de la table ronde

    - Rédiger un Code de la construction;- Créer un observatoire national;- S’inspirer des expériences à l’étranger;- Mener des campagnes de sensibilisation;- Responsabiliser tous les intervenants et sanctionner les récalcitrants.Marie-Hélène GIGUÈRE

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