Affaires

Casablanca: Une foire de l’artisanat sans visiteurs

Par L'Economiste | Edition N°:2173 Le 16/12/2005 | Partager

. Aucune médiatisation autour de l’événement Drôle de situation. Une foire de l’artisanat est organisée depuis plusieurs jours, au cœur du quartier Bourgogne, sans que personne en soit informé. Seuls les sons des tambourins, des fanfares et des crotales qui s’élèvent parfois au milieu de la journée laissent deviner «qu’il se passe quelque chose dans le coin». Et effectivement, il y a des stands et des artisans qui exposent des produits de toutes sortes. Mais, il n’y a pas un chat, pas l’ombre d’un visiteur. Et pour cause, aucune communication autour de l’événement. Pourtant, on avait cru –et les discours officiels n’ont cessé de le rabâcher– que le secteur de l’artisanat bénéficiait de la plus haute sollicitude. En allant aux nouvelles, on découvre que les promoteurs de l’artisanat ont organisé une exposition, histoire de soutenir les artisans marocains. Apparemment, l’objectif est raté si l’on en croit les témoignages des malheureux exposants. En passant sur le boulevard de Bordeaux à Casablanca, il est difficile de remarquer les tentes plantées dans le parking du complexe de l’artisanat pour accueillir le «moussem régional de l’artisan», une idée de la Maison de l’artisan, de la Délégation régionale et de la Chambre d’artisanat de Casablanca. «On n’a pas compris pourquoi les promoteurs du projet ont choisi ce lieu pour tenir le moussem», indique un artisan. De fait, l’espace est non couvert et n’est pas du tout adapté à la saison. Un exposant assure que ses produits ont été abîmés à cause de l’humidité. «C’est un véritable désastre», ajoute-t-il. Chose que contestent les organisateurs. Selon eux, les exposants étaient au fait des conditions de la foire. Et d’ajouter que «si le moussem disposait d’un plus grand budget, les choses auraient été différentes».Le constat est là. Depuis le 9 décembre, les exposants sont là, à espérer «d’hypothétiques» visiteurs. En tout cas, question affaires «c’est fichu», déplore un participant. Abdellah Cheffaj, président de la Chambre de l’artisanat de Casablanca explique, pour sa part, que «c’est une première expérience et qu’il faut se montrer indulgent». Il ajoute aussi que le but de l’initiative est de «redonner vie» au complexe. Un centre à l’agonie depuis plusieurs années. On ne peut pas dire que le coup est réussi. En l’absence d’une campagne de médiatisation, l’objectif est raté. Là , Cheffaj invoque encore une fois le manque de moyens pour assurer la médiatisation de l’opération. De la bonne fois, peut-être, mais de la mauvaise organisation certainement. En mars prochain, une exposition sera organisée comme chaque année à la foire internationale de Casablanca. A laquelle plusieurs artisans promettent de ne pas participer. Ichrak MOUBSIT

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