×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Bilan de 3 privatisables : Sucreries: Le contribuable paie le recul de l'activité

    Par L'Economiste | Edition N°:144 Le 08/09/1994 | Partager

    Les trois sucreries du Tadla dégagent des bénéfices malgré le recul de l'activité et la faible utilisation des capacités installées. La Caisse de Compensation et le contribuable en dernier ressort assurent une forte rentabilité à ces unités.

    SUNAT, SUBM et SUTA devraient être cédées au privé dans les semaines qui viennent. Le capital de ces sociétés est entièrement aux mains du Trésor sauf pour la SUBM. Dans le cadre de l'implication des agriculteurs, une ouverture du capital social de cette entreprise a été effectuée en 1974 à des conditions préférentielles ; 3,17% des parts sociales ont été acquises par les agriculteurs de la région. L'ouverture devait être plus importante et peut atteindre 66% du capital dans les mêmes conditions qu'en 1974.

    Un schéma régional

    Le Ministère de la Privatisation a opté pour un schéma de transfert s'inspirant des mêmes principes. Les trois sucreries ne sont pas perçues comme des unités indépendantes, mais plutôt comme un ensemble intégré. Les agriculteurs de la région et les professionnels des sucreries disposeront d'un "droit préférentiel".

    L'un des objectifs de la loi sur la privatisation est le développement régional. Les sucreries sont l'archétype de l'opération qui peut être "régionalisée". Les relations entre les sucreries et les producteurs sont très imbriquées. Le système de fixation des prix et de "préfinancement" des campagnes renforce une réalité économique ; les cultivateurs de betteraves sont totalement dépendants de la sucrerie la plus proche qui est leur unique débouché.

    Tous les indicateurs à la baisse

    Le schéma de transfert projeté par le département de la Privatisation vise donc à s'appuyer sur une réalité existante, pour créer une dynamique régionale. L'objectif dépasse la privatisation et déborde sur la politique sucrière. Les agriculteurs marquent une certaine défiance depuis quelques années. Les surfaces cultivées sont en baisse induisant une contraction de l'activité des sucreries. L'implication des agriculteurs dans le capital des entreprises permettrait de dépasser ce "blocage" en créant des rapports d'une autre nature.

    La baisse des rendements à l'hectare, les contraintes liées à l'exploitation agricole telles que la hausse du coût de la main-d'oeuvre et des relations conflictuelles avec les sucreries ont "démotivé" les agriculteurs. Une partie de ceux-ci se détourne de la betterave au profit d'autres spéculations.

    Pour les trois sucreries de la région du Tadla, l'impact est important. La SUNAT n'a réceptionné en 1992 que 323.000 tonnes contre 433.000 en 1991. Le taux d'utilisation du potentiel de traitement en est réduit à 66%. La SUBM a enregistré le même phénomène, une baisse importante du tonnage réceptionné limitant le taux d'utilisation des capacités installées aux alentours de 60%.

    La SUTA a souffert de ce phénomène doublement :

    - La transformation de la betterave en sucre blanc n'a porté en 1991 que sur 169.000 tonnes au lieu de 217.000 tonnes en 1991. La surface cultivée - dans son périmètre - a baissé de 4.580ha à 3.560ha dans la même période et la campagne n'a duré que 41 jours au lieu des 70 jours habituels.

    - Le raffinage du sucre brut livré par SUNAT et SUBM a souffert de la baisse de la production de ces deux dernières.

    Le taux d'activité global n'a donc atteint que 56,74% de la capacité installée.

    Des comptes équilibrés grâce aux contribuables

    Les chiffres d'affaires des 3 entreprises ont suivi la même courbe, si on se limite aux ventes du produit principal. Mais un tel raisonnement n'est pas pertinent : la Caisse de Compensation et les ventes de déchets, pulpes et mélasse sont trop importants pour être occultés. En outre, ces trois éléments sont intimement liés à l'activité.

    La pulpe est réglementairement réservée aux betteraviers et ce, à un prix inférieur à celui du marché. La mélasse est vendue aux industries locales de fabrication de levure ou exportée. L'évolution du chiffre d'affaires global est différenciée d'une sucrerie à l'autre.

    En 1993, SUTA et SUBM restent sur la pente descendante alors que SUNAT réalise une faible progression. Constat à nuancer : entre 1991 et 1992 le chiffre d'affaires de SUNAT avait baissé de plus de 20%.

    Mais la baisse de l'activité et le faible taux d'utilisation des capacités industrielles ne grèvent pas outre mesure la "rentabilité" de ces entreprises. Dame Caisse de Compensation veille au gain. Le système de fixation des prix intègre les charges des entreprises et leur assure une marge ; le niveau de l'activité n'a pas le même impact sur les comptes que pour les autres industries.

    Le contribuable permet donc l'équilibre des comptes et même de dégager des bénéfices substantiels atteignant parfois 30% des fonds propres.

    Le résultat d'exploitation négatif est "corrigé" au niveau du compte "pertes et profits". Le poste "profits exceptionnels sur exercices antérieurs" est très important. L'explication réside dans le fait que la fixation des prix se fait avec un décalage et que la comptabilisation se fait aux prix en vigueur. L'exercice suivant, une fois les nouveaux prix agréés, le différentiel sur le chiffre d'affaires réalisé est comptabilisé en pertes et profits. L'importance de ces différentiels (54 millions de DH pour SUTA en 1993) laisse supposer de fortes variations à la hausse annuellement.

    J.B.

    Sucreries du Tadla: Indicateurs comptables en millions de DH
    SUTA
    SUBM
    SUNAT
    1992
    1993
    1992
    1993
    1992
    1993
    Fonds propres
    Immobilisations nettes
    Valeurs d'exploitation
    Trésoreries
    Chiffres d'affaires global*
    Achat de marchandises
    Frais de personnel
    Autres charges
    Résultat d'exploitation
    Solde compte Pertes et profits
    Résultat net comptable
    72
    56
    186
    -116
    327
    258
    45
    75
    -25

    +19
    -4
    68
    63
    127
    -143
    309
    168
    43
    58
    -21

    +41
    +20
    64
    43
    20
    -48
    178
    129
    24
    54
    -3

    -0,8
    -3,8
    64
    43
    22
    -42
    172
    122
    24
    32
    -5

    +12
    +7
    79
    42
    33
    -12
    198
    142
    28
    27
    +1,5

    +0,8
    +2,3
    81
    38
    34
    -5
    201
    147
    29
    30
    -3,6

    +4,2
    +0,6

    * Chiffre d'affaires global = ventes + déchets + caisse de compensation + produits accessoires

    Source : Bilan des 3 entreprises

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc