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    Economie

    Bâtiment et Travaux publics : Le secteur s'enfonce dans la crise

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager

    Les professionnels du BTP sont unanimes: leur activité est sinistrée. Ils ne perdent pas pour autant espoir. Ils s'accrochent à une bouée de sauvetage, les grands travaux.

    Le secteur des BTP souffre. Son mal vient d'une reprise qui tarde à Voir le jour. Tous les compartiments de l'activité en pâtissent.
    "A l'annonce du programme des 200.000 logements, nous espérions voir une reprise fulgurante qui n'est pas encore venue", affirme M. Bouchaïb Benhamida, président de la Fédération Nationale du Bâtiment et des Travaux Publics (FNBTP). Sa réserve se trouve confirmée par l'état d'avancement de la première tranche de ce programme qui est à peine à 13.000 logements agréés. Il faudra attendre quelques semaines pour voir ce chiffre franchir la barre des 30.000 avec l'intégration imminente des 18.000 logements du programme de Sala El Jadida. Ce dernier bute encore sur l'obstacle de la régularisation du terrain qui devra être au nom de l'agence Sala El Jadida.
    En dehors des promoteurs publics (ERAC et CGI) qui déposent des dossiers d'agrément de programmes, l'immobilier dans le secteur privé reste très calme.
    M. Benhamida pense que dans le bâtiment privé il n'y a pas non plus le regain d'engouement des années 80. "Je n'ai pas vu de reprise", dit il. Il précise que ce secteur échappe totalement aux entreprises du secteur formel. La plupart des programmes sont réalisés par le secteur informel ou par l'autoconstruction.
    "Donc, même si nous n'avons pas une appréciation fine dans ce domaine, il n'y a pas eu de miracle et le stock d'invendus à Casablanca est estimé à 30.000 logements".

    Les bureaux d'études à l'arrêt

    Sur ce registre, un responsable du CIH explique la crise de l'immobilier par "l'offre qui ne répond pas à une demande en logement social ". Il donne en exemple le programme Attacharouk qui propose des appartements à un prix si raisonnable que la demande s'en trouve insatisfaite.
    Concernant le programme de Sidi Maârouf, la situation reste bloquée: les entreprises avancées dans les travaux tournent au ralenti, tandis que celles qui venaient de commencer ont suspendu leur activité. Elles sont invitées au siège de la FNBTP pour une réunion le 14 courant afin de faire le point sur les problèmes rencontrés.
    Pour les bureaux d'études, une crise sans précédent se fait sentir au point que certains d'entre eux ne parviennent pas à payer leurs salariés, reconnaît M. Moncef Ziani, secrétaire général de l'Association Marocaine du Conseil et de l'Ingénierie. Pour lui, le secteur des études enregistre une baisse dans les commandes tant au niveau du secteur public que privé. Si le volume de la commande a substantiellement baissé, les bureaux connaissent des problèmes au niveau des prix d'attribution et de la trésorerie. "Les études ne sont pas correctement payées, dit-il. Les donneurs d'ordre veulent économiser sur cette rubrique en privilégiant le moins-disant, principe inadapté aux études qui se base sur le mieux-disant. Car une étude mal faite engage des coûts à la réalisation."

    Des architectes au service des dessinateurs

    Les bureaux d'études fonctionnent avec le secteur privé pour le bâtiment mais leur client est l'Etat pour les projets d'infrastructures.
    Si les bureaux d'études ne parviennent pas à renouveler leur carnet de commandes au même rythme qu'auparavant et qu'ils commencent à puiser dans les stocks, ils affichent l'espoir de voir leur activité reprendre, espoir basé sur des indicateurs concrets, précise M. Ziani. Les plans de développement de certaines administrations, la poursuite des investissements en eau potable, le secteur routier sont autant d'indicateurs concrets. A côté, l'Administration devra "renflouer son portefeuille études dans une vision de planification". Cet espoir se trouve également nourri par la prise de conscience de départements ministériels à élargir les compétences des bureaux d'études pour atteindre le suivi de réalisation.
    Ce recul de la commande n'a pas épargné les architectes. M. Abdeslam Menjili, vice-président de l'Ordre National des Architectes, affirme que "la stagnation est réelle". Pour lui, "cette profession est sinistrée à tous les niveaux de leur pratique".
    M. Menjili ne cache pas sa crainte de voir à l'avenir les architectes se reconvertir dans d'autres métiers ou carrément émigrer. Il donne en exemple ceux qui, de plus en plus nombreux, signent des plans conçus par des dessinateurs. De même, il affirme que les architectes qui interviennent dans le cadre de la première tranche du programme des 200.000 logements n'ont toujours pas obtenu un contrat visé par le Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs. Le contrat-type, basé sur une circulaire de 1947, objet d'un différend entre les Ministères de l'Habitat et celui des Finances, est à l'origine de cette situation bloquée.

    Mohamed CHAOUI

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