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    Economie

    Bancarisation : Le tiers des ressources vient des RME

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    Les ressortissants marocains à l'étranger restent un marché intéressant pour les banques. Le problème est de savoir comment va se comporter la troisième génération.


    A la différence de "la première génération" des RME qui travaillaient dur pour rentrer vivre au pays, la "troisième" n'a pas le même objectif, indique Mme Maria Fassi Fihri, chef du département Etudes Economiques à la Banque Centrale Populaire. Si cette clientèle est intéressante pour les banques à l'heure actuelle, elle ne constitue pas un secteur porteur pour les années à venir. Cette population déjà hyperbancarisée est difficile à persuader d'ouvrir un nouveau compte.
    Elle est habituée à une qualité de service supérieure et est donc plus exigeante que la moyenne de la clientèle marocaine.
    Les ressources de cette clientèle ont représenté 31,35% des ressources globales du système bancaire au terme du premier semestre de cette année: les envois de fonds ont été de l'ordre de 6.955 millions de DH contre 6.736 millions en 1995, soit une progression de 3,2% par rapport à la même période de l'année précédente.
    Les apports de billets de banque ont enregistré une hausse de 85,4%, tandis que les mandats postaux ont régressé de 16,9%. Les virements bancaires, eux, demeurent stables avec 4.877,9 millions de DH contre 4.834,1 millions l'année dernière. Les RME détiennent la moitié des montants logés au niveau des comptes chèques. De plus, il est à souligner que les RME se sont beaucoup intéressés aux opérations de privatisation. La participation à ces opérations s'est faite par le biais de dépôts dont ils disposent dans les banques marocaines. Néanmoins, ils effectuent des transferts de façon permanente sur leurs comptes bancaires au Maroc.
    Ce poids économique et financier a un impact direct évident sur l'activité des banques. Les transferts opérés par les RME consistent en la réalisation d'opérations d'investissements ou de simple épargne. Les comportements et attentes de ces émigrés ne peuvent être assimilés à ceux des autres clients, est-il indiqué. Ils sont caractérisés par une limitation des contacts avec l'agence bancaire marocaine et par la volonté de se constituer un capital dans leur pays d'origine pour ceux qui envisagent un retour au Maroc. Ces derniers se font de plus en plus rares.

    Prédominance de Casablanca

    Au nombre de 15, les banques intéressent une grande partie de la population marocaine. En effet, les particuliers sont en phase de maturation et d'acquisition d'une culture financière.
    L'évolution des mentalités et des attentes des consommateurs à l'image des transformations que connaît la société s'est traduite par un accroissement du taux de bancarisation au Maroc qui est en moyenne de 20 à 25% avec une large proportion pour la ville de Casablanca. Au terme de l'année précédente, les dépôts à vue et à terme auprès des banques ont été de 135,2 milliards de DH, soit une augmentation de 8,1%. Les comptes chèques ont atteint un total de 25,1 milliards de DH à l'exclusion des RME. Pour ces derniers, les comptes chèques ont enregistré 18,8 milliards de DH.
    Toujours en 1995, les fonds propres des banques ont atteint 16,3 milliards de DH, soit une progression de 9,8%. Les réserves, elles, ont enregistré une augmentation de 13,8%, associée à un accroissement de 6% pour le capital. Quant aux provisions, elles ont été de l'ordre de 5,4 milliards avec un accroissement de 28,3%. Les dépôts à vue et à terme, eux, ont totalisé 135,2 milliards de DH (+8,1%). Les dépôts à vue, à l'exclusion des comptes sur carnets, se sont établis à 68 milliards. Pour leur part, les comptes et bons à échéance fixe, ainsi que les comptes sur carnets, ont atteint 67,1 milliards, soit une progression de 10,6%. Cette augmentation a été plus rapide que celle des dépôts non rémunérés.
    Autrefois, les particuliers étaient fidèles à leurs banques. Résultat: celles-ci se trouvaient dans une situation "confortable". Actuellement, les banques se livrent à "une concurrence de plus en plus vive" en vue de fidéliser leurs clients et d'élargir leur part de marché, affirme M. Jean-Michel Duverger, responsable de la clientèle des particuliers à la BMCI..
    La multibancarisation reste à l'heure actuelle un phénomène urbain et essentiellement limité à la clientèle haut de gamme. Elle est courante dans le milieu des professionnels mais peu répandue chez les particuliers, indique M. Duverger.
    L'accroissement de la banca-risation des particuliers reste tributaire des services proposés par les banques. Services qui doivent satisfaire les besoins des clients.

    Rafik IKRAM


    Les freins à la bancarisation

    La loi de 1993 donne le droit à toute personne d'ouvrir un compte bancaire. Mais si plusieurs banques refusent une demande, la personne concernée peut s'adresser à Bank Al-Maghrib qui lui en désignera une. Cette attitude des banques peut être justifiée: des personnes n'ont besoin de compte que pour retirer leurs salaires. Pour cette catégorie de clients, la banque a mis au point de nouvelles formules plus adaptées à leurs besoins, souligne M. Duverger.
    L'implantation bancaire reste sujette à la rentabilité. Le Crédit Populaire du Maroc dispose du plus grand réseau, à savoir 296 agences. Cette institution s'est fixé pour mission d'initier les particuliers au système bancaire, abstraction faite de leur statut social, souligne Mme Fassi Fihri, chef du Département Etudes Economiques.
    Deux phénomènes freinent la bancarisation de la population au Maroc: la faible utilisation des moyens de paiement scripturaux et l'importance du secteur rural. C'est ainsi que la Banque Centrale Populaire a inventé en 1965 la formule "camion guichet", destinée aux régions ne nécessitant pas l'implantation d'une agence.

    Le comportement du secteur rural reste peu enclin à la relation bancaire et privilégie plutôt la thésaurisation et les transactions en espèces. Ceci n'exclut pas l'émergence d'une classe d'agriculteurs fortement bancarisée et recourant notamment au crédit agricole. Le passage progressif au secteur secondaire, puis tertiaire, est censé élargir la base des personnes adhérant au marché bancaire.
    L'évolution de la population prévoit une réduction de la proportion des ruraux à 46% en l'an 2000 et 38% en 2020.
    Quant au second frein, c'est-à-dire la faible utilisation des moyens de paiement scripturaux, il est attribué à l'absence d'obligation légale d'effectuer des paiements à l'aide de monnaie scripturale, abstraction faite de leur montant ou de leur nature. La législation sur le chèque, donnant à ce moyen de paiement une valeur juridique plus importante, a rendu les transactions plus craintives de la part des utilisateurs.
    Des évolutions réglementaires concourent à l'utilisation de moyens de paiement autres que les espèces. Il s'agit notamment de l'impôt général sur les revenus et de l'obligation légale faite aux professionnels de régler par chèque toute transaction commerciale supérieure à 10.000DH. Cependant, aucun responsable banquier n'est à même de se prononcer de façon catégorique sur les répercussions de cette loi sur l'utilisation du chèque.

    R.I.

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