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    Economie

    Azoulay et Bonnecorse analysent les relations franco-marocaines: : "Complicité sans complexes"

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager

    L'ambassadeur Bonnecorse n'a pas pu y résister: "Dans les relations franco-marocaines, il y a avant et après JC, je veux dire Jacques Chirac". La lune de miel autorise aussi les critiques, ne serait-ce que pour profiter de la présence de Azoulay.

    La Chambre Française de Commerce et d'Industrie au Maroc a eu sa grande soirée d'avant les vacances en recevant ensemble le conseiller de SM le Roi, M. André Azoulay, et l'ambassadeur de France, M. Bonnecorse, pour parler devant quelque 80 hommes d'affaires marocains et français installés au Maroc des relations entre Paris et Rabat et, aussi, des relations entre les entreprises ou les hommes des deux pays.

    "Les entreprises et les personnes sont les bénéficiaires de l'exceptionnelle intensité des relations bilatérales", souligne l'ambassadeur. Mais ce que l'ambassadeur ne dit pas explicitement, c'est que la lune de miel n'est pas faite pour retrouver l'ancien système des protocoles taillés sur mesure pour telle ou telle entreprise française et ses sous-traitants locaux. Ce système, qui avait fait les beaux jours des années 70, est, semble-t-il, en voie d'extinction: la maturation économique du Maroc lui ouvre des possibilités de choix qu'il n'avait pas toujours auparavant.

    La vraie politique

    Donc, quand il parle de politique, M. Azoulay reste bien sur le terrain proprement politique: "il n'y a plus de nuage ni contentieux (...), la compréhension et la complicité s'affichent sans complexe".

    Les exemples qu'il cite ne sont pas du tout les grands contrats, mais au contraire les grands projets politiques: le soutien marocain à Barcelone I et le soutien français pour Barcelone II, que Rabat espère voir venir au Maroc. Il cite aussi le "partage des mêmes valeurs sur la façon de construire une société, sur la même stratégie" et, ajoute-t-il, "les mêmes alliances". La France est le bon partenaire, dit-il, pour aller plus vite dans la croissance: "La France a ouvert des perspectives, beaucoup de pays regardent ce que nous construisons ensemble". Référence à la dette et à son traitement (remise et conversion), avec le souhait que l'opération soit reproduite, élargie et accélérée.

    M. Bonnecorse compte que la dette envers la France (25 milliards de FF) représente 20% de la dette marocaine: "nous espérons que le traitement aura un effet d'entraînement".

    "Insécurité juridique"

    Chacun argue des excellentes relations pour se faire aussi quelques reproches. "Chaque semaine nous avons sous les yeux des cas (...) qui relèvent de l'insécurité juridique", indique M. Bonnecorse. "Une légende s'installe autour de la Méditerranée: il faut se méfier du juge marocain".

    L'ambassadeur sera très applaudi par les convives de la CFCIM qui organisait le jeudi 27 juin dernier cette rencontre de haut vol. M. Azoulay n'élude pas la question mais il tient à faire remarquer que "les grands choix politiques ont été bons depuis l'Indépendance ". Il exporte à "prendre un peu de distance avec le conjoncturel" et invite les hommes d'affaires français à se faire "les interprètes d'une vision à long terme auprès de leurs mandants". Le conseiller développe son analyse favorite: le Maroc est l'endroit où l'Islam, l'Afrique, l'Arabité... "perdent leur contenu de violence et d'exclusion". C'est un message qui porte auprès des partenaires étrangers, même si M. André Azoulay reconnaît qu'il faut aussi le développer à tous les échelons de la société marocaine. Si elle vit et tire profit de cette "manière d'être marocaine" (au sens de "Maroccan way of life"), elle ne sait pas toujours le dire avec la netteté qu'il faudrait.


    La marocanisation-surprise des entreprises françaises

    Le président de la Chambre, M. Armand Giaconia, indique qu'il y a près de 500 entreprises françaises installées au Maroc, sans compter celles qui n'ont qu'une faible participation au capital, ni celles qui sans participation au capital, travaillent avec les licences ou des débouchés français. Ces 500 entreprises emploient quelque 50.000 personnes, estime M. Giaconia.

    C'est de très loin la plus forte présence étrangère. Etrangère n'est pas le mot qui convient, puisqu'une partie de cette population d'entreprises est constituée de PME, implantée de très longue date. Il y a eu bien sûr la colonisation, puis la démarocanisation du début des années 90, qui ont installé et renforcé ces PME. Mais il y a aussi les années de marchés protégés, des années 60 jusqu'au début des années 90, où les protections justifiaient des investissements directs, même économiquement peu ou pas rentables, pour l'accès au marché. La libéralisation du commerce depuis le milieu des années 80 a donné des réflexes locaux à ces entreprises: se transformer au fur et à mesure de la libéralisation, quittes à apporter leur poids, comme leurs consurs marocaines, dans les débats de politique économique.

    Nadia SALAH.

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