×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Europe

    Avec les Grands Moulins Sarout : La minoterie entre dans la haute technologie

    Par L'Economiste | Edition N°:240 Le 25/07/1996 | Partager


    La minoterie est appelée à se restructurer pour être en phase avec le nouvel environnement économique. Les Grands Moulins Sarout viennent de s'installer avec un matériel sophistiqué. Un exemple pour un secteur dominé par la vieille technologie, mais qui réclame un gel des implantations pour se mettre à niveau.

    Ambiance inhabituelle jeudi 18 juillet sur la route d'El Jadida juste à la sortie du village de Lissasfa: flots de voitures, beaucoup de dirigeants d'entreprises, de cadres des secteurs public et privé. La raison de cette effervescence: M. Hassan Abouyoub, ministre de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole, était attendu pour inaugurer les Grands Moulins Sarout, une nouvelle minoterie industrielle spécialisée à la fois dans les blés tendre et dur. La Société Sarout, dotée d'un capital de 35 MDH et propriétaire de cette unité industrielle, n'a pas lésiné sur les moyens.

    Les locaux et le matériel "dernier cri" importé de Suisse tranchent nettement avec certains vieux moulins. Il est vrai qu'en raison de l'accord d'association avec l'Union Européenne conjugué à la libéralisation de la filière céréalière, le secteur de la minoterie ne doit plus être à la traîne. Certes les droits d'entrée actuellement mis en place bloquent dans une certaine mesure les possibilités d'importation de la farine par exemple. Pour autant, le secteur est condamné à se restructurer pour fournir des produits de qualité ou plier, dans un proche avenir, sous le poids de la concurrence, étrangère en particulier. M. Driss Ghazali, administrateur délégué de Sarout, est conscient que la bataille se fera désormais sur ce tableau.

    Investissement de 100 MDH


    Dernier venu dans le secteur, Sarout a en effet misé gros pour gagner de grosses parts de marché. L'investissement global est estimé à 100 MDH. Il est financé à hauteur de 50% par fonds propres.
    Le reste est apporté sous forme de prêts par la BNDE et Bank Al Amal. L'unité industrielle est implantée sur un terrain de 8.000 m2. Les locaux construits par la société Wafa Entreprise comprennent un immeuble de 6 étages réservé à la production, des silos de stockage d'une capacité de 75.000 quintaux et un bâtiment administratif. L'outil de production piloté avec assistance électronique est fourni par la société suisse Buhler et représente une valeur de 40 MDH. Quant au matériel électrique, il a été livré par le Français Schneider.

    Au total, les Grands Moulins Sarout sont en mesure de traiter quotidiennement 250 tonnes de blé tendre et 100 de blé dur. Mais selon les techniciens suisses qui ont supervisé l'installation, cette capacité est extensible jusqu'à 4.000 q/jour.

    Pour l'instant, les 100 employés, dont 10 techniciens étrangers (italiens et français), sont en train de parfaire les derniers détails avant le démarrage prévu pour début août. "Les essais à vide et à plein se sont montrés concluants", précise M. Ghazali. Les Grands Moulins Sarout produiront plusieurs variétés de farines vendues sous la marque Sania. Ils vont se positionner aussi bien sur les produits ordinaires que sur la farine de luxe.

    Il est à souligner que le projet avait été initié avant la libéralisation de la filière céréalière. Sarout avait alors obtenu une autorisation pour installer sa minoterie. Dès la sortie de l'arrêté fixant les conditions d'installation, les promoteurs ne seront plus tenus que de déposer une déclaration d'existence écrite auprès de l'ONICL (Office National Interprofessionnel des Céréales et Légumineuses), contre récépissé pour pouvoir exercer, créer ou augmenter leur capacité de production. Dans le principe, l'Office se chargera "d'enregistrer les demandes" , souligne un professionnel. "Il ne devrait donc pas y avoir de contraintes autres que sur le plan du matériel, dans l'objectif de favoriser les équipements neufs", est-il souligné.

    Cette libéralisation des nouvelles implantations et des extensions fait l'objet d'une vive contestation par l'APM (Association Professionnelle de la Minoterie) qui réunit les moulins de blé tendre. Avec études à l'appui, elle avait tiré la sonnette d'alarme précisant que le secteur souffre d'une importante surcapacité: entre 60 et 70% à Fès et 350% à Meknès, notamment. La capacité installée est actuellement d'environ 40 millions de quintaux de blé tendre pour près de 90 minoteries industrielles. Avec la disparition de l'interventionnisme qui était caractérisé notamment par la délimitation de zones d'exclusivité pour les moulins et la désignation des commerçants bénéficiaires des quotas, certains moulins vont souffrir ou même fermer. M. Abouyoub ne veut plus entendre parler du gel des implantations et des extensions réclamés par le CPM (Comité Professionnel de la Minoterie). Il a, à plusieurs reprises, estimé qu'une telle décision serait à l'encontre de l'esprit de la libre entreprise.

    Restructuration


    En venant inaugurer les Grands Moulins Sarout, le ministre confirme sa vision quant à l'avenir du secteur de la minoterie. Un avenir qui se fera dans la concurrence, avec un matériel de haute technologie, un personnel qualifié et plus d'innovations. De l'avis de M. Ghali Sebti, président du CPM, "la concurrence est bien acceptée". Cependant, insiste-t-il, "il faut donner du temps aux minoteries pour se mettre à niveau". Il précise que le secteur "ne demande pas d'argent" mais un gel des implantations pendant 5 ans au moins, avec une "obligation de résultats". Il y aura, prévoit-il, "des fusions ou des absorptions et le remplacement du matériel vétuste".

    L'Association avait pour sa part déjà commencé à montrer l'exemple. Sous la présidence de M. Sebti, une profonde réforme du mode de gestion a été entreprise. Aujourd'hui, c'est encore l'une des rares organisations professionnelles, avant la "nouvelle CGEM", à engager des discussions avec l'Administration, études et propositions déjà ficelées. Elle a par ailleurs tissé un solide réseau relationnel à l'étranger en intégrant l'AIM, Association Internationale de la Meunerie. Côté formation, l'IFIM (Institut de Formation en Industrie Meunière), lancé sous la présidence de M. Laraki grâce à un financement partiel de l'Us Wheat, a été achevé en 1994 et vient de sortir ses premiers lauréats.

    Dans un autre registre, certaines minoteries ont tenté de se repositionner. Tria (blé dur) avait modernisé son moulin situé à Aïn-Sebaâ. Les Moulins Idrissia de Fès se sont démarqués avec la farine de luxe Gato. Ils ont été suivis sur ce créneau par les Moulins du Maghreb avec la marque Ifoulky. Avec leur technologie de pointe, les Grands Moulins Sarout devraient davantage susciter la concurrence.

    Alié Dior NDOUR

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc