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    Economie

    Attention, nos idées sont en retard!

    Par L'Economiste | Edition N°:297 Le 25/09/1997 | Partager

    C'était à Washington l'année dernière. L'AG du FMI et de la Banque Mondiale avait posé le problème de la corruption. Cette année à Hong-Kong, l'assemblée développe le thème pour en faire un critère.


    C'est un changement aussi important que l'avait été l'intro-duction des critères sociaux, à la fin des années 80-début 90.
    Avant, les deux institutions financières multilatérales consi-déraient que la répartition des revenus, la pauvreté... dans un pays donné n'était pas de leur ressort. Il était de celui de la souveraineté des Etats. FMI, surtout, et Banque Mondiale, dans une moindre mesure, se contentaient d'observer les comportements des ratios financiers face aux taux de croissance. Et même l'arrivée de ces taux de croissance en regard des ratios de déficit du Trésor/PIB était un progrès par rapport aux critères précédents. Jusqu'au milieu des années 80, en effet, seul le déficit/PIB avait une réelle importance.
    On doit à l'histoire monétaire et peut-être à l'Histoire tout court de rappeler que l'introduction de critères de croissance a été obtenue en grande partie grâce à la détermination du Maroc. Le Royaume, qui lui-même se trouvait dans de graves difficultés finan-cières, a plus qu'insisté pour que le redressement marche de pair avec un minimum de croissance.
    Le Maroc était en pointe à ce moment. Il ne l'était plus lorsque les membres du FMI et la Banque Mondiale ont décidé que la santé financière et le développement d'un pays n'avaient pas d'objet si le sort des gens, des petites gens, ne s'améliorait pas radicalement. Le Maroc considérait encore que ces sujets étaient à la limite du tabou. Il commence à les améliorer, mais il faut admettre que nous avons pris un retard certain par rapport à la marche du monde.

    Pourtant ces assemblées ne sont pas une réunion de dangereux ou d'irresponsables extrémistes. Ce sont les Etats qui sont représentés, pas quelques ONG activistes parce que petites et donc portées sur la publicité médiatique. Le Maroc se met en ce moment au diapason des exigences de base, mais telles qu'elles ont été formulées il y a déjà 5 à 7 ans.
    Pendant ce temps, l'interna-tionalisation des idées a continué son chemin. C'est la deuxième année consécutive que la transparence et la lutte contre la corruption s'inscrivent en toutes lettres dans l'ordre du jour. Washington, l'année dernière, n'était donc pas un accident sans lendemain sur lequel on pouvait fermer les yeux. C'est d'autant moins un accident que le deuxième des trois sujets à l'ordre du jour de Hong-Kong est la gouvernance (Cf page 59). La complémentarité entre la transparence et la gouvernance est évidente: L'art et la manière de prendre de bonnes décisions économiques, sociales et politiques sont grandement facilités par la transparence des institutions.
    Mais il serait une erreur de croire que, face à cette exigence mondiale, on pourra se contenter d'avancer l'existence des institutions (Parlement, tribunaux....), comme on le fait actuellement au Maroc.

    Il faudra même faire un effort supplémentaire, car ce ne sera pas suffisant. Les exigences interna-tionales sont largement influencées par les contrôles que les opinions publiques exercent sur leur gouvernement respectif. Ce sont ces exigences qui ressortent des travaux des assemblées générales d'organismes pourtant voués aux questions financières: La globa-lisation n'est pas seulement géographique. L'évolution du FMI et de la Banque Mondiale montre que les frontières s'effacent aussi entre des domaines aussi différents que les finances internationales et le contrôle démocratique. De la même manière et dans le même mouvement les frontières de la souveraineté nationale s'estompent.
    A l'argument d'institutions nationales qui fonctionnent, il faudra aussi apporter des preuves de transparence, telles que les citoyens peuvent la juger et la palper dans leur vie de tous les jours.
    Rapidement, il sera insuffisant de renvoyer ceux qui se plaignent de l'opacité ou de la corruption vers des textes de droit, si difficiles à faire jouer, alors que l'Etat lui-même sanctionne mal ses serviteurs indélicats. Aujourd'hui, nous courons le risque du ridicule à maintenir Transparency d'exis-tence-non-existante. Demain ce sera peut-être le risque d'un bannis-sement qui ne dira ni son nom, ni sa durée, si le Maroc ne fait pas l'effort de se mettre à niveau.

    Nadia SALAH


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