×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Assurance automobile : Ça chauffe pour les courtiers

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    L'approvisionnement des intermédiaires en attestations automobiles se fait difficilement. Les compagnies d'assurances se méfient toujours de la branche. Des dissensions constatées à l'occasion du dispatching du portefeuille de la CAT le confirment. Les courtiers sont les premiers à en faire les frais.


    Les intermédiaires étaient confrontés depuis quelques mois à plus de pressions en matière de recouvrement des primes. Les compagnies d'assurances expliquent le phénomène par l'échéance des mesures prudentielles (la marge de solvabilité notamment).
    Aujourd'hui, les agents et courtiers font face à un problème d'approvisionnement en attestations d'assurance automobile.
    La situation s'est aggravée ces dernières semaines. En dépit des mesures prises par l'administration de tutelle consistant notamment en la création d'un «bureau national» que les compagnies doivent alimenter, les intermédiaires avouent n'obtenir ces documents qu'au compte-goutte. Fournir à l'automobiliste ou vélomotoriste une assurance relève actuellement pour eux du parcours du combattant, étant donné la rareté des documents.

    Premiers concernés: les 158 intermédiaires, agents et courtiers des cinq compagnies en liquidation qui avaient été transférés provisoirement à la CAT.
    Sur insistance du Ministère des Finances et des Investissements extérieurs, les compagnies d'assurances avaient finalement accepté de les récupérer (Cf L'Economiste du 17 octobre). Le problème de l'approvisionnement se pose en particulier pour des courtiers qui traînent parfois auprès de la CAT de grosses ardoises. Un cas extrême atteint 40 millions de DH. Avant de rejoindre les compagnies auxquelles ils sont été affectés, ces courtiers doivent donc au préalable apurer leurs comptes.

    Réadaptation


    Habitué à placer surtout de l'automobile, l'ex-réseau des cinq sociétés en liquidation (Arabia, CADA, Remar, Victoire, Renaissance) doit aussi, selon M. Abdelfettah Alami, directeur de la Fédération, tenir compte des contraintes des compagnies qui l'accueillent, et diversifier leurs portefeuilles. «Une période transitoire qui demandera une réadaptation de ces intermédiaires vis-à-vis de leurs compagnies respectives sera nécessaire», reconnaît-il.
    Pour My Hafid Alami, président de la FNACAM, la question des courtiers ne saurait être dissociée de celle des agents. «Le chiffre d'affaires que réalise l'intermédiaire atterrit de toutes les manières chez la compagnie, qu'il s'agisse de courtier ou d'agent».
    En fait, le déficit des courtiers vis-à-vis de la CAT n'explique pas à lui seul les problèmes d'approvisionnement.
    Les compagnies d'assurances cultivent toujours leurs méfiance à l'encontre de la branche automobile. Le phénomène a de nouveau été confirmé à l'occasion du dispatching du portefeuille de la CAT.

    L'opération a permis de relever des dissensions au sein de la FMSAR. Pour déterminer les parts du portefeuille de la CAT qui devaient revenir à chaque compagnie, la solution retenue était celle de la «grille de répartition». Elle repose sur le principe de solidarité entre assureurs: plus une compagnie détient de l'assurance automobile dans son portefeuille, plus la part qui lui revient sera faible. Le premier projet de grille de répartition avait été établi en juillet 1996. Pour les compagnies d'assurances, il n'était alors question de prendre que la moitié du portefeuille de la CAT. A la suite de la réunion CCAP (Comité Consultatif des Assurances Privées)/Ministère des Finances du mois d'octobre dernier, il a été décidé d'établir une seconde grille de répartition. Cette fois-ci elle prenait en compte tout le portefeuille.
    Considérant que les parts d'assurance automobile qui leur revenaient étaient trop importantes, trois compagnies n'ont pas accepté les résultats de la grille. Il s'agit de la CAA, la GGM et Al Wataniya.
    En principe, ces refus auraient dû annuler, comme le prévoient les statuts de la FMSAR, le verdict de la grille de répartition, le résultat n'ayant pas eu l'unanimité de toutes les compagnies. Cela n'a pas été le cas.

    Les trois compagnies ont finalement accepté les parts qui leur ont été affectées. Selon la DAPS, un engagement par écrit a été signé par deux de ces compagnies dans ce sens. Al Wataniya est la dernière compagnie à avoir levé ses réserves. C'était mardi dernier au cours d'une réunion tenue à la FMSAR. Sa part représentait, à l'issue de la seconde grille de répartition, 150 millions de DH, soit 15% du portefeuille de la CAT. Après protestation, cette part a été ramenée à 130 millions. Il était hors de question, selon M. Abdeljalil Chraïbi, président-directeur général de cette compagnie, d'accepter les 150 millions. «Accepter une telle somme aurait représenté pour nous 50 millions de pertes, soit notre résultat d'exploitation». Car le rapport sinistres/primes de la CAT est de 133%.
    Le dispatching réglé, reste le sort des assurés.
    Pour eux le problème ne se pose pas encore. Les attestations de la CAT continuent toujours de circuler sur le marché. La disponibilité de ces documents chez les intermédiaires, et par là pour les assurés, ne sera réellement éprouvée qu'à partir du premier janvier lorsque cette CAT aura cessé officiellement d'émettre des polices d'assurance automobile.
    Pour Mlle Zoulikha Nasri, directeur de la DAPS, toutes les mesures seront prises pour permettre aux gens de s'assurer. «Pour ce qui est de la souscription automobile, l'Administra-tion est prête à aller jusqu'au bout».

    Mohamed BENABID.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc