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    Après une première exposition : Les Indiens promettent de revenir

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager


    Les Indiens, à la recherche de nouveaux débouchés, se tournent vers le marché marocain. Ils veulent rééquilibrer une balance commerciale déficitaire en faveur du Maroc.

    "L'inexistence de lignes directes maritimes et aériennes et les résistances marocaines à un réel partenariat" figurent parmi les difficultés qui se posent aux industriels indiens pour le développement de leurs échanges avec le Maroc. Le Dr R.K. Dhawan, directeur général de la Fédération des organisations exportatrices indiennes (FIEO), est persuadé que l'Inde peut être un vrai partenaire commercial du Maroc.
    Il estime que le gouvernement indien, en organisant cette première exposition de produits exclusivement indiens du 24 au 28 avril à la Foire Internationale de Casablanca, a fait "preuve de sa bonne volonté de développer les relations économiques. La balle est dans le camp du gouvernement marocain".
    En effet, l'Inde, quatrième client du Maroc, juste derrière le Japon, vient au 47ème rang de ses fournisseurs. En valeur, le déficit est également notoire. L'Inde, qui achète à hauteur de 2 milliards de DH du Maroc, soit 6,4% des exportations totales marocaines, ne lui vend que 146 millions de DH. Cependant, les exportation marocaines sont concentrées sur un ou deux grands produits. Il s'agit principalement des phosphatiers et dérivés.

    Diversification des débouchés

    Les Indiens, dans leur recherche de nouveaux débouchés, s'intéressent au marché marocain. "Le Maroc est un pays qui a une position privilégiée. Il nous permettra d'établir notre présence dans les pays du Maghreb. Il est également à 15 km de l'Europe. Mais c'est aussi un pays stable politiquement et économiquement et dispose d'une excellente infrastructure", affirme M. Dhawan. La FIEO est même à la recherche d'un correspondant, qui fera office d'antenne de l'organisation.
    M. W.J.J. Haamke, un manager à l'agence européenne de la FIEO, explique qu'"un partenariat entre Indiens et Marocains, notamment de sous-traitance, principalement en matière de textile, peut largement bénéficier aux Indiens dont les exportations en Europe sont soumises au système des quotas". Les experts de cette agence, qui soutiennent les exportateurs indiens dans leurs relations commerciales avec les pays européens ainsi que la collecte d'informations sur ces marchés, se sont déplacés pour assister les exportateurs indiens dans leur première exposition au Maroc.
    D'un autre côté, "avec la libéralisation des échanges, les entreprises marocaines peuvent facilement entrer sur le marché indien", souligne M. Dhawan, qui soutient que l'Inde est un pays développé qui "importe à hauteur de 10 billions de Dollars" (1 Dollar US= 8,80 DH).
    En fait, l'Inde est classée dans le rapport de la Banque Mondiale de 94 parmi les économies à faible revenu. Elle affiche un PNB par habitant de 310 Dollars. Il faut rappeler que le seuil retenu par la Banque Mondiale pour qualifier un pays d'économie à faible revenu est de 675 Dollars. L'Inde n'en est pas à la moitié. Son PIB est de 214.598 millions de Dollars.
    Le marché indien est intéressant surtout par sa taille. En effet, la population est estimée à 883,6 millions d'habitants en 1992 pour une superficie de 3,288 millions de km2. Le partenariat sollicité actuellement par les Indiens "peut dynamiser les relations dans les deux sens".

    Un taux de retour positif

    La centaine d'exportateurs et les 71 entreprises ayant participé à l'exposition indienne "ont déjà pris rendez-vous pour retourner au Maroc".
    L'exposition, très peu médiatisée, a été faiblement fréquentée les premiers jours. Les exposants, appartenant à divers secteurs d'activités qui se sont montrés déçus au début, ont déclaré ensuite avoir réalisé de bonnes affaires. Mme Ranjana Teckchandani, fondatrice de Rankids, une entreprise de produits alimentaires et textiles, avait qualifié l'exposition au Maroc de mauvaise expérience, mais est revenue au cours de l'année pour des contacts plus poussés.
    La FIEO a même déclaré dans un récent communiqué que "les exportateurs indiens sont très satisfaits, car ils ont conclu plusieurs contrats avec les hommes d'affaires marocains".
    Ils ajoutent qu'un exportateur indien a conclu un contrat d'un million de Dollars pour l'exportation de trois millions de stylos à bille au Maroc.
    En fait, les produits indiens ne sont pas totalement absents du marché marocain. A titre d'exemple, une société, Dabur, spécialisée dans les produits pharmaceutiques et cosmétiques, est déjà représentée au Maroc. Elle est d'ailleurs à la recherche d'un partenaire concernant les produits pharmaceutiques. Pour les articles électroniques et les logiciels, pour lesquels les Indiens se déclarent très compétitifs, ils n'ont pas beaucoup intéressé les entreprises marocaines qui "restent très portées sur le marché européen", explique M. D.P. Guta, d'Electronics and Computer Software, ESC, une entreprise indienne d'électronique.

    Malika EL JOUHARI

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