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    Economie

    Agrumes: Berkane vend moins bien à l'étranger

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    Les 18 stations de conditionnement des clémentines que compte Berkane ont exporté 55.193 tonnes au 16 décembre. Plusieurs unités ont baissé rideau dans l'espoir de le remonter au cours de la deuxième semaine de janvier.


    Les clémentines ne font plus recette sur les marchés d'Europe. Les commandes se font de plus en plus rares. Des stations de conditionnement à Berkane sentent le vent tourner et ont préféré baisser leur rideaux en attendant des jours meilleurs. Le personnel est mis au «chômage technique». Pour conserver leurs produits, les stations d'emballage ont recours aux chambres frigorifiques. Les unités qui n'en sont pas équipées devront subir des pertes.
    Cette bouderie des marchés européens s'explique par les fêtes de fin d'année. Pendant cette période, les marchés traditionnels tournent le dos aux fruits pour se lancer corps et âme dans d'autres dépenses (chocolat, confiseries et autres gourmandises). Pour M. Aboubakr Esseddiq Gueddari, directeur de l'Office Régional de Mise en Valeur Agricole de la Moulouya (ORMVAM), le marché à l'export devra reprendre son rythme normal entre les 5 et 10 janvier. Le volume exporté a atteint 55.193 tonnes au 16 décembre contre 49.500 tonnes au cours de la même période de l'année dernière, dépassant ainsi la moyenne située autour des 45.000 tonnes.

    Selon les statistiques fournies par l'Office, l'exportation des agrumes a enregistré une progression constante au cours de ces trois dernières années, passant ainsi de 55.000 à 65.000 tonnes pour atteindre le pic des 80.000 pendant la campagne de 1996-1997. L'année écoulée aura été donc exceptionnelle sur les plans commercial et climatique. Selon la même source, la production totale de la campagne 1997-98 est estimée à 200.000 tonnes contre 185.000 l'année dernière, soit une augmentation de 8%. Dans ce volume, la plus grosse part revient aux clémentines sans pépins qui ont totalisé 115.000 tonnes. Les navels ont à peine atteint les 75.000 tonnes. La vente sur pied des clémentines a tourné autour de 50.000 et 80.000 DH l'ha, avec des ventes à des prix records atteignant la barre des 100.000 DH/ha. Quant aux prix offerts sur le marché local, ils varient entre 1,50 et 3 DH/kg pour les clémentines avec feuilles et entre 0,30 et 0,80 DH/kg pour les écarts de triage.

    Préférence pour les femmes


    Le secteur agrumicole est déterminant dans cette région de l'Oriental. En effet, les agrumes sont la principale culture pratiquée dans le périmètre irrigué de la Moulouya et occupent une superficie évaluée à 12.430 ha, représentant ainsi 60% des plantations fruitières et 20% de la superficie totale cultivée en périmètre de grande hydraulique. Sur le plan économique et social, ce secteur est perçu comme un poumon de la région puisqu'il procure pas moins de 2 millions de journées de travail, selon l'ORMVAM. Ce travail saisonnier attire en effet des milliers d'ouvriers venant d'autres régions comme Taza, le Gharb, Rhamna notamment. Les stations de conditionnement affichent une préférence pour l'emploi des femmes. Il est à signaler que le secteur des agrumes génère un revenu brut annuel évalué à 400 millions de DH, soit 25% du revenu brut global de la production végétale.
    Cela ne peut occulter cependant l'inquiétude des opérateurs qui ont vu leur revenu sensiblement chuter. Il est difficile d'avancer des chiffres, mais ce qui est sûr c'est que le pourcentage des écarts de triage a augmenté, passant de 20 à plus de 40%.

    L'explication invoquée est liée aux pluies du début de décembre qui ont eu un effet sur les clémentines (gaufrage, water spot). Un malheur ne vient jamais seul: les petits calibres (6) ayant naguère rempli les étalages des marchés des pays de l'Est qui ne sont plus appréciés. La demande de ces pays s'est réorientée vers de gros calibres. En outre, les prix des écarts de triage sur le marché local ont dégringolé par rapport à l'année passée où la récolte n'était pas bonne partout. Ce sont souvent les spéculateurs qui ont encaissé le coup: ils avaient acheté les clémentines sur pied et retardé la cueillette pour mieux vendre, note un observateur.

    Mohamed CHAOUI.

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