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    Economie

    Agriculture : La production en deçà des besoins

    Par L'Economiste | Edition N°:240 Le 25/07/1996 | Partager


    Les recettes des productions forestières varient entre 350 et 400 millions de DH. Le bois de feu couvre les besoins alors que pour les bois d'oeuvre et d'industrie le recours à l'importation reste une nécessité. La province de Kénitra occupe la première place dans la production et la vente de bois.


    Par les fréquentes canicules, le feu représente une réelle menace pour les forêts. Les ravages sont réguliers. Durant la période allant de 1960 à 1995, la moyenne annuelle des surfaces ravagées par le feu est de 2.700 ha. Ce chiffre a presque triplé l'année dernière passant à 6.824 ha dont 5 824 dans la région du Rif. La gravité des incendies de forêt varie en fonction des régions et du type de végétation. La région Nord-Ouest est la plus touchée. Elle perd environ 1.185 ha par an, soit 43% de la superficie globale incendiée au niveau national. L'Oriental vient en deuxième position avec 500 ha, soit 18% du total.

    L'Administration des Eaux et Forêts a mis en place des équipements de prévention et d'alerte pour combattre le feu: 14.250 km de pistes forestières, 1.704 km de tranchées pare-feu, 118 postes-vigies et 500 radios émetteurs-récepteurs. L'Administration des Eaux et Forêts estime que ces moyens sont insuffisants au regard des normes de gestion rationnelle.

    Ces hectares ravagés régulièrement représentent toutefois une part minime de la superficie de la forêt évaluée à 9 millions d'ha. La forêt domaniale constitue la part la plus importante puisque le secteur privé détient moins de 1% de la superficie.

    L'espèce la plus répandue est le chêne vert avec 23,4 % de la superficie, suivi par l'acacia saharien (19,4%,), le matorral (16,5% ), et l'arganier (14,3%). Le reste des espèces se répartit ainsi: 10,3% pour le thuya, 6,1% pour le chêne-liège, 4,1% pour le genévrier, 2,3% pour le cèdre.

    30% des besoins énergétiques


    Le volume des principales productions en bois d'oeuvre et d'industrie est de 600.000 mètres cubes par an, soit une couverture de l'ordre de 30% des besoins. Pour le liège, la production annuelle atteint 15.000 tonnes dont 95% sont destinées à l'exportation. Quant au bois de feu, la forêt fournit 10,5 millions de mètres cubes, soit environ 30% du bilan énergétique national. Un document de l'Administration des Eaux et Forêts fait état d'un volume de 1,5 milliard d'unités fourragères par an, soit 17% des besoins du cheptel. Les recettes provenant des productions commercialisées varient entre 350 et 400 millions de DH.

    Cette production forestière mobilise 400 entreprises d'exploitation de bois de feu et d'industrie, 125 entreprises de reboisement (20.000 à 30.000 ha par an), 49 exploitants scieurs et 40 coopératives.
    Le parc industriel comprend 49 scieries d'une capacité de 300.000 mètres cubes par an, 10 unités de transformation de liège, 4 unités de panneaux de contreplaqués et d'emballage d'une capacité de 80.000 mètres cubes de bois. A ce potentiel s'ajoute une unité de fabrication de pâte à papier d'environ 120.000 tonnes par an dont plus de 80% de la production est destinée à l'exportation.

    Les exportations marocaines en bois, liège et pâte à papier ont totalisé 144.806 tonnes en 1994 contre 96.326 une année auparavant, soit une hausse de 50,3%. Ces exportations ont généré 873,4 millions de DH contre 556,9 millions en 1993.

    64% des importations en bois sciés


    Quant aux importations de bois, de liège et de pâte à papier pour 1994, leur volume a atteint 737.253 tonnes dont la plus grande partie est constituée de bois d'oeuvre (485.684 tonnes), de bois d'industrie et de service (211.335 tonnes). En 1993, l'importation avait totalisé 613.696 tonnes. La plus grande part de ces importations par catégorie d'utilisation va aux bois sciés avec 64%, suivis du bois rond industriel avec 30%. Les panneaux, les placages et les contreplaqués se partagent les 6% restants.
    Le montant déboursé en 1994 pour ces importations s'est élevé à plus de 2 milliards de DH, contre 1,7 milliard l'année précédente.

    Les volumes de bois d'oeuvre vendus dans les provinces en 1995 ont totalisé 243.734 mètres cubes dont 53% de pins et 46% de cèdres. Khénifra caracole en tête avec 54.303 mètres cubes de cèdre vendus, suivie de près par Kénitra avec 52.587 mètres cubes de pins.

    Concernant le bois d'industrie, le volume vendu a atteint 354.585 mètres cubes dont 96% proviennent des eucalyptus. Dans cette essence, la province de Kénitra tient la première place du podium avec un volume de 206.625 mètres cubes, suivie de très loin par la province de Khémisset avec 60.043 mètres cubes.

    Quant au bois de feu, le volume cédé la même année s'élève à 1.006.154 stères dont 34% proviennent des eucalyptus, 27% du thuya et 24% du chêne vert. Le reste est réparti entre le cèdre, le chêne-liège et l'arganier. Là encore, la province de Kénitra tient la première place avec 232.173 stères.

    Mohamed CHAOUI



    Les procédures d'adjudication


    Les adjudications de la cession et de l'exploitation des produits forestiers provenant du domaine forestier de l'Etat rapportent annuellement entre 200 et 220 millions de DH aux communes rurales. Elles sont régies par des dispositions réglementaires. Avant toute vente, l'Administration des Eaux et Forêts prépare l'assiette des coupes de la forêt. Il s'agit d'une identification qui porte sur la localisation administrative et géographique, la description des limites, la superficie et la nature de la coupe (éclaircies, coupes totales...), le volume des produits mis en vente ainsi que les obligations imposées à l'adjudicataire. Un cahier de prescriptions spéciales (CPS) est établi. Ce document doit préciser en détail les conditions de participation, les obligations des exploitants, les échéances de paiement et des exploitations et les clauses techniques spécifiques aux essences mises en vente.
    Les adjudications sont précédées de la publicité d'au moins 15 jours avant l'opération. Elles sont effectuées soit par la vente au rabais, soit par la vente aux enchères.

    Pour le premier procédé, le montant de la mise à prix et le chiffre auquel seront arrêtés les rabais sont déterminés par le Ministère de l'Agriculture et placés sous plis confidentiel.
    Quant à l'adjudication aux enchères, elle est faite après l'extinction de trois bougies allumées successivement ou de tout système de trois feux successifs d'une durée comparable. Si, pendant la durée de l'un des trois feux, interviennent des enchères, l'adjudication n'est prononcée qu'après l'extinction des deux autres feux sans enchères. Le montant des enchères doit être conforme au tarif affiché dans la salle d'adjudication.

    Le paiement du prix d'adjudication est fixé selon un échéancier, généralement de quatre tranches, qui correspond à la délivrance des permis d'exploiter et d'enlever. Pour pouvoir circuler avec le bois coupé, l'exploitant devra bénéficier du permis de colportage, document qui identifie l'origine et la nature du bois.

    Outre le prix de l'adjudication, le bénéficiaire paye à l'Etat plusieurs taxes: 20% vont au Fonds National de la Forêt, 3 à 5% à la réfection des chemins forestiers et 10% à la taxe provinciale. La taxe d'enregistrement est de 5%.

    Quant au prix de l'adjudication, il va dans les caisses des communes rurales qui doivent réinvestir 20% de l'enveloppe dans le domaine forestier.

    M. C.

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