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    Politique Internationale

    Adieu à un ami

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    Jacques Perrin, connu par ses émissions sur la Radiodiffusion marocaine, s'est éteint. Il continuera de vivre dans le coeur de ses auditeurs, élèves et amis.


    Esthète, élégant, raffiné jusqu'au bout des longues mains de pianiste, Jacques Perrin, qui vient de disparaître après quelques semaines de maladie, occupait depuis de longues années une place importante dans la vie culturelle, non seulement à Rabat où il vivait, mais dans le Maroc entier, grâce à ses émissions sur la chaîne internationale de la Radiodiffusion Marocaine où, plusieurs fois par semaine, sa belle voix grave savait faire partager aux auditeurs sa passion de la musique et ses connaissances approfondies d'un art qu'il servit tout au long de sa trop courte existence.
    Premier Prix de piano du Conservatoire de Rabat en 1961, Prix d'excellence l'année suivante, il aurait pu faire une carrière professionnelle si une certaine nonchalance, un certain dilettantisme inhérents à une personnalité aussi riche qu'originale ne l'en avait dissuadé.
    Cependant l'enseignement de la musique au Collège Saint-Exupéry à Rabat allait développer en lui de remarquables dons de pédagogue. Sa grande culture, sa profonde sensibilité dépassaient souvent le cadre de ses cours, tandis que sa connaissance de la langue arabe lui attirait la sympathie et le respect de ses élèves. Combien de jeunes intelligences a-t-il su éveiller à l'amour de la musique en particulier, et de l'art en général.

    On l'entendait peu à Rabat, car il n'aimait guère se produire en public, réservant à un petit groupe d'amis des interprétations d'une qualité rare.
    Il avait cependant brillamment participé par deux fois à des soirées musicales organisées en l'honneur de Frantz Schubert.
    En 1978 et le 7 mars dernier, il mettait au service de plusieurs cantatrices ses dons d'ac-compagnateur dont sa nature fine et sensible avait le secret.
    Safia Tijani, Rabab Loukili, Zoubida El Idrissi, Jacqueline Alioli et, plus récemment, Gabrielle Boda, Nicole Benbouziane, Mireille Rhodas et Brigitte Cazenave n'oublieront jamais la manière dont il savait, tout à la fois, les soutenir et s'effacer avec une modestie qui l'honorait.

    Jacques Perrin n'était jamais si heureux que chez lui, devant son piano, entouré d'objets rassemblés avec amour, de fleurs et de plantes dont il connaissait chaque nom. Il fallait bien le connaître pour découvrir les richesses d'un coeur généreux, toujours disponible pour ses vrais amis.
    Lors d'une émission consacrée à sa mémoire, organisée tout récemment par M'Hamed Bhiri à la RTM, le romancier Ahmed Sefrioui, qui l'aimait à l'égal d'un fils, a très bien su souligner et mettre en lumière les qualités humaines de ce dilettante dont l'esprit un brin narquois, parfois même caustique n'était qu'une apparence masquant avec pudeur sa véritable nature.
    Il vit dans le coeur de ses amis douloureusement frappés par sa disparition que rien ne laissait prévoir.
    Il nous a quitté pour un monde meilleur, que l'on souhaite pour lui tout empli de paix, de lumière et de chants.
    «Je ne puis concevoir l'esprit de la musique résidant ailleurs qu'en l'amour». (R. Wagner).

    Françoise FABIEN

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