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    Politique

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    Les enseignements d’un feuilleton politico-juridique

    Par L'Economiste | Edition N°:2419 Le 11/12/2006 | Partager

    . L’effet dissuasif détourné? . Les partis politiques pris au piègePrison ferme ou avec sursis, amendes et/ou inéligibilité pour deux mandats successifs. Les jugements sont tombés dans les affaires liées à la corruption électorale. Le dernier jugement est attendu mardi 12 décembre. Il concerne un conseiller du RNI, Mohamed Jebha. Les verdicts se sont égrenés au fil des semaines prenant de court le microcosme politique. Visiblement, les partis politiques ne s’attendaient pas à ce que la machine judiciaire se mette véritablement en branle, ni qu’elle sévisse, dans certains cas, avec fermeté. L’émotion est encore à son comble au sein des formations touchées. Et il faut dire que pratiquement aucune n’a été épargnée par le phénomène: PPS, Istiqlal, MP, RNI, PND, PML… La pression que les leaders des partis ont essayé d’exercer au tout début de l’instruction n’a rien donné. Très vite, les dirigeants des partis ont compris le message politique qui était ainsi adressé, en particulier par le ministère de l’Intérieur, et ont préféré ne pas se mettre en travers de sa décision. Chakib Benmoussa en tire un profit évident. Il souligne, ainsi, que son département a honoré son engagement. Il y a, pourtant, un couac. Le verdict émanant du tribunal de 1re instance de Marrakech, innocentant l’élu de l’USFP, Mohamed Benmasoud, a vite fait désordre. Un jugement pourtant non définitif, puisque le ministère public a interjeté appel. Les commentaires vont bon train dans les coulisses du Parlement sur «la démarche sélective» de la justice. D’aucuns n’ont pas hésité à accuser l’USFP, détenteur du portefeuille de la Justice dans le gouvernement actuel, d’avoir agi dans le sens de favoriser un tel dénouement de l’affaire. . Avis partagésLes conseillers du parti de l’Istiqlal ont vite réagi, mettant la pression sur leurs dirigeants et menaçant de boycotter les séances parlementaires. «C’est normal», déclare le chef du groupe du PI à la Chambre des conseillers, soulignant le peu de cas qui aurait été fait de la situation de ses élus de la Nation. «Ils ont été consignés à demeure, empêchés parfois de veiller à la gestion de leurs affaires», nous a déclaré Abdelhak Tazi. Officiellement, ce membre du bureau politique du parti de l’Istiqlal nous déclare que ni lui ni son parti ne peuvent commenter une décision de justice. «Nous attendons que toutes les affaires soient bouclées pour prendre une position sur le sujet», dit-il. S’il a été vu au début comme un jugement singulier qui ne met pas tous les partis sur un pied d’égalité, le verdict prononcé à Marrakech devient un argument pour les partis politiques. Ils sont nombreux à suggérer l’idée que la justice a été plus efficace dans ce cas précis. «Les magistrats de Marrakech ont bien jugé, je regrette que les autres juges n’aient pas suivi le même exemple», a déclaré Khalid Naciri. S’il insiste pour déclare utile «la moralisation de la vie politique», ce membre du bureau politique du PPS n’hésite pas à préciser qu’elle «doit se faire en parfait respect des procédures». «Je ne comprends pas que, pour les mêmes chefs d’accusation, il y ait des jugement différents», affirme Naciri qui s’étonne que les personnes supposées corrompues ne soient pas convoquées par le tribunal. Il ose un commentaire: «Cette campagne de moralisation me rappelle une autre que l’on disait d’assainissement durant les années quatre-vingt-dix». Son parti a préféré des termes plus conventionnels pour marquer sa position officielle sur le sujet. Ismaïl Alaoui a rappelé, dans un communiqué rendu public à l’issue d’une réunion tenue la semaine dernière avec les parlementaires du parti, «la ferme détermination du PPS à continuer le combat contre les pratiques électorales éloignées de toute morale». Les formations politiques semblent prises au piège. Elles doivent gérer le dilemme de défendre des élus puissants, à même de les assurer d’une bonne victoire électorale, et celui de préserver l’image du parti.La messe n’est pas encore dite dans cette affaire de corruption électorale. Politiquement, a-t-elle atteint tous ses objectifs? C’est la question que se posent de nombreux observateurs. Les avis restent partagés à ce sujet. Or, c’est en répondant à cette interrogation que l’on pourrait mesurer l’effet d’une opération censée, en définitive, redonner du crédit aux institutions élues. Khadija RIDOUANE

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