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    Economie

    Accord de Pêche : L'UE conteste l'argument de la dégradation des ressources

    Par L'Economiste | Edition N°:148 Le 06/10/1994 | Partager

    L'UE considère que la situation des ressources halieutiques, d'après des rapports de l'ISPM, est inchangée par rapport à celle constatée en 1991, avant la conclusion de l'Accord de Pêche. Elle refuse alors la réduction de l'effort de pêche dans le cadre de la révision à mi-parcours sur la base de la dégradation de l'état de la ressource halieutique.

    Le Conseil européen des ministres de la Pêche, réuni le 28 septembre dernier, a demandé à M. Yannis Paléokrassas, commissaire européen chargé de la Pêche, de lui remettre de nouvelles propositions concernant la révision à mi-parcours de l'Accord de Pêche Maroc-UE. Dans ce cadre, M. Marc Piérini, représentant de la Commission au Maroc, a remis à M. Sahel, ministre des Pêches et de la Marine Marchande, de nouveaux termes afin de poursuivre les négociations. La partie marocaine s'est penchée sur l'analyse de ces nouveaux termes pour un nouveau round qui se déroulerait les prochains jours.

    Du côté européen, il est indiqué qu'il n'y a pas de rejet pur et simple des demandes marocaines mais plutôt "une recherche de solutions". L'UE opterait pour "un accord durable". L'expression de "nouvel accord" n'est pas employée, ni exclue. En revanche, de sources proches de l'UE, il est indiqué "qu'il faudrait éviter une mini-crise tous les deux ans".

    Toujours du côté européen, on rappelle qu'il y avait eu une évaluation conjointe des stocks de la ressource halieutique avant le démarrage de l'accord de pêche en mai 1992. Les membres de la commission discutant l'Accord de Pêche à mi-parcours jugent que les évaluations scientifiques de l'ISPM (Institut Scientifique des Pêches Maritimes) montrent que "la situation de la ressource halieutique n'est pas différente de celle de 1991". Il n'est pas précisé si elles étaient déjà surexploitées en cette période ou pas. Toujours est-il que, pour M. Berrahou, directeur de l'ISPM s'exprimant sur l'antenne Médi 1, la semaine dernière, a déclaré que "certains stocks de poissons sont surexploités et il est nécessaire de prendre des mesures d'urgence pour les préserver, car il s'agit d'espèces qui ont la plus grande valeur marchande". Selon lui, la solution la plus efficace pour mettre fin à cette situation est la diminution de l'effort de pêche. Il précise que des études scientifiques menées dans les eaux marocaines ont démontré que l'effort de pêche global (étranger et national) y dépasse largement l'optimum admis. Des espèces comme les crevettes et les céphalopodes seraient désormais menacées.

    L'UE, continuant son raisonnement, considère que s'il n'y a pas de changement sur la situation de la ressource comparativement à 1991, "il n'y a pas lieu de réviser l'Accord, du moins sur une base scientifique". En revanche, "prenant en compte les éléments socio-économiques du secteur, une réduction de l'effort de pêche peut être discutée". Or, pour l'UE, une révision de 50% de l'effort de pêche remet en cause "l'équilibre de l'accord, ce qui est différent de son ajustement tel que prévu par son article 15".

    Par ailleurs, auprès de la CE, on rappelle que la contrepartie financière (102 millions d'ECU), au titre de 1994-95, soit de mai 1994 à avril 1995, a déjà été versée. "Si réduction de l'effort de pêche il y a, elle ne pourrait intervenir qu'au cours de la dernière année de l'Accord". Toutefois, les responsables du Ministère des Pêches n'excluent pas le fait que le Maroc serait prêt à restituer à la CE ses indemnités.

    Le climat n'est donc pas au beau fixe. Un retard dans le renouvellement des licences européennes a été constaté. Intentionnel ou pas, ce retard est, semble-t-il, justifié par 1'arrêt biologique du mois d'octobre imposé à cette flotte qui donnerait à 1'Administration toute liberté pour finaliser les formalités. La flotte marocaine s'étant arrêtée deux mois (mars et avril) a refusé d'observer l'arrêt biologique pour le mois d'octobre. Cette position a été approuvée par le Ministère de tutelle pour des raisons de rentabilité des entreprises de pêche. En contrepartie, et pour préserver la reproduction des ressources, les chalutiers battant pavillon marocain pécheront au-delà des 12 milles. Ils sont normalement opérationnels au-delà des 6 milles.

    Autre mesure prise par le Ministère des Pêches pour la préservation de la ressource: l'interdiction depuis le 1er octobre 1994 du monofilament. Celui-ci est un filet synthétique qui permet de réaliser un plus grand volume des prises. L'inconvénient est qu'il n'est pas biodégradable. Il arrive souvent qu'une partie du filet se perde en mer et continue ses prises. Une fois remplie de poissons, elle descend au fond. A partir du moment où le poisson s'est décomposé, cette partie en monofilament remonte à la surface. L'opération reprend alors de plus belle. Le monofilament n'est pas uniquement employé par les navires européens mais également par "quelques pêcheurs marocains", avouent des professionnels du secteur. Les armateurs espagnols ont demandé un délai de trois mois pour remplacer le monofilament par des filets non synthétiques.

    Laïla TRIKI

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