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    Tunisie: Le discours ambivalent de Ghannouchi

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:4802 Le 24/06/2016 | Partager
    Le leader d’Ennahda tente une approche «non islamique»
    La prise de distance avec les salafistes reste floue
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    Port El Kantaoui, plage au sud de la capitale tunisienne.  Le pays  a perdu un bon nombre de ses touristes depuis les attentats perpétrés en 2015  (Ph. AFP)

    Déstabilisée par le «volcan» libyen d’où partent les attaquants terroristes qui ont mis à genoux son industrie touristique, la Tunisie est embourbée dans des difficultés économiques. Au plongeon du tourisme s’ajoute la désaffection des investisseurs qui exacerbe les difficultés sur le marché de l’emploi.

    Actuellement en séjour à Paris, Rached Ghannouchi, président-fondateur du parti Ennahda, s’est largement exprimé dans Le Figaro via une interview publiée jeudi 23 juin. «Mon objectif, est de redéfinir l’image du pays», dit-il, une image gravement atteinte par les attaques terroristes. Le dirigeant islamiste a été longtemps critiqué (et continue à l’être) pour son ambiguïté et ses hésitations à condamner les radicaux de son parti qui sympathisent avec des éléments violents et djihadistes. Le président d’Ennahda essaie depuis un moment de se forger une image après sa reconversion politique. Il a récemment déclaré «être sorti de l’islam politique car il ne répond pas à la Constitution de son pays». Pourtant, le parti Ennahda s’était vigoureusement opposé à une loi qui instaure la parité entre les hommes et les femmes pour l’héritage. L’argument face à cette incohérence est que la Tunisie, dans l’article 1er de la Constitution, stipule être un pays musulman. Le parti ne nie pas avoir des références islamiques dans les valeurs qu’il soutient. Il clame adhérer aux droits civils tunisiens, mais souligne en même temps que ces droits émanent des principes et des jurisprudences islamiques. «Nous défendons le principe des libertés individuelles, nous sommes en faveur du maintien de la loi tunisienne, mais restons opposés à une police morale», justifie Ghannouchi au «Figaro», quand on lui demande s’il est toujours contre la dépénalisation de l’homosexualité.
    Cultivant l’ambiguïté jusqu’au bout, lors du congrès du parti islamiste en mai dernier, son leader dit opter pour une séparation entre les activités religieuses et les activités politiques. Le côté religieux a été mis à l’écart car, explique Ghannouchi au Figaro, «il n’est pas possible d’associer les institutions politiques et religieuses, notre Constitution l’interdit et l’évolution d’Ennahda s’inscrit dans ce cadre constitutionnel».
    Actuellement, Ghannouchi campe sur sa décision et désigne les salafistes comme des «personnes dangereuses et à combattre». Cela ne l’empêche pas de cohabiter avec des militants qui affichent ouvertement leur sympathie avec des extrémistes qui prônent la violence. Pour éradiquer la violence, Ghannouchi estime «qu’il n’y a pas de solutions miracles, il faut que toutes les composantes de la société s’allient pour faire disparaître ces extrémistes». Les institutions qui permettent le développement économique doivent être en première ligne, l’aspect sécuritaire ne suffit pas, souligne  le président du parti islamiste.

     

     

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