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    Economie

    COP22: Ce qui attend la task-force marocaine

    Par L'Economiste | Edition N°:4723 Le 07/03/2016 | Partager
    Accélérer le processus de ratification, après la signature de l’accord en avril
    Accompagner les Etats africains à financer les projets d’adaptation

    Les participants à la table ronde organisée par l’institut Amadeus ont été unanimes sur l’importance de l’accord de Paris, dont les modalités de mise en œuvre seront le principal enjeu de la COP22. Surtout qu’il s’agit d’un «texte transformationnel qui devra aboutir à un changement des comportements et des modes de production», selon Hakima El Haité (Ph. Bziouat)

    La COP22 sera une rencontre d’action, de concrétisations et de solutions. Hakima El Haité, ministre en charge de l’Environnement et Envoyée spéciale du Royaume pour cet événement, a été on ne peut plus claire. Après la mise en place de l’Accord de Paris, la COP22, prévue à Marrakech en novembre prochain, est appelée à mettre en place «des outils et des mécanismes pour contrôler que les Etats respectent leurs engagements», a-t-elle affirmé lors d’une table ronde organisée par l’institut Amadeus, jeudi dernier à Rabat.
    Une occasion de réfléchir en amont aux problématiques stratégiques et logistiques qui devront marquer ce sommet mondial. Aujourd’hui, la priorité est à la ratification de l’accord qui sera officiellement signé le 22 avril prochain à New York. Sur ce point, El Haité a lancé un appel aux parlementaires pour accélérer la cadence afin que le Maroc soit parmi les premiers pays à ratifier ce document. Elle a également annoncé que le pays sera parmi les premiers à déposer ses engagements en mai prochain. L’idée est de donner l’exemple. Surtout que le Maroc est le chef de file des Etats africains, qui compatissent des effets des changements climatiques, sans qu’ils en soient responsables. C’est dans cette logique que Aziz Mekouar, ambassadeur négociateur de la COP22, a souligné que la priorité est de «faire en sorte que ce sommet puisse apporter des solutions à ceux qui souffrent le plus des changements climatiques afin de dépasser le problème». Si les pays développés sont tenus de mener des actions d’atténuation, en Afrique, la priorité est plutôt à l’adaptation. «Il ne faut pas se laisser distraire. La question centrale en Afrique est liée au financement de l’adaptation», a insisté Yacine Fal, représentante résidente de la BAD au Maroc. D’où l’importance d’œuvrer pour «assurer aux Etats africains la compensation financière pour mener leur adaptation et adopter une approche de développement sobre en carbone», a expliqué El Haité. Celle-ci a insisté sur «l’impossibilité de décarboniser le monde» et préfère parler de «neutralité».
    Elle a rappelé qu’elle est intervenue auprès de la présidence française de la COP21 pour modifier ce concept. Car, «nous sommes face à des réalités politiques et économiques qui font que les énergies renouvelables ne vont constituer qu’une part du mix énergétique mondial, qui sera encore dominé par des sources fossiles». Quoi qu’il en soit, la mobilisation des financements constitue l’un des principaux enjeux de ce «processus intergénérationnel», selon l’expression d’El Haité. Le fonds vert est l’un des mécanismes prévus. Mais les pays d’Afrique n’arrivent pas à présenter des projets bancables. Ce qui pose la nécessité du renforcement de leurs capacités. Les différents intervenants ont insisté sur l’apport que peut présenter le Maroc dans ce sens. Surtout avec son savoir-faire en matière de montages financiers pour la réalisation de projets d’énergies renouvelables. Sur ce point, Moustapha Mourahib, avocat associé chez Clifford Chance a estimé que «le Maroc est une chance pour les institutions financières, surtout avec la taille significative des projets lancés». Même son de cloche chez la représentante de la BAD, qui a rappelé que «5 ans auparavant, il était difficile de convaincre les bailleurs de fonds de se lancer dans ces investissements. Mais, aujourd’hui les choses ont changé, et ils sont plus favorables à participer à des projets importants dans les domaines du solaire ou de l’éolien, avec des montants très élevés». Dans cette dynamique de mobilisation des financements, la participation des opérateurs privés peut constituer un grand atout, selon Aziz Mekouar. Ces derniers «sont prêts à se lancer. Mais, les pouvoirs publics doivent les accompagner, notamment en termes de subventions». Sur ce dossier du financement, le Maroc peut également compter sur l’atout CFC. La place financière casablancaise va s’impliquer dans ce processus, notamment à travers l’organisation, en octobre prochain, de la Planet finance day, quelques semaines avant la COP22, à l’instar de l’édition précédente organisée à Paris.

    Donner l’exemple

    En organisant la COP22, le Maroc veut donner l’exemple, comme il l’a fait par le passé, en se positionnant comme l’un des pionniers de la lutte contre les changements climatiques. Hakima El Haité a rappelé qu’avec la constitutionnalisation du développement durable, la mise en place d’institutions dédiées aux énergies renouvelables et l’élaboration d’une stratégie nationale, Rabat est en avance sur certaines dispositions de l’accord de Paris. Elle a indiqué que 7 ministères ont intégré la dimension écologique dans leurs politiques publiques. L’Intérieur est le plus en avance, notamment avec les projets de valorisation des déchets. Le ministère de l’Agriculture est également impliqué dans ce processus, avec le lancement, par exemple, d’un programme de recyclage du plastique des serres. «Si certains départements ont besoin de plus de temps, l’essentiel est que la dynamique est lancée au niveau national». La ministre veut donner l’exemple en menant certaines actions au sein de son département. Celui-ci est éclairé par des panneaux solaires, les voitures de fonction sont équipées d’outils de calcul de combustion, et elle roule elle-même en véhicule électrique.

    M.A.M.

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