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    Economie

    Richard Attias: Les Etats sont avant tout des marques

    Par L'Economiste | Edition N°:4699 Le 02/02/2016 | Partager

    Au même titre que dans les entreprises, les Etats ont aussi une capacité à être des marques qui vont attirer des investisseurs
     

    Les Etats, les gouvernements ont tous une priorité absolue: attirer de l’investissement international, fondamental pour diversifier l’économie et créer des emplois. Pour cela, il faut d’abord promouvoir la marque d’un pays. Les Etats ont commencé à réaliser qu’ils étaient une marque, confie Richard Attias, président de Richard Attias &Associates.  Au même titre que dans les entreprises, ils ont aussi une capacité à être des marques qui vont attirer des investisseurs, des visiteurs qui vont rendre fières leurs populations.
    - L'Economiste: Certains Etats parmi vos clients traînent une très mauvaise réputation internationale. N’est-ce pas compliqué de vendre l’«invendable» auprès des investisseurs?
    - Richard Attias: C’est vrai que certains Etats ont une très mauvaise image pour des questions liées à la corruption et à la mauvaise gouvernance. Mais mon opinion personnelle est qu’il ne faut jamais les mettre au banc des accusés et les exclure de la société internationale pour ces raisons-là. Ce n’est qu’en les amenant vers les autre nations, en leur démontrant par A+B leurs défauts, leurs vices qu’ils pourraient progressivement évoluer dans la bonne direction. Je vais vous donner un exemple d’un pays qui n’est plus aujourd’hui dans la même situation. Rappelez-vous que quelques semaines avant les Jeux Olympiques de 2008, beaucoup de voix appelaient au boycott de ce rendez-vous dont certains chefs d’Etats et de gouvernement en ce qui concerne la cérémonie d’ouverture des J.O. Aujourd’hui, tout le monde est content de faire des affaires avec la Chine et d’avoir ce pays comme partenaire. Et bien, si la Chine a évolué, c’est parce qu’on s’est intéressé à elle, on a été vers elle, on a parlé avec elle et qu’on lui a expliqué qu’il y avait aussi d’autres modèles.
    - Sauf que tous les pays n’ont ni les marchés de la Chine, ni son poids politique. Comment vendre le Tchad ou le Congo-Brazzaville?
    - Croyez-moi, ces pays ont beaucoup d’atouts et pas que pétroliers. Ils ont avant tout une richesse en ressources humaines. J’ai extrêmement foi en ces pays en observant leurs populations. Regardez les jeunes africains. Ils ont une soif de découvertes, une fraîcheur de vie et un espoir permanent bien que l’horizon ne soit pas toujours des plus éclairés.  J’insiste, il n’y a pas que des richesses minières ou pétrolières. Il y a d’abord des richesses forestières, un énorme réservoir dans le domaine de l’environnement, des atouts dans des domaines où l’on ne s’attend pas comme le sport, l’art et la culture. La richesse culturelle du continent est très large, et pas que sénégalaise, ivoirienne ou béninoise. Croyez-moi, sur ce plan, chaque pays a sa particularité. Même dans un tout petit pays comme la Guinée Equatoriale, j’ai découvert toute l’histoire le liant avec l’Espagne et aux pays de culture hispanique. Je suis certain qu’avec un pays comme l’Angola, on apprendrait plein de choses sur les relations avec le Portugal. Finalement, ce continent a toujours fait partie de l’Histoire de l’Humanité.  
    - Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de gagner de l’argent en faisant de la propagande des régimes corrompus?
    - Je vais vous dire, on n’est pas là pour faire de la propagande mais avant tout, pour attirer des investisseurs dans des pays où l’économie va mal. Et je considère aujourd’hui qu’il est de notre devoir à tous, je dis bien à tous, d’aider à ce que l’économie de plusieurs pays aille bien. C’est à cette condition que l’on pourra créer des emplois et l’on évitera que des jeunes perdus soient récupérables par des groupes extrémistes.
    En se regardant dans le miroir au crépuscule de notre vie, nous ne devrons pas avoir des remords de  n’avoir rien fait pour ces jeunes désoeuvrés. Je ne suis pas en train de vous tenir un discours humaniste, mais un discours purement économique. Il est de notre devoir de tout faire pour que les jeunes aient un avenir et des perspectives. Ce ne sont ni par des promesses électorales, ni par des programmes politiques, mais par des investissements concrets que l’on y arrivera.
    A mes détracteurs, je leur répondrai que je ne fais rien de mieux ou de pire que tous les Etats qui opèrent également dans ces Etats. Pourquoi serais-je plus blâmable que tous ces pays occidentaux portés en exemple en matière de démocratie et beaucoup d’autres qui entretiennent des relations beaucoup plus étroites avec ces dirigeants?

    En course pour la COP22

    Au Maroc, Richard Attias & Associates a organisé le GES (le sommet de l’entreprenariat) au mois de novembre 2015. La société se positionne dans la compétition pour l’organisation de la COP22 à Marrakech. Elle a une certaine expertise pour ces grandes conférences sur le climat. Richard Attias & Associates était en première ligne pour la COP7 au Maroc, elle a contribué à la COP18 au Qatar et a été récemment impliquée dans certains événements de grands groupes à la COP21 à Paris.
    La société emploie une soixantaine de collaborateurs et une centaine de free-lance. Elle réalise un chiffre d’affaires de près de 600 millions de dirhams. La filiale marocaine travaille essentiellement sur des opérations locales dont le GES ou le sommet des bourses africaines à Marrakech.

    Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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