×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    COP21 : «L’accord n’est que le début d’un processus»

    Par L'Economiste | Edition N°:4669 Le 16/12/2015 | Partager
    Le sommet de Marrakech sera décisif pour sa mise en œuvre
    La France et le Maroc travailleront main dans la main sur la COP22
    Un bilan d’étape tous les 5 ans

    Jean-François Girault, ambassadeur de France: «Nous sommes prêts à partager avec nos amis marocains le retour d’expérience et les leçons que nous tirons de l’organisation de la COP21» (Ph. J.G.)

    Au lendemain de la signature de l’Accord de Paris, l’ambassadeur de France à Rabat analyse les enjeux pour la planète, les dispositions, les engagements de 195 Etats en plus de l’UE, le financement, les aides aux pays en développement… Jean-François Girault insiste sur la mise en œuvre concrète du principe de la «justice climatique»…
    - L’Economiste: Quels sont les principaux résultats de l’accord? Permettra-t-il de contenir la hausse des températures au-dessous des 2 °C?
    - Jean-François Girault:
    L’accord de Paris est historique. Pour la première fois dans l’histoire, 195 Etats (Plus l’Union européenne) se sont accordés, dans un texte juridiquement contraignant, sur l’objectif de contenir la hausse des températures bien en dessous de 2 °C, et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5 °C. Pour réaliser cet objectif, les parties à l’accord s’engagent à remettre une contribution contenant notamment leurs engagements en matière de réduction de gaz à effet de serre, qui devra être actualisée tous les cinq ans. Ils s’engagent également à prendre des mesures nationales pour réaliser leurs objectifs. En l’état actuel des contributions nationales qui ont déjà été remises, on n’atteint certes pas encore l’objectif des 2°C. C’est pourquoi le système de rehaussement progressif de l’ambition prévu par l’accord est précieux. L’accord prévoit également qu’un bilan collectif des efforts sera réalisé tous les 5 ans. Celui-ci nous permettra de réagir collectivement si nos efforts sont insuffisants. Mais ce n’est pas tout. L’accord donne toute sa place au thème essentiel de l’adaptation, c’est-à-dire aux mesures nécessaires pour protéger les sociétés de l’impact du changement climatique. L’accord contient d’autres dispositions, très importantes, notamment sur le financement que les pays développés doivent mobiliser pour aider les pays en développement  à lutter contre le changement climatique.
    - L’accord prend-il suffisamment en compte les besoins particuliers des pays en développement, notamment africains?
    - Tout d’abord, l’accord reconnaît, dans son article 4, les notions de développement durable et de lutte contre la pauvreté, qui sont des éléments indissociables de la lutte contre le changement climatique. De plus, l’accord consacre très clairement le principe de responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives. Cela signifie que les Etats doivent contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre en fonction de leur contribution aux émissions mondiales, et également à la hauteur de leurs propres capacités nationales à le faire: c’est une mise en œuvre concrète du principe essentiel de la «justice climatique». Par ailleurs, il faut rappeler que l’accord prévoit des financements pour les pays en développement, de même que des mesures qui facilitent le transfert de technologies des pays développés vers les pays en développement, ainsi que le renforcement des capacités de ces derniers. En d’autres termes, cet accord permettra d’accélérer la mise à disposition de l’Afrique des moyens financiers et technologiques indispensables à son développement durable.
    - Quelles sont les prochaines étapes? Quelle concertation entre la France et le Maroc pour préparer la COP22?
    - Une cérémonie de signature de l’accord aura lieu le 22 avril 2016. Tous les Etats qui ont signé l’accord devront ensuite procéder à sa ratification. L’accord entrera en vigueur quand 55 Etats, représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre l’auront ratifié. En attendant, nous ne resterons pas les bras croisés. Un groupe de travail spécial de l’accord de Paris sera chargé de préparer sa mise en œuvre.  
    Le succès de la COP21 ne signifie pas la fin, mais plutôt le début d’un processus. La COP22, qui aura lieu en novembre prochain à Marrakech, sera une étape décisive pour la mise en œuvre de cet accord. Comme le Président de la République et Sa Majesté Mohammed VI l’ont rappelé dans l’Appel de Tanger, signé le 20 septembre dernier, nos deux pays travailleront main dans la main pour la réussite de la COP22. Nous allons poursuivre et intensifier la concertation entre nos deux pays sur ce sujet. Nous sommes prêts à partager avec nos amis marocains le retour d’expérience et les leçons que nous tirons de l’organisation de la COP21.
    - Toute la difficulté résidera dans l'application des engagements de l'accord de Paris par les grandes puissances... Prévoit-on un gendarme du monde ou un tribunal spécifique pour le respect des lois environnementales?
    - Comme vous le soulignez, nous ne pourrons pas enrayer le réchauffement de notre planète si les engagements de l’accord ne sont pas mis en œuvre de façon sérieuse. C’est pourquoi l’accord met en place un système de transparence. Les contributions nationales des Etats seront consignées dans un registre public, qui sera accessible à tous. Un bilan collectif des efforts sera également effectué, et actualisé tous les 5 ans: il nous permettra de voir si nous sommes sur la bonne trajectoire, et dans quelle mesure il faut intensifier nos efforts. Le même principe de transparence vaut pour les autres dispositions de l’accord: A titre d’exemple, les pays développés devront communiquer des informations sur l’appui qu’ils accordent aux pays en développement: ressources financières mobilisées, transfert de technologies et renforcement de capacités fournis. Enfin, la Conférence des parties de l’accord de Paris, qui se réunira régulièrement une fois l’accord entré en vigueur, sera chargée d’évaluer périodiquement le niveau de mise en œuvre de l’accord.
    - Sur quelles bases seront définies les aides aux pays en développement, à partir des 100 milliards de dollars à mobiliser d'ici 2020?
    - Le texte conclu à Paris consacre le principe de financement accru pour la lutte contre le changement climatique. La décision de la conférence prévoit que les 100 milliards de dollars par an prévus pour 2020 devront être un plancher pour l'après-2020. Ce qui est une grande avancée. Par ailleurs, elle prévoit qu'un nouvel objectif chiffré de financement devra être défini au plus tard d'ici 2025. Pour mémoire, la France a déjà annoncé qu’elle contribuerait à hauteur de 5 milliards de dollars par an. L’accord précise que ces financements devront provenir d’un large éventail de ressources. Ils devront autant servir l’objectif de réduction des émissions, que celui d’adaptation. C’est-à-dire la protection contre les effets du changement climatique, qui touche particulièrement les pays africains.  Enfin, le Fonds vert pour le climat et le Fonds pour l’environnement mondial, ainsi que le Fonds pour les pays les moins avancés et le Fonds spécial pour les changements climatiques se voient attribuer un rôle fondamental pour la mobilisation des fonds affectés au climat.
    Propos recueillis par
    Mohamed BENABID

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc