Politique

Les bidonvilles, enjeu électoral à Témara

Par L'Economiste | Edition N°:4598 Le 01/09/2015 | Partager
Une «manne» de plus de 10.000 familles
Les candidats du PAM et du PJD surfent sur les attentes

Les bidonvilles figurent parmi les cibles de Youness Sekkouri, candidat du PAM à Témara. Ici  en  discussion, sous une tente, avec les habitants du douar  Benasser, situé au cœur de la ville.

Les habitants des bidonvilles ont toujours constitué une carte électorale exploitée par les partis politiques dans les précédentes campagnes électorales. C’est le cas notamment de la ville de Témara qui abrite plus de 10.000 familles installées dans plusieurs quartiers bidonvillois situés à l’intérieur de la ville. Les autorités avec les anciens conseils qui se sont  succédé à la gestion locale ont complètement échoué pour régler cette situation et déclarer Témara comme ville sans bidonvilles. 
Le jeune candidat du PAM, Youness Sekkouri, vise à faire de cette question l’un des axes prioritaires de son programme électoral pour les prochaines élections communales. Alors que certains candidats, ex-élus, boudent ce quartier, Sekkouri multiplie les meetings et les contacts avec eux pour présenter sa stratégie. «Parmi les candidats de notre liste figurent des jeunes qui habitent ces quartiers avec un classement situé entre le 8e et 15e rang», souligne Sekkouri. 
Mais ce dernier reste très conscient de la complexité du dossier des bidonvilles qui  relève des pouvoirs du gouvernement et qui nécessite la mobilisation de moyens financiers énormes dépassant largement les capacités de la commune. Moh Rejdali, ex-maire de Témara qui conduit de nouveau la liste du PJD multiplie pour sa part les visites de ces zones marginalisées. «Durant notre mandat, 2003-2009, des actions ont été initiées par la commune pour contribuer au règlement de ce problème au niveau de  certains quartiers», rappelle Rejdali. 
Notons par ailleurs que ces élections constituent une opportunité d’emploi pour les jeunes habitants de ces bidonvilles par certains candidats. Ils peuvent encaisser une somme  entre 100 et 150 DH par jour et même un salaire pour les personnes influentes. Les familles profitent également de l’occasion pour réclamer la réalisation de travaux  dans leur quartier par certains candidats. «Avec l’expérience, les bidonvillois sont devenus très aguerris et savent bien comment tirer profit des candidats avec de fausses promesses de vote en faveur de chacun d’eux», ironise une étudiante habitant le bidonville Benasser. A signaler que 19 listes sont en concurrence pour les élections communales au niveau de la préfecture de Témara, ce qui donne un total de 1045 candidats. 
Noureddine EL AISSI   
 
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