Enquête

«Réinsérer les singes traumatisés»

Par | Edition N°:4462 Le 13/02/2015 | Partager
Il faut arrêter le braconnage, selon le directeur de la Fomanef
Le petit primate meurt plus volontiers de soif que de faim

Le macaque de barbarie sera-t-il décimé comme son majestueux compagnon fauve, le lion de l’Atlas?». C’est ce que craint Franck Fayçal Wyllinck, directeur de la Fomanef, pour les singes magots

- L’Economiste: Comment peut-on protéger les singes magots?
- Franck Fayçal Wyllinck:
Il faut reconnaître que l’on trouve au Maroc, au niveau de certains lieux publics, des singes capturés. Ils sont utilisés pour exposition ou pour mener des spectacles animés par des dresseurs, notamment à Jamaa El-Fna, où les singes font partie des attractions proposées depuis plusieurs années. D’autres personnes considèrent le magot comme animal de compagnie. Mais, au fil des ans, le mignon petit singe se transforme en primate agressif. C’est là que ses maîtres décident généralement de s’en débarrasser, en le relâchant dans la nature. Certains européens le ramènent dans un zoo ou un refuge animalier. Mais, vu le flux important de Macaca Sylvanus abandonnés, il est des endroits où il n’y a d’autre choix que de les euthanasier.
- Comment stopper ce que vous appelez «un massacre»?
- La loi n°29-05 prévoit des mesures pour la réglementation de la détention de cette espèce à des fins culturelles, particulièrement au niveau de Marrakech, à travers la délivrance d’un certificat de propriété par spécimen. C’est déjà une erreur d’avoir rendu les magots dépendants de l’homme sur des bords de route-poubelles, pour notre seule distraction, alors qu’il s’agit d’une espèce protégée dont il convient de respecter la liberté au sein de l’habitat.
Aussi, la législation doit être plus sévère quant au braconnage et abattage des espèces protégées. Il s’agit de faire cesser définitivement le trafic de singes magots. Pour cela, il faudrait une plus grande implication des autorités marocaines. S’agissant des petits primates traumatisés et blessés récupérés, il faudrait les soigner puis tenter de les réinsérer dans des groupes sociaux stables et de leur trouver un logement permanent dans les parcs zoologiques ou les réserves naturelles. Enfin, il faut sensibiliser les enfants des écoles des régions où vivent cette espèce animale pour leur faire comprendre la nécessité de préserver leur environnement et l’incroyable singe magot.
- Et pour ce qui est de l’espace forestier?
- La cédraie n’est pas un cirque. La forêt de cèdre est originellement la maison des magots et pas la nôtre. Le surpâturage qui sévit dans la région a investi tous les points d’eau au profit des troupeaux et les singes magots n’ont plus les moyens de se désaltérer. En été, les singes sont sans cesse au bord de la déshydratation. Ils meurent plus volontiers de soif que de faim.
Propos recueillis Par Y. S. A.

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