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    Enquête

    Combien gagne un trader?

    Par L'Economiste | Edition N°:3896 Le 25/10/2012 | Partager

    La crise dans laquelle est plongée le marché depuis 2008 est déjà trop longue aux yeux des professionnels. Les patrons craignent une fuite des talents dans d’autres secteurs comme c’était le cas lors de la précédente crise (2000 à 2002)

    La rémunération des «golden boys» fait toujours fantasmer. S’il est vrai pour les traders à la City à Londres où d’autres grandes places financières du monde, les traders locaux, eux, alignent moins de zéro. D’abord ils disposent d’un nombre très limité d’instruments financiers pour intervenir sur le marché. «Le rôle du trader se résume parfois à juste recevoir les consignes d’un client et passer l’ordre», souligne un acteur du marché. De plus, le niveau des  transactions reste médiocre.  Un trader débutant démarre entre 7.000 et 9.000 DH/mois avance-t-on au sein du marché. Après, de fortes disparités sont relevées au niveau de la rémunération des traders plus expérimentés. Au-delà des salaires fixes, c’est la rémunération variable des traders qui suscite le plus grand intérêt. Avant 2008, des traders stars de certaines grandes banques françaises avaient perçu plus de 10 millions d’euros de bonus en une année. La crise financière a contraint les patrons à revoir ces rémunérations. Aujourd’hui, elles ont baissé par rapport à cette époque mais reste quand même à des niveaux élevés. Même des banques en difficulté ont continué à distribuer des bonus. Les banques européennes à l’exception de quelques établissements Suisse n’ont pas réussi à mettre en place des systèmes de bonus sur la base des résultats de l’entreprise et non sur des opérations. Ces systèmes ont encouragé des affaires du type de Kerviel. Pour toucher les bonus, les traders sont prêts à tout pour réaliser le maximum de gain. Les gains sont récompensés, mais les pertes ne sont pas sanctionnées.
    Au Maroc, le marché est loin d’avoir atteint une telle sophistication. Du coup les dérapages sont minimes. Ici, les bonus peuvent atteindre jusqu’à 6 mois de salaires pour les traders. Il varie de 1 à 4 mois pour les analystes. Pour ces derniers, la partie fixe du salaire est plus importante que celui des traders.

    ... Et la Cour des comptes secoua le tapis

    Comme dans d’autres secteurs, la Bourse a connu son lot de scandale ces dernières années. Des sociétés de Bourse ont été lourdement sanctionnées pour diverses infractions. Upline Securities notamment s’est vu infliger une amende de 10 millions de DH pour des infractions liées à l’introduction en Bourse de la CGI. De façon générale, la valorisation de certaines entreprises a suscité beaucoup de commentaires. Le laxisme du CDVM sur le contrôle des méthodes de valorisation des sociétés avant l’introduction en Bourse a été indexé dans le rapport 2010 de la Cour des comptes. A côté, plusieurs délits boursiers ont été aussi relevés. Des cas de délits d’initiés ont permis à plusieurs personnes de réaliser des plus-values importantes entre 2006 et 2007. Les gains enregistrés ont atteint près de 200 millions de DH pour certaines personnes. Selon le rapport, plusieurs dossiers ont été classés sur décision du directeur général du CDVM de l’époque. Il y a eu des promesses d’ouverture de procédures judiciaires, sauf que celles-ci n’ont jamais abouti.
    Aujourd’hui, certains acteurs du marché réclament un encadrement du métier de trader et d’analyste. «Il suffit d’avoir fait une école de commerce pour être trader ou analyste», regrette un professionnel. L’idée avancée est de mettre en place une institution qui accrédite les traders et les analystes comme sur d’autres marchés.

    Des stars marocaines

    El Mostafa Belkhayate est gérant de fonds sur les matières premières et expert de l’or. Il a remporté en 2009 le trophée d’or de l’analyse technique. Il s’est fait remarquer en 1999 en remportant le premier prix du championnat de trading organisé par l’association des traders internationaux de Genève. Il a réussi lors de cette compétition à valoriser un portefeuille de 20.000 dollars de 403%

    Thami Kabbaj est économiste et écrivain. L’ex-trader a succédé à Belkhayate au palmarès du trophée d’or de l’analyse technique. Cet agrégé d’économie et de gestion est également diplômé de MSTA (Société des analystes techniques) de Londres. Il a publié notamment «Psychologie des grands traders» et «l’art du trading» (Ph. Archives de L’Economiste)

     

    F. F.

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