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    Cybercriminalité : Les premiers chiffres passés au crible

    Par L'Economiste | Edition N°:3877 Le 28/09/2012 | Partager
    112 affaires traitées en 2011
    Pédophilie, pornographie, menaces, terrorisme, crimes financiers…
    Les multiples visages des cyber-attaques

    La traque des cybercriminels s’intensifie sur le Net. Une cellule dédiée à la DGSN a traité 112 affaires en relation avec les technologies de l’information en 2011, contre 92 en 2010. L’année dernière a été marquée par la recrudescence des infractions économiques et financières

    Facebook, Twiter, Youtube, Dailymotion… La popularité des réseaux sociaux et des sites de partage de données n’est plus à démontrer au Maroc. Sauf que la vulgarisation du Web 2.0 a ses effets collatéraux. Elle révèle de nombreuses activités frauduleuses au Maroc! L’illusion de l’anonymat que donne Internet, le peu de barrières à l’accès et l’absence de pré-requis en termes de compétences exposent les internautes, souvent à leur insu, à de nombreuses infractions, voire délits et crimes.  Les internautes sont aussi des cibles d’attaques malveillantes en permanence: virus, piratage, codes malveillants destinés à la récupération de données confidentielles (numéro de carte de crédit, mots de passe, e-mail, données personnelles…). A l’international, la cybercriminalité touche 1,5 million de personnes par jour! 18 victimes par seconde ! Et le terrain du banditisme sur Internet se déplace maintenant sur les mobiles et sur les réseaux sociaux.
    Les activités criminelles recourent de plus en plus à des techniques de «l’ingénierie sociale». Le mode opératoire consiste généralement à exploiter le facteur humain, considéré le maillon faible de tout système de sécurité. Résultat: des escroqueries en ligne et des attaques qui ciblent non seulement les personnes mais également les données confidentielles des entreprises privées et des organismes publics.
    Les tout premiers chiffres officiels du cybercrime (dont L’Economiste détient l’intégralité) font ressortir des constats intéressants. En effet, en 2011, les services de Cybercriminalité relevant de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) ont démantelé 112 affaires en relation avec les technologies de l’information et de la communication. Un nombre en hausse de 21% en comparaison avec les infractions traitées en 2010.
    Cette hausse s’explique par la nouvelle activité de veille récemment adoptée par la section Cybercriminalité, laquelle consiste à détecter et enquêter sur toute infraction sur Internet, menace et/ou information.
    Selon un expert de la cybercriminalité à la DGSN, «l’année dernière a été marquée par la recrudescence des affaires se rapportant aux infractions économiques et financières, en raison du nombre de plus en plus croissant des utilisateurs ayant tendance à opter pour le commerce électronique, notamment les achats en ligne».
    La typologie des infractions traitées l’an dernier révèle une recrudescence des affaires dites de «Veille». Par veille, l’on entend infractions, menaces et/ou information voire annonces commerciales suspectes sur le Net. Une cellule spéciale est dédiée à la veille au sein de la Section Cybercrime relevant de la DGSN.  Au total, 32 affaires dites de veille ont été démantelées en 2011, soit 29% de plus qu’en 2010.
    Les atteintes aux personnes arrivent en deuxième lieu. Pas moins de 26 cas d’infractions liées à l’atteinte aux personnes ont été enregistrés en 2011 contre 24 en 2010 (soit une variation de 23% en un an).
    Par atteinte aux personnes, l’on entend menaces, injures, détournement de comptes… Sur ces cas précis, une légère augmentation a été enregistrée l’an dernier. Les explications avancées attribuent cette hausse à la popularité et la prolifération des réseaux sociaux (Facebook, Twitter…) et des sites de partages de données (Youtube, Dailymotion…).
    Quant aux infractions économiques et financières, elles ont fait l’objet de 21 affaires traitées l’an dernier contre 15 en 2010 (soit une hausse de 19%). Viennent juste après les violations liées aux systèmes informatiques. Sur ce registre, les services de police ont démantelé 12 opérations en 2011 contre 18 en 2010.

    Interpol, FBI…

    Il y a aussi la pornographie et la pédophilie sur Internet qui gagnent le Maroc.
    En effet, 9 cas de pédopornographie en ligne ont été enregistrés l’an dernier. Ils étaient au nombre de 22 en 2010. Sur la même période à l’international, «un mineur sur cinq a été confronté à des avances sexuelles sur Internet».
    Plus encore, selon les résultats d’une enquête du Center of Media Freedom in the Middle East & North Africa (CMF-MENA), effectuée auprès de 106 enfants à Casablanca, «plus des deux tiers des sondés auraient reçu  des offres de voyages, des cadeaux ou des propositions de mariage de la part d’inconnus via Internet».
    Toujours au Maroc, une affaire de pédopornographie avait, rappelons-le, défrayé la chronique en 2005. Philippe Servaty, journaliste belge, prenait des photos de jeunes filles d’Agadir et les publiait sur un site pornographique. Parmi ses victimes, des prises montrant des filles mineures. Mais globalement, la cellule de cybercrime a relevé une «régression du nombre des affaires relatives à la pornographie et pédophilie sur Internet».
    Un recul qui s’explique par le fait que les auteurs de ces infractions «seraient conscients de leur éventuelle identification par la police» notamment  via l’adresse IP (Internet Protocole).
    Sur un tout autre registre, quatre affaires liées à des atteintes aux institutions sacrées et au cyber-terrorisme ont fait l’objet d’enquêtes poussées il y a un an (contre 8 en 2010).
    Compte tenu de la nature transfrontalière de ce type d’infractions, la DGSN fait jouer la coopération policière internationale pour démanteler des réseaux organisés.
    D’ailleurs, 51 affaires ont été traitées pour faire aboutir des enquêtes cybernétiques entre 2010 et 2011. Et c’est la France (suivie de la Belgique) qui arrive en tête des pays coopérant en termes du nombre d’enquêtes menées (16 en 2010 et 10 en 2011).
    «Les résultats probants de cette coopération ont été concrétisés par l’exécution d’une commission rogatoire internationale (CRI) avec la France au sujet d’une affaire de piratage bancaire», précise un expert de la DGSN.
    D’ailleurs, une autre commission rogatoire internationale est en cours de préparation avec le FBI dans le cadre d’une affaire similaire, annonce l’expert en cybernétique. Le partage d’informations se fait aussi avec les pays Interpol coopérant dans les affaires de cybercrime. Parmi ces pays, figurent l’Allemagne, la Belgique, le Canada, les Etats-Unis, Hong-Kong, Chine, Monaco, France, Royaume Uni… 

    Big Brother…

    Depuis le mois d’août 2011, la cellule de Cybercriminalité a commencé son activité dite de «Veille» sur Internet. L’objectif étant de détecter et enquêter sur toute infraction, menace et/ou information.  Les premiers bilans parlent de 32 publications douteuses détectées et communiquées sous forme d’alertes.
    Par ville, c’est Casablanca qui arrive en tête en termes de nombre d’affaires traitées (11).
    La capitale économique et suivie par Rabat (5 affaires), Marrakech (3), Fès (2), Kénitra (2), Oujda (2), Larache (2), Béni Mellal (2), Kénitra, Meknès, Tétouan, Ouarzazate, Khemissate (1 pour chaque ville).

    BNPJ

    La cellule de cybercriminalité relevant de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ) a traité 54 affaires en 2011 contre 69 en 2010. Entre 2010 et 2011, la répartition par type d’infractions traitées par la BNPJ renseigne que 48% des affaires sont des infractions relatives au cyberterrorisme, avec une régression de cette tendance (37 affaires en 2010 contre 25 en 2011). Autres dossiers traités les deux dernières années, les infractions économiques et financières (8 cas), les infractions liées aux systèmes informatiques (10 cas), les atteintes aux personnes (5 cas) et autres (38 cas).

     

    Amin RBOUB

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