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    Europe

    Austérité en Espagne
    Les mesures qui vont «faire mal»

    Par L'Economiste | Edition N°:3826 Le 13/07/2012 | Partager

    Un plan de coupes budgétaires d’environ 30 milliards d’euros comporte des baisses de dépenses et des hausses d’impôts sur plusieurs années. Il concerne plusieurs secteurs

    Pour sortir de sa crise, l’Espagne vient de s’imposer une nouvelle cure de rigueur de 65 milliards d’euros. En attendant, les Espagnols n’ont pas fini de se serrer la ceinture. Ces nouvelles mesures supplémentaires (hausse de la TVA, réforme de l’administration…) s’ajouteront à un budget de rigueur déjà historique prévoyant 27,3 milliards d’euros d’économies. Rappelons que l’Espagne, qui occupe le 2e rang en tant que partenaire du Maroc après la France, est entrée au 1er trimestre dans une nouvelle récession avec un recul du PIB de 1,7% attendu cette année.
    Pour 2013, le repli du PIB doit se poursuivre bien que plus proche de zéro. Et il va «faire mal» comme l’a reconnu le chef du gouvernement Mariano Rajoy. L’économie espagnole doit récupérer 3,2 millions d’emplois avant 2014, si elle veut revenir aux niveaux enregistrés en matière d’emploi avant la crise économique, selon l’OCDE.
    Ceux qui en font les frais
    Déjà accablée par un taux de chômage qui frappe 24,4% de la population active et par une nouvelle entrée en récession de son économie au premier trimestre, l’Espagne encaisse l’annonce d’un nouveau tour de vis dans la rigueur qui suscite la grogne des syndicats. Les mesures d’austérité révélées ont été imposées à l’Espagne par Bruxelles, en échange d’un assouplissement de l’objectif de réduction de son déficit public, à 6,3% de son PIB cette année contre 5,3 % initialement prévu. Puis à 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014. Et pourtant, le pays a reçu une bonne nouvelle lundi dernier. Les ministres des Finances de la zone euro étaient parvenus à un accord sur le plan d’aide aux banques espagnoles qui devrait se traduire par un versement de 30 milliards d’euros à Madrid dès la fin du mois.

    La TVA passera de 18 à 21%
    Mesure phare de ce dispositif, la TVA passera de 18 à 21% dès le 1er août alors que le gouvernement s’est longtemps refusé à prendre une telle décision, demandée par la Commission européenne et par le FMI. La TVA réduite sur certains produits augmentera, elle, de 8 à 10%. Elle sera maintenue à 4% sur les produits de première nécessité, comprenant des denrées alimentaires de base.

    L’administration sera réformée
    Une réforme de l’administration devrait rapporter 3,5 milliards d’euros. Elle prévoit une réduction du nombre des entreprises publiques et une diminution de 30% du nombre des conseillers locaux. Certaines primes des fonctionnaires et des hauts responsables des administrations seront également réduites.

    Réduction des indemnités chômage
    Il est question aussi d’une réduction des indemnités chômage versées aux nouveaux inscrits, diminuant la base de calcul à 50% contre 60% actuellement. D’autres mesures sont prévues: un nouvel ajustement des dépenses ministérielles de 600 millions d’euros ainsi qu’une nouvelle coupe de 20% des subventions aux partis politiques, syndicats et organisations patronales en 2013.

    Les banques sous surveillance
    De strictes mesures pour les institutions financières. Un document qui doit être approuvé le 20 juillet révèle plus de 30 conditions auxquelles le secteur financier doit se soumettre en contrepartie du prêt qui pourrait aller jusqu’à 100 milliards d’euros pour recapitaliser les banques espagnoles en difficulté. Celles-ci devront accepter des inspections de la Commission européenne.

    Qui doit aider l’Espagne à sortir de la crise?

    La nature et les causes de la crise espagnole sont bien connues: excès d’endettement et bulle immobilière dus à une politique monétaire beaucoup trop expansionniste. Et cela à une époque où la BCE ne se souciait pas de stabilité financière, où le gouvernement espagnol recherchait la croissance et était donné en exemple avec ses excédents budgétaires et où la croissance était liée à une immigration massive. Quelle morale en tirer? Pour répondre à cette question, Patrick Artus, économiste chez Natixis, précise que «si on veut mettre de la morale dans la crise espagnole, on doit identifier les responsables de la crise, certes les banques, les promoteurs, le gouvernement espagnols, mais aussi les autorités européennes, la BCE, les banques et les investisseurs européens, les agences de rating… 
    La responsabilité de la crise est tellement partagée qu’il semblerait moral que le coût du traitement de la crise espagnole soit aussi partagé». Aujourd’hui, le poids de la sortie de la crise pèse essentiellement sur les Espagnols: baisse des salaires pour rétablir la compétitivité et améliorer le commerce extérieur, hausse du chômage avec le recul de la demande et la politique budgétaire très restrictive et hausse généralisée des taux d’intérêt. Mais si la crise espagnole a été causée par des erreurs collectives de l’ensemble des agents économiques, comme il a été vu plus haut, la sortie de crise devrait être portée par tous ces agents: abandon d’une partie des créances sur l’Espagne par les investisseurs et les banques, aide de la BCE pour faire baisser les taux d’intérêt et aides européennes pour créer des emplois.

    F. Z. T. avec Agences

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