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    Economie

    Prison de Oukacha: La riposte de Benhachem

    Par L'Economiste | Edition N°:3826 Le 13/07/2012 | Partager
    Réunion des directeurs des prisons sur le rapport parlementaire
    De nouvelles nominations et mutations en perspective
    274 mesures disciplinaires en 4 ans

    ( A gauche) Hafid Benhachem ne reconnaît pas l’existence de réseaux de trafics de commerce des cigarettes, de la drogue et des téléphones. Pour lui, les prisonniers ont exagéré dans leurs témoignages

    ( A droite) Pour Mohamed Hanine, «une prison reste une prison, mais elle doit être un lieu où l’on respecte la dignité humaine et non un endroit où prospèrent la corruption et le trafic en tout genre»

     

    MERCREDI dernier, le débat sur le rapport de la Commission exploratoire sur la prison de Oukacha avait du mal à s’enclencher. Des députés ont accusé leurs collègues de la majorité de faire marche arrière et de se ranger derrière la thèse de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion dont le délégué général a fait le déplacement au Parlement. Hafid Benhachem est venu avec un rapport de 37 pages qu’il a lu en compagnie de l’un de ses collaborateurs. Le gouvernement, représenté par Habib Choubani, ministre des Relations avec le Parlement et la Société civile, a rappelé l’engagement de lancer un débat national sur les prisons. «Le gouvernement est prêt à s’attaquer au sujet et à accompagner le débat», a-t-il dit. A cette occasion, il a rappelé un rapport de commission exploratoire sur les prisons, réalisé en 2004, et resté rangé dans les tiroirs. Cette fois-ci, le gouvernement est déterminé à saisir cette opportunité pour engager la réforme du secteur, indique t-il.
    Face au «buzz» provoqué par le rapport (Cf le détail dans notre édition du 11 juillet), le président de la Commission Mohamed Hanine ne pouvait dissimuler sa satisfaction. «L’essentiel est d’avoir provoqué un débat sur un problème resté tabou. Les responsables sont sensibilisés. Nous attendons les mesures qui vont suivre après le rapport», a-t-il souligné. Pour lui, «une prison reste une prison mais elle doit être un lieu où l’on respecte la dignité humaine et non un endroit où prospèrent la corruption et le trafic en tout genre».
    En tout cas, le débat, qui s’est terminé vers minuit mercredi (démarré vers 16 heures), a fait ressortir un point saillant: le délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion a reconnu que les prisons marocaines n’étaient pas aux normes, particulièrement celle de Casablanca, Marrakech, Fès et Salé. Du coup, c’est l’encombrement qui est montré du doigt. Il entraîne directement les phénomènes constatés par le rapport de la Commission exploratoire. Mais Hafid Benhachem ne reconnaît pas l’existence de réseaux de trafics de commerce des cigarettes, de la drogue et des téléphones. Pour lui, les prisonniers ont exagéré dans leurs témoignages. Ce sont souvent les familles qui font entrer en prison de la drogue et des cigarettes pour leurs proches incarcérés. La preuve par des photos qui montrent les saisies opérées à l’entrée des pénitenciers, avec des tentatives de dissimuler la drogue dans le pain, dans les fruits ou dans un œuf.
    Qu’importe, le travail de cette Commission exploratoire a fait bouger les lignes. D’ailleurs, le délégué général a pris les premières mesures. Ainsi, il a convoqué une réunion avec tous les directeurs des établissements pénitentiaires du Maroc mardi prochain. Ordre du jour: exposer les conclusions du rapport de la Commission parlementaire et «déployer les efforts pour mettre un terme à ces pratiques condamnables».  De même, il compte procéder à de nouvelles nominations et des mutations à la tête des prisons. Entre temps, Benhachem a déjà constitué une commission chargée d’inspecter sur place, à la prison de Oukacha. Il s’agit de vérifier la véracité des faits avancés par le rapport. Des mesures disciplinaires sont attendues.
    Dans son exposé, il a abordé la lutte contre la corruption. Son administration a pris 274 mesures disciplinaires contre des fonctionnaires jugés coupables au cours des quatre dernières années. 24 cas concernent la prison de Oukacha. Les sanctions dépendent de la gravité des délits. Elles vont de la radiation à la mise à la retraite en passant par une suspension provisoire sans soldes, a-t-il dit. Des poursuites judiciaires ont été engagées contre 22 fonctionnaires dont 4 travaillent dans la prison de Oukacha et pris en flagrant délit.

    Restauration: L’externalisation en projet

    LE budget alloué à la restauration des prisonniers est passé à 14 DH par personne au lieu de 5 DH, soit une hausse de 250%. La délégation générale a équipé les cuisines et formé des cuisiniers. 83 personnes ont bénéficié d’une formation à l’Ecole hôtelière de Tanger. La nouveauté est que cette administration a décidé à déléguer progressivement aux directeurs régionaux la responsabilité de réaliser les appels d’offres relatifs à la restauration des détenus. Aujourd’hui, cette activité, qui concerne toutes les prisons du pays, est centralisée à Rabat. Du coup, la réception des marchandises ne peut être qu’approximative.  La délégation prépare une étude pour la création des cuisines supplémentaires dans la perspective de diviser Oukacha en quatre établissements, d’une capacité d’accueil chacune de 2.000 détenus. En tout cas, Hafid Benhachem n’est pas encore satisfait de la nourriture de ses prisonniers. Il réfléchit à l’externalisation de cette activité à des sociétés spécialisées dans la restauration collective.

    M. C.

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