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    Evénement

    El Malki: L’amnistie fiscale pour contrer la récession

    Par L'Economiste | Edition N°:3826 Le 13/07/2012 | Partager
    Les prévisions de croissance du CMC maintenues à 3% en 2012 et 4,1% en 2013
    Le Centre plaide pour l’emprunt international

    Source: CMC

    Le taux de croissance prévisionnel pour l’année 2012 devrait se situer à 3%, marquant ainsi un recul de deux points par rapport à l’année 2011

    LA croissance sera faible cette année. De BAM au HCP, en passant par le FMI, toutes les prévisions sont unanimes (mais tout est relatif: en Europe, 3% est une grosse performance). Il est pourtant difficile de se retrouver parmi la floraison de chiffres et de prévisions annoncés et révisés régulièrement par les différents organismes. Au milieu de cette compétition (3% pour BAM, 2,8% pour le HCP), le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) essaye de se démarquer. «Contrairement à toutes les autres prévisions, nous sommes restés fidèles à notre première estimation: nous avons prévu, en ce début d’année, 3,2% de croissance et nous venons de revoir notre prévision à 3%», explique Habib El Malki, président du CMC. 
    Pour le Centre, le nouveau contexte politique et économique a fortement contribué à fragiliser la croissance. Ceci est d’abord dû à une année de sécheresse, «même si celle-ci a été moins sévère que ce que nous attendions, avec 50 millions de quintaux de céréales, la baisse reste assez forte pour tirer la croissance vers le bas», explique El Malki. La valeur ajoutée consolidée de l’ensemble des activités primaires, y compris les activités d’élevage, la sylviculture et la pêche, devrait accuser une baisse de 5,8% comparativement à l’exercice précédent. S’agissant du secteur industriel, les données disponibles sur les six premiers mois de l’année préfigurent d’une légère reprise. L’ensemble des activités de l’industrie de transformation devrait enregistrer un taux de croissance au terme de l’année 2012 de 3,6%, soit près d’un demi-point de plus que l’année dernière. En ce qui concerne les industries d’extraction, la valeur ajoutée devrait afficher une progression moyenne de 3,2% en termes réels due à la forte demande en phosphate et ses dérivés. Le scénario du CMC table sur une consolidation de la croissance du secteur du bâtiment et travaux publics, entraînée par le regain de dynamisme des activités de construction, notamment l’habitat social. Partant de ces éléments, la valeur ajoutée réelle du secteur secondaire devrait connaître une progression de 7,5%.  En ce qui concerne le secteur tertiaire, dont le niveau d’activité demeure tributaire de la production des activités primaires et secondaires, il afficherait une petite progression. Le taux retenu se situe à 4%, en hausse de 0,3 point par rapport à l’année précédente.  
    Pour le CMC, la décélération de la croissance témoigne de la caducité des hypothèses de base qui ont servi pour l’élaboration de la loi de finances 2012, notamment en ce qui concerne la production céréalière, le pétrole et les prévisions de retour à l’accalmie dans la zone euro. Pour l’observatoire, la loi de finances ne peut plus faire face aux turbulences qui frappent le pays. «C’est pourquoi nous avions demandé dès le début une loi de finances rectificative, mais nous n’avons pas été entendus. Aujourd’hui, ces écarts sont sources d’attentisme dans le monde des affaires», rappelle le président du CMC. La situation est exceptionnelle car c’est la première fois, depuis plus de 15 ans, que nous nous retrouvons devant un phénomène de déficit jumeau. Les déficits budgétaire et commercial sont à respectivement  6,1 et 8,1% du PIB. En parallèle, le chômage continue d’augmenter, en passant de 9 à 10%, estime le CMC. «Cette situation est annonciatrice d’un retour à la spirale inflationniste». Les prix à la consommation devraient subir des pressions à la hausse en raison des déséquilibres des marchés et des retombées des récentes hausses des prix intérieurs de certains produits pétroliers. Ces hausses devraient avoir une incidence sur les prix estimée par le CMC à 1,4%. «Ceci aura un impact direct sur le taux d’inflation qui passera de 2 à 3,5%, voire même 4%», souligne El Malki.
    L’année 2013 devra présenter des configurations comparables aux deux années précédentes à quelques exceptions près. «Nous nous attendons à une croissance de l’ordre de 4,1%. Si ce taux est réalisé, avec toutes les incertitudes qui vont avec, il sera annonciateur d’un nouveau cycle économique». Pour se relever, le Maroc devra compter sur ses deux poumons: la zone euro et l’agriculture.  Les perspectives de reprise dans la zone euro se font de plus en plus crédibles et une meilleure campagne agricole est attendue pour l’année prochaine. «Il est statistiquement et historiquement exceptionnel d’avoir deux mauvaises campagnes agricoles consécutives». En revanche, l’industrie n’a pas de quoi se réjouir: une tendance baissière qui se dégage des études du CMC, non seulement à cause de la crise euro mais également en raison de l’augmentation des coûts de production dans la zone.
    Pour créer un climat psychologique chez les opérateurs économiques, le CMC propose une amnistie fiscale. «Il y a un vrai attentisme dans le monde des affaires et seule une amnistie fiscale peut mettre fin au climat de doute», relève le président du Centre. Pour ce dernier, cette mesure n’est pas en contradiction avec la situation actuelle des finances publiques. Historiquement, chaque fois qu’on y a eu recours, cela s’est traduit par un accroissement significatif des recettes. Les recommandations vont également vers un retour à l’emprunt international. Le Centre estimant que l’on ne peut imposer un régime à un corps déjà anorexique, la réponse est clairement à chercher du côté de l’endettement. «Nous pouvons encore lever quelques milliards sur le marché international, d’autant plus que les agences de notation sont restées courtoises à notre égard», suggère Habib El Malki.


    A. N.

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