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    Société

    L’Istiqlal au bord de l’implosion

    Par L'Economiste | Edition N°:3818 Le 03/07/2012 | Partager
    Le Comité exécutif tente de calmer les esprits
    El Fassi et Chabat maintiennent leurs candidatures

    Les journaux de l’Istiqlal minimisent les divisions et le secrétaire général sortant, Abbas El Fassi, annonce qu’il fera face à tous ceux qui veulent le critiquer.

    Le 16è Congrès de l’Istiqlal est un véritable feuilleton à rebondissements. Après la décision de reporter l’élection du nouveau secrétaire général de la formation politique, voilà que son Comité exécutif est convoqué d’urgence pour une réunion hier à Rabat. Il s’agit d’une ultime tentative pour calmer les esprits et surtout pour réconcilier l’actuel secrétaire général Abbas El Fassi avec le candidat à ce poste, Hamid Chabat. Le torchon brûle, en effet, entre les deux hommes depuis samedi dernier, deuxième jour du congrès. En ce jour, El Fassi a directement visé Chabat en affirmant que «le parti ne veut pas de révolutionnaires dans ses rangs ni de candidats au poste de secrétaire général qui ont des dossiers devant la justice».
    Aujourd’hui, au lendemain d’un congrès qui devait, en principe, être celui du renouveau, l’Istiqlal est au bord de l’implosion, Déjà  ses militants se sont retrouvés partagés entre deux camps: celui d’Abbas El Fassi, que l’on qualifie de conservateur, et celui de Hamid Chabat qui prône le changement. Le premier veut maintenir la tradition, établie depuis longtemps, de désigner le secrétaire général par consensus, alors que le second veut plutôt le voir élu par le Conseil national, parlement du parti. Chacune des deux parties campant sur sa position, on ne voit pas comment l’Istiqlal va pouvoir sortir de cette crise. A moins que l’un des candidats ne se désiste en faveur de l’autre. Ce qui semble improbable. Hamid Chabat a, encore une fois, réaffirmé à L’Economiste qu’il maintenait sa candidature «jusqu’à la mort». Du côté d’Abdelouahed El Fassi, c’est le même cas, quoique ce dernier continue à se confiner dans un mutisme inexplicable pour un candidat au poste de secrétaire général d’un grand parti politique. Il est vrai que Abbas El Fassi mène campagne pour lui-même.
    Véritable pavé jeté dans la mare de l’Istiqlal, la candidature de Hamid Chabat a provoqué le réveil des vieux démons du conservatisme istiqlalien. On en veut au secrétaire général de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM) de vouloir déroger à la règle du consensus. Chabat, lui, dit que «rien dans les statuts du parti ne stipule que le secrétaire général soit désigné par consensus» et que son poste à la tête du syndicat ne l’empêche nullement de postuler à celui de secrétaire général de la formation politique. «Et puis, il n’y a aucune incompatibilité entre les deux et s’il le faut, je pourrais toujours démissionner du secrétariat général de l’UGTM une fois élu à celui de secrétaire général du parti», a déclaré Chabat à L’Economiste.
    Sans vouloir jeter encore plus d’huile sur le feu, les partisans de Chabat lui reprochent cependant d’avoir accepté le report de l’élection. Certains vont même jusqu’à affirmer qu’il n’aurait pas du entrer dans quelques discussions que ce soit avec l’actuel secrétaire général. «Ils l’ont piégé, il devait rester sur ses positions et refuser tout dialogue avec celui-là même qui l’accuse de révolutionnaire, même si ce qualificatif est tout à son honneur», souligne un membre du Conseil national. Mais Hamid Chabat tient à rassurer
    ses partisans en maintenant sa candidature. 
    Quoi qu’il en soit, les membres du Conseil national devraient tenir leur première réunion après leurs élections samedi dernier dans les plus brefs délais. Ils devront impérativement élire les membres du Comité exécutif avant de procéder à l’élection ou la désignation du prochain secrétaire général.
    En attendant, les prochains jours seront très chauds pour Abbas El Fassi dont de nombreuses décisions n’ont pas été exécutées. Pas plus que ses consignes aux membres de la Commission des statuts qui a rejeté un amendement devant ramener l’âge maximum du secrétaire général de la Jeunesse istiqlalienne à 35 ans au lieu de 40 ans actuellement. «Il s’agit tout simplement d’une manœuvre visant d’abord à écarter l’actuel secrétaire général, Abdelkader El Kyhel, trop proche de Chabat, et ensuite permettre au fils d’Abbas El Fassi de mener la liste qui sera réservée aux jeunes lors des prochaines législatives», a indiqué à L’Economiste un membre du Conseil national. Hamid Chabat a été, à tort ou à raison, accusé par le camp d’Al Fassi d’être derrière cette  «insubordination». Accusation que réfute Hamid Chabat estimant qu’elle est «gratuite et démontre à quel point Abbas El Fassi est coincé». Effectivement, l’actuel secrétaire général se trouve dans de beaux draps: comment avoir un nouveau secrétaire général sans consensus et sans élections? Histoire de faire plaisir à tout le monde. Mais est-ce possible en politique?

    Délai

    Le secrétaire général de la formation politique doit être élu ou désigné par consensus dans un délai minimum de 15 jours. Ce délai ne peut excéder trois mois au maximum en l’absence d’un accord sur une personne. En outre, le Conseil national doit également élire, au plus tôt, les 27 membres du Comité exécutif.

    Jamal Eddine HERRADI

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