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    Europe

    Investissements étrangers dans l’UE: L’Amérique latine cartonne

    Par L'Economiste | Edition N°:3818 Le 03/07/2012 | Partager
    Ils progressent malgré la crise
    La France conserve sa 1ère place européenne pour les implantations industrielles
    Mais se montre réticente à la mondialisation

    Les affaires reprennent! Malgré la crise de la zone euro, la part des investissements internationaux en Europe (premier partenaire économique du Maroc) progresse. Le nombre de projets d’investissement au cours de l’année écoulée (3.906) a dépassé celui d’avant la crise, comme le confirme le 10e Baromètre Ernst & Young de l’attractivité de l’Europe (1), présenté les 20 et 22 juin dernier à la World Investment Conference 2012 à La Baule. L’Europe de l’Ouest et l’Europe Centrale et de l’Est sont respectivement 2e et 3e après la Chine en termes d’attractivité des investissements internationaux. «Le plus grand marché mondial, avec ses 500 millions de consommateurs dotés d’un fort pouvoir d’achat, reste, même face aux économies émergentes, une destination clé pour les investisseurs, rassurés par la relative stabilité et transparence de la région, ainsi que par ses formidables compétences scientifiques et technologiques», explique Marc Lhermitte, associé Ernst & Young en charge du Baromètre.
    Si le Royaume-Uni reste la première destination, et si la 2e place de l’Allemagne reflète sa performance économique, celles de l’Espagne qui se classe quatrième sont étonnantes. Avec 273 projets, elle enregistre une hausse de 62% de son nombre d’implantations internationales en 2011. Un phénomène qui s’explique par le vivier de main d’oeuvre disponible qu’a laissé la crise, auquel s’ajoutent de nombreuses opportunités en matière d’immobilier d’entreprise, deux critères propices à emporter les choix des investisseurs, expliquent les auteurs du Baromètre. Parmi les pays d’Europe Centrale et de l’Est, seule la Pologne se maintient véritablement à son niveau précédent. 
    Cependant, quels sont les secteurs d’activité qui fonctionnent le mieux?  Les services aux entreprises et les logiciels sont ceux qui profitent le plus à l’Europe, représentant à eux deux 1.102 projets et plus de 16.000 nouveaux emplois. Les projets dans l’industrie automobile sont également en croissance: 270 contre 258 l’année d’avant. Ils ont permis de créer 37.790 emplois nouveaux.
    La crise est-elle derrière nous? Près de 80% des investisseurs internationaux se disent confiants sur la capacité de l’Europe à surmonter la crise économique actuelle et quant à son attractivité économique sur le moyen-terme. 36% pensent que l’attractivité de l’Europe va s’améliorer (51% si l’on ne prend en compte que les investisseurs américains, indiens, chinois et japonais qui semblent plus optimistes que les Européens eux-mêmes). Pourtant, si les Etats-Unis sont les premiers à investir en Europe, 7 pays européens figurent parmi les 10 premiers investisseurs dans la région, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni puis la France. Le Japon et la Chine sont les deux autres pays de ce classement de tête. Cependant, à cause de la fragilité de la zone euro, les dirigeants interrogés restent prudents. Seuls 26% se disent prêts à investir dans la région au cours de l’année qui vient (ils étaient 33% l’an dernier, selon le Baromètre Ernst & Young de l’attractivité de l’Europe 2011). Plus d’un quart disent vouloir le faire sous forme d’acquisitions. Rappelons que l’attractivité du Maroc en qualité des services lui a permis d’être une plaque tournante de l’Offshoring européen. En effet, l’Association Européenne de l’Offshoring (EOA) a élu récemment le Maroc meilleure destination de l’offshoring pour cette année. Le Royaume surclasse cinq autres pays nominés dont 3 pays européens : Afrique du sud, Roumanie, Serbie, Slovaquie et Egypte.

    La France, profil bas!

    L’attractivité de la France ne progresse pas. C’est l’un des résultats de la 11e édition du Baromètre Ernst & Young de l’attractivité du site France 2012, présentée également à la World Investment Conference 2012. La France passe de la 2e à la 3e place en matière d’implantations internationales en Europe. Elle est désormais devancée par l’Allemagne, derrière le Royaume-Uni, toujours en tête. En 2011, le territoire français a attiré 540 nouveaux projets (562 en 2010, soit une baisse de 4%), quand son voisin allemand en a enregistré 597 (560 en 2010, soit une hausse de 7%, un nombre qui a doublé en 5 ans). En termes d’emplois, ces projets représentent pour la France 13.164 créations de postes (contre 14.922 en 2010, soit une baisse de 13%). Si ce changement notable marque l’avantage concurrentiel pris par l’Allemagne, notamment auprès des investisseurs des BRIC (2) (69 implantations outre-Rhin contre 23 en France en 2011), l’autre résultat surprenant et encourageant de ce Baromètre concerne l’industrie. La France s’impose comme la 1ère destination européenne pour les implantations industrielles avec 170 unités de production annoncées par les investisseurs étrangers. Ces projets assurent à eux seuls 60% des emplois générés par les investissements internationaux au bénéfice de l’économie française.
    L’attractivité industrielle de la France est corroborée par une large majorité (68%) des 205 investisseurs interrogés, qui considèrent qu’une ré-industrialisation du pays est possible.
    Pour cette année, les investisseurs notent trois atouts qui permettraient de renforcer le rôle de la France dans l’économie mondiale: ses spécificités sectorielles fortes (aéronautique, biotechnologies, luxe), sa capacité d’innovation et une bonne accessibilité internationale. En conséquence, elle bénéficie d’un niveau d’attractivité élevé et constant : 45% des investisseurs jugent cette attractivité satisfaisante et 25% très satisfaisante. Néanmoins, si la France veut conserver sa position en première division mondiale, elle doit, selon les investisseurs, prendre acte de la mondialisation. Aux trois premiers rangs des priorités des investisseurs, le site France doit réduire ses coûts, améliorer ses compétences et se concentrer sur la recherche et l’innovation.

    Métropoles

    Les villes attractives sont nombreuses. New York, Shanghai et Londres conservent leurs places de leaders. Berlin qui apparaissait l’année dernière comme la grande gagnante européenne, est aujourd’hui distancée par Paris, la mieux placée en Europe continentale. Justement, Paris progresse de la 7e à la 6e place au classement global sur l’ensemble des critères malgré la grave crise que traverse l’Europe. C’est l’un des résultats d’un autre sondage réalisé par Paris-Ile de France Capitale Economique avec OpinionWay et KPMG et qui révèle la perception des investisseurs internationaux sur l’attractivité des principales métropoles mondiales et qui parait dans le «Global Cities Investment Monitor 2012». Dans le classement de l’attractivité par critères d’investissements, New York, Shanghai et Londres suivies par Beijing prennent les premières places. En revanche, l’attractivité de la Région Capitale française sur ces critères essentiels d’investissement tend à diminuer de façon inquiétante depuis 3 ans (9e cette année, contre 6e l’an passé et 5e en 2010). Plus globalement les tendances montrent que l’Asie et les BRIC sont en forte hausse comme destinations de projets d’investissement, tandis que l’Europe, l’Afrique et le Moyen Orient sont en baisse.

    (1) Pour le Baromètre Europe, 840 décideurs internationaux ont été interrogés, qui se caractérisent par leur vision et leur expérience du marché européen et travaillent pour des entreprises dont 81% ont une activité en Europe. Pour la France, ce sont 205 dirigeants d’entreprises constituant un échantillon représentatif des investissements internationaux et offrant un reflet pertinent du tissu économique français et de ses grands secteurs d’activité qui ont été interrogés.
    ( 2) Brésil, Russie, Inde, Chine

    Fatim-Zahra TOHRY

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