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    Evénement

    Affaire CIH
    Le «verdict» sans appel de la Cour des comptes

    Par L'Economiste | Edition N°:3818 Le 03/07/2012 | Partager
    Des «décisions prises sans préserver les intérêts de la banque»
    La situation financière de l’établissement bancaire aggravée par la gestion des prêts

    Quatrième nuitée derrière les barreaux! Khalid Alioua, l’ancien président du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) a été écroué à la prison d’Oukacha sur ordre du juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca. Aux côtés d’Alioua, trois autres sont détenus. Le juge a également décidé de poursuivre l’instruction du dossier par l’interrogatoire de 12 prévenus du CIH en état de liberté.
    Les chefs d’inculpation portent notamment sur «la dilapidation des deniers publics». Le CIH est une banque maudite. Plusieurs dirigeants ont, rappelons-le, conduit un mode de gestion qui n’a pas toujours été «irréprochable». Entre l’exil et le décès, bon nombre d’entre eux ne sont plus là pour rendre des comptes. Quant à Alioua, la machine judiciaire ne lui a laissé aucun répit. Il devra s’expliquer devant la justice sur les nombreux dysfonctionnements révélés par le rapport de la Cour des comptes, rendu public en 2009. Rappelons que l’ancien ministre sous l’étiquette USFP avait été appelé, en 2004, à la rescousse d’un CIH exsangue. La principale mission du nouveau patron portait sur la mise en œuvre d’un plan de redressement de dernière chance 2000-2006. L’objectif étant de recouvrer des créances totalisant près de 15,7 milliards de DH. Deux ans plus tard, les objectifs du plan ont été revus à la baisse. Pis encore, la situation financière de l’Office Financier Spécialisé (OFS) a empiré. Sans oublier la vente de 2 appartements au profit d’Alioua à un prix nettement en dessous du marché. (Cf. L’Economiste du 2 juillet)
    Le rapport de la Cour des comptes évoque des «décisions prises par l’ex-président sans préserver les intérêts de la banque». Des décisions portant sur «l’octroi de crédits ou de facilités à certains promoteurs en marge des prescriptions du règlement intérieur du directoire, le règlement transactionnel de certaines créances à problèmes»... Le portefeuille des Créances En Souffrance (CES) a été arrêté à fin 2008 à 7,4 milliards de DH, dont plus de la moitié détenue auprès des clients grands comptes. Le recouvrement de ces créances a été l’un des principaux objectifs du plan de redressement 2000-2006 mais aussi du plan de développement 2007-2009. L’hémorragie des créances ne s’arrêtera pas. Certains promoteurs immobiliers étaient autorisés à passer débiteurs avec des «soldes très significatifs». Le rapport de la Cour des comptes a ainsi relevé l’existence en 2009 de bon nombre de ces soldes débiteurs. C’est le cas pour les sociétés JS, S3 et S4, respectivement débitrices de 33 millions, 85 millions et 66 millions de DH. Des clients bénéficieront même de lignes d’autorisation pour régulariser des «dépassements significatifs». Un subterfuge qui a permis, par exemple, à la société PaD de ramener le débit à 36,5 millions de DH et d’obtenir des facilités de caisse de 25 millions de DH, assorties d’un taux de 6,25% sans pour autant éponger son débit.

    Des crédits pour rembourser des créances

    Selon le rapport de la Cour des comptes (édition 2009), le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) accordait des crédits qui n’avaient en fait pour objectif que de rembourser d’anciennes créances. C’est  le cas, par exemple, d’un prêt de l’ordre de 24 millions de DH accordé à la société N, et d’un autre prêt de 50 millions de DH attribué à la société RA. Les sociétés clientes, déjà largement débitrices auprès de la banque, ont éprouvé des difficultés à rembourser dès le départ ces nouveaux crédits.

    Hassan EL ARIF

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